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Les figures de cet ouvrage ont été dessinées d’après nature, gravées 5 5

et imprimées en couleur sous la direction de Bouquer, Professeur de dessin au Prytanée de Paris.

HISTOIRE NATURELLE

DES PERROQUETS,

PAR

FRANCOIS LEVAILLANT.

TOME PREMIER.

A PARIS,

Снег? LEVRAULT, FRÈRES, LIBRAIRES, QUA: MALAQUAL |

STRASBOURG, ΡΕ L’IMPRIMERIE DE LEVRAULT. Худ AN ΙΧ (1801).

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Α B.G E L ГАСЕРЕРЕ,

MEMBRE DU SENAT CONSERVATEUR,

L'UN DES PROFESSEURS ADMINISTRATEURS DU MUSEUM

D'HISTOIRE NATURELLE DE PARIS,

Membre de l'Institut national; de la Société des Observateurs de l'Homme; des Sociétés philomatique , philotechnique , et d'histoire naturelle de Paris; de l'Académie des Curieux de la Nature de Berlin, et de plusieurs

autres Sociétés savantes, tant nationales qu étrangeres.

HOMMAGE OFFERT AU MERITE EMINENT, PLA S :

L'ESTIME ET ТА RECONNOISSANCE

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PREFACE

Le naturaliste qui veut embrasser a la fois toutes les parties du vaste régne organique, et donner une histoire de toutes ses productions, ne peut, quelque zéle quil y apporte, entrer dans tous les détails nécessaires à la con- noissance des animaux dont 11 traite. П ne peut qu'en

parler d'une manière superficielle, et quelquefois d’après

les récits les plus disparates. П nya que les savans mo-

destes qui se bornent à l'histoire de quelques genres, qui puissent espérer d'en bien faire connoitre les espéces. C'est ainsi que celui qui, du sommet d'une montagne trés-escarpée, voudroit décrire les vastes régions dont il seroit environné, tomberoit nécessairement dans des méprises trés- multipliées, tandis que celui qui descen- droit dans la vallée, pour en visiter une partie, décou- vriroit des objets nouveaux, qui auroient certainement échappé aux regards du premier, à cause de l'éloignement.

Cette considération doit suffire pour montrer combien les traités particuliers servent à l'avancement de la science. On peut dire que l'histoire naturelle ne fera de véritables progrés que lorsqu'on pourra former un traité général de

tous les traités faits sur chacune de ses parties.

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L'histoire des Perroquets que je publie prouvera évi- demment combien plusieurs espéces de ces oiseaux étoient encore ou ignorées ou peu connues. Je suivrai, dans leur classification, l'ordre naturel, еп commencant par les Aras. Une introduction, qui sera envoyée aux souscrip- teurs avec la dernière livraison, mettra le lecteur à portée de connoitre les motifs qui mont dirigé dans le nouvel

ordre que үзі Suivi.

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HISTOIRE NATURELLE

DES

PERROQUETS.

LES ARAS.

S: la grandeur de la taille, la magnificence de la parure, sont des

avantages qui doivent décider de la prééminence parmi les oiseaux -

d'une méme famille, on ne doit pas étre surpris de nous voir mettre les Aras à la téte des Perroquets. Cette place leur a été assignée avant nous par Linnzus, et а bien juste titre. Une taille plus forte que celle de tous les individus du méme genre; un plumage ой brillent à la fois l'or, le pourpre et l'azur; un regard fier et qui semble annoncer que ces superbes oiseaux sont frappés eux-mêmes de leur beauté: voilà les principaux traits qui distinguent les Aras aux yeux des per- sonnes les moins instruites. Le naturaliste qui les observe leur trouve en outre des caractéres particuliers qui ne sont pas moins remar- quables. Il les distingue par la nudité des joues, c'est-à-dire, par une membrane nue, ou du moins en grande partie dégarnie de plumes, qui couvre non-seulement toute la face, mais embrasse la mandibule inférieure du bec, et, dans quelques- uns, entoure méme le front. Cette membrane, qui enchásse l'œil, et qui par sa nudité donne à la physionomie des Aras un air dédaigneux et désagréable, s'est toujours montrée blanche dans les Aras du nouveau continent, du moins dans toutes les espéces que nous connoissons jusqu'ici. Tous ont aussi une queue trés-longue et trés -étagée, et joignent à ces caractéres particuliers les caractéres de tous les autres Perroquets en général; un bec fort et crochu, dont ils se servent pour grimper; la mandibule supérieure mobile; la langue charnue, obtuse entiére; les narines rondes, situées à la base du bec; deux doigts en avant et deux

1

2 HISTOIRE NATURELLE

en arriere; le tarse court, dont le derriére est trés-aplati, et qui forme pour ces oiseaux comme une plante des pieds sur laquelle ils s'ap- puient en marchant.

Les Aras, au rapport des voyageurs, volent ordinairement par troupes; ils se perchent sur les branches les plus élevées, se nour- rissent de semences et de fruits, principalement des fruits du palmier latanier. On les apprivoise assez aisément. On leur apprend aussi a prononcer quelques paroles, mais ils ont la langue trop épaisse pour pouvoir se faire entendre distinctement. D’une voix forte et rauque ils repetent habituellement le mot arra, dont on s'est servi pour les nommer. Ils passent pour vivre long-temps, mais ils craignent beau- coup le froid. :

Buffon assure qu'il n'y a pas d'Aras dans l'ancien continent. J usquà quel point cette assertion est-elle fondée? Nous connoissons aujour- d'hui deux espéces nouvelles qui habitent les Indes orientales, et qui se rapprochent tellement des Aras, que nous nous sommes déter-

minés à les ranger parmi ces oiseaux. On peut aussi les considérer

comme formant un genre intermédiaire entre les Aras et les Kakatoés,

puisque, comme ces derniers, ils portent une huppe. Nous les décrirons donc à la suite des premiers, et avant les seconds; et nous suivrons ainsi la marche méme de la nature.

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LARA MACAO. PLANCHE PREMIERE.

De couleur rouge; ailes d'un bleu turquin en dessus, et d'un rouge brun ou

cuivré en dessous; plumes scapulaires nuancées de bleu et tachées de vert; joues nues, ridées, à lignes plumeuses. |

1; Аға rouge; Burron. Ara brasiliensis ; Briss. Psitaccus тасао; Linn. éd. хіп. Red and blue Maccaw ; Enw.

Parm les naturalistes, les uns attachent une importance minutieuse aux plus légéres particularités offertes par les individus quils observent; ce qui fait que le plus souvent ils multiplient les espéces sans nécessité : les autres affectent de voir les objets plus en grand; ils attribuent au climat, à l'áge, au sexe, une extréme influence, et par suite ils sont sujets à prendre des espéces trés-distinctes pour de simples variétés, età ne regarder des caractéres trés-marqués que comme de simples accidens. ; Gmelin est trop souvent tombé dans le premier défaut; Buffon est trop souvent tombé dans le second. Aussi les ouvrages de l'un sont-ils souvent aussi propres à égarer les lecteurs que les ouvrages de l'autre. Nous tácherons dans celui-ci de tenir un juste milieu, et nous cher- cherons plutót à exposer des faits qua établir des idées systématiques. 1 Ανα dont nous donnons la figure et la description sous le nom Ф Ara macao, est Р. Аға rouge de Buffon. Ce naturaliste, souvent si

ingénieux en rapprochemens, a compris sous la méme dénomination

les avoient distingués avant nous. Brisson a décrit l'un sous le nom «Аға du Brésil, et l'autre sous le nom d' Ara de la Jamaique. Linné а donné à l'un le nom de Psitaccus macao ‚a l'autre celui de Psitaccus Ага сапра. |

L Аға macao est sans contredit le plus grand de tous les Aras. Il a trois pieds depuis le sommet de la téte jusqu'à l'extrémité de la queue, `

4 HISTOIRE NATURELLE

qui seule a deux pieds de longueur lorsqu elle a acquis tout le dévelop- pement dont elle est susceptible. A la verite, divers obstacles s'opposent d’ordinaire à ce développement. Dans 'état de nature, ces oiseaux, qui aiment à se percher sur les branches des arbres, endommagent par le frottement les belles plumes de leur queue, et les empéchent tout à la fois d'atteindre à leur longueur et de conserver leur lustre. Dans l'état de domesticité, les causes d’altération deviennent encore plus sensibles. On sait qu'un oiseau en captivité perd toujours quelque chose de son éclat, et que son plumage пу acquiert jamais son entier développement : voilà pourquoi il est si rare de voir dans nos collec- tions la queue de l'Ara macao dans ses dimensions véritables. Non- seulement elle varie par la longueur, mais souvent elle varie aussi par la couleur. Il est des Aras macao dont la queue est entiérement bleue, d'autres qui l'ont rouge et terminée de bleu; tellement qu'il est rare de trouver deux individus de cette espéce qui soient entiérement

semblables. Il faut convenir que la nature a prodigué aux grandes евресев d’Aras

tout ce qui peut frapper et eblouir les yeux. Ges oiseaux sont sans contredit de tous les Perroquets les plus magnifiquement parés. Les plus brillantes couleurs ornent leur plumage. On y admire tout a la fois le bleu d’azur le plus éclatant, le rouge du vermillon, le jaune «от, et le plus beau vert. Peut-on savoir mauvais gré aux Aras d’étre un peu fiers de ces avantages, et de marquer par un air un peu

dédaigneux qu'ils sont ravis eux-mémes de leur parure? A leur place

bien des hommes auroient encore plus d’orgueil, et beaucoup de graves personnages ont montré qua cet égard ils n'étoient pas plus

raisonnables que les Aras.

Tout le plumage de ГАга macao est d'un rouge foncé, approchant du cramoisi, tant sur la téte, le cou et le dessous du corps, que sur les jambes et les petites couvertures supérieures et inférieures des ailes. Les moyennes sont en partie tachées de vert à leur pointe, et d'autres sont entiérement de cette couleur. Les plus grandes et les scapulaires, ainsi que les dernières pennes de l'ile, sont d'un bleu nuancé de vert, tandis que les grandes pennes sont d'un beau bleu d'azur, nuancé de violet.

Si des ailes les regards se portent sur la queue, qui est trés-étagée, on voit que ses couvertures supérieures sont d'un bleu d'outre-mer, et les inférieures, d'un bleu moins vif, nuancé de rouge et d'un vert obscur. La queue est composée de douze pennes: les trois premières

DES PERROQUETS. . 5

de chaque cété sont bleues; la suivante est bleue А за naissance, et rouge vers la pointe; les quatre du milieu sont ordinairement en entier d'un beau rouge cramoisi, mais dans l'individu que үзі fait peindre elles sont en partie bleues, comme on le voit dans la gravure coloriée que je publie. Le dessous des pennes des ailes et de la queue est d'un rouge brun, que Buffon appelle rouge de cuivre, et Brisson, couleur de rose.

La mandibule supérieure du bec est blanche, suivant Linné, et noirátre, suivant Buffon. L'expression du premier n'est pas tout-à-fait exacte, non plus que celle du second. La mandibule supérieure du bec est en grande parte d'un blanc sale, mais brunátre à la pointe et noire à sa base. L’inferieure est entiérement d'un noir de corne. Les joues sont couvertes d'une peau membraneuse, blanche et nue, sur laquelle on remarque quelques rangées de petites plumes rouges, distribuées en pinceaux. Cette membrane couvre non-seulement les joues, mais embrasse la mandibule inférieure, et forme de plus une petite bande étroite, qui sépare les plumes du front de la mandibule supérieure. Les yeux sont jaunes; les ongles d'un noir de corne, ainsi que les écailles des doigts et du tarse par devant; mais toutes ces écailles, trés - petites, пе зе joignant pas les unes aux autres, laissent apercevoir entr'elles la peau, qui est blanche, surtout lorsque l'oiseau est vivant. Ó

Autrefois Ara macao étoit fort commun dans les Antilles; mais à mesure que ces iles se sont peuplées, les Aras ont été recherchés | comme objet de curiosité, ou méme comme aliment, et dés-lors ces oiseaux ont du se retirer dans les endroits les moins fréquentés et senvoler vers la terre ferme.

Est-il vrai, comme le prétend Dutertre, que l'Ara macao, pressé par la faim, mange le fruit du mancenillier, qui, comme Гоп sait, est un poison pour l'homme, et vraisemblablement pour la plupart des animaux? Ce fait, qui n'est rapporté que sur un oui-dire, nous paroit devoir étre relégué au rang de ces fables dont les anciens, amis du merveilleux, remplirent si long-temps les livres d'histoire naturelle, et dont une sage critique doit les purger aujourd'hui.

Par suite de cet amour du merveilleux, Aldrovande, sur la foi des premiéres relations de l'Amérique, a peint les Aras comme naturellement amis de l'homme, sapprochant sans crainte des cases des Indiens, et montrant pour eux beaucoup d'affection. Cette sécurité

dans ces oiseaux n'étoit pas l'effet d'un instinct plus étendu, mais d'un

2

6 HISTOIRE NATURELLE

instinct plus borné peut-être ; et aujourd'hui, si dans les forêts ou ils se réfugient ils montrent une certaine assurance au bruit des armes

a feu, ce n’est pas par fierté, comme le prétendent quelques voyageurs,

mais plutöt parce qu'ils sont réellement des oiseaux tres-stupides.

Ceci nous expliqueroit le fait rapporté par Dutertre, qui nous peint le moyen dont les sauvages des Antilles se servoient pour prendre ces oiseaux vivans. Il leur suffisoit d’epier le moment ой ils mangeoient 4 terre des fruits tombés. Ils tächoient de les environner, et tout a coup, jetant des cris, frappant des mains et faisant un grand bruit, ils voyoient ces oiseaux, subitement épouvantés , oublier l'usage de leurs ailes, et se renverser sur le dos pour se défendre avec les ongles et le bec. Il leur étoit alors trés-facile de les saisir.

Buffon observe que de tous les Perroquets РАга macao est le plus sujet aux convulsions épileptiques. Un de ces Aras, quil a nourri, tomboit d'épilepsie deux ou trois fois par mois.

Dans les colonies, dit-il, on appelle crampe cet accident, et l'on assure quil ne manque pas d'arriver à tous les Perroquets en domes- ticité lorsqu'ils se perchent sur un morceau de fer, comme sur un clou ou sur une tringle, en sorte qu'on a grand soin de ne leur per- mettre de se poser que sur du bois. Buffon remarque, en citant ce fait reconnu pour vrai, qu'il tient de prés à l'électricité, puisque le fer y joue un róle et que son action donne une forte convulsion aux nerfs de l'oiseau. Nous ne pouvons nous empécher d'y reconnoitre un véritable phénoméne galvanique, et si, comme tout l'annonce, le galvanisme est une espèce d'électricité, on saura quelque gré à Buffon d'avoir deviné cette théorie singuliére bien avant la découverte de Galvani.

L’Ara macao que j'ai fait graver fait partie de mon cabinet. Il est arrivé de la Jamaique.

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D'un rouge écarlate lavé: plumes scapulaires jaunes, terminées de vert; pennes des ailes bleues en dessus, rousses en dessous ; joues nues, ridées.

Le petit Ara rouge; Burro, pl. еп. n? 641. Psitaccus Ara canga; Linn. Ara jamaicensis ; Briss.

То suffit d’examiner avec quelque attention РАга macao et РАга canga pour reconnoitre entr'eux des différences sensibles. Ce dernier est généralement plus petit, ayant quatre pouces de moins dans sa lon- gueur totale. Ses joues sont toujours absolument nues. Le rouge de son plumage est d'une couleur moins foncée, et qui se nuance de jaune dans les plumes du cou et du manteau. Le bleu de ses ailes est beaucoup plus pur. Les grandes couvertures sont d'un beau jaune de jonquille, terminées par des taches vertes.

Ces différences suffisent-elles pour constater la diversité d'espéce, ou ne doit-on les regarder que comme des accidens particuliers ? L'Ara macao et l'Ara canga forment-ils deux espéces distinctes, ou ne forment-ils que deux variétés d'une méme евресе?

Il faut convenir qu'ils tiennent l'un à l'autre par des rapports bien essentiels. Leur queue est étagée de méme; leurs yeux sont de la méme couleur; ils ont les ailes coupées de la méme maniére, et composées du méme nombre de pennes; enfin, les pieds et le bec sont conformés absolument de méme. |

Dira-t-on, comme certains oiseleurs ont voulu me le persuader, que l’un de ces oiseaux est le mâle, et l'autre la femelle? Ajoutera-t-on que la femelle seule a les joues absolument nues, tandis que le mále les a couvertes de lignes plumeuses? Ма réponse est décisive. J'ai disséqué sept Áras rouges, et j'ai trouvé des femelles à joues plumeuses dans l'espéce de l'Ara macao, comme des máles à joues nues dans l'espéce de l'Ara canga. Il est donc bien constant que, si ces deux

Aras ne forment pas deux espéces séparées, ils forment du moins deux races bien distinctes,

8 HISTOIRE NATURELLE

L’Ara canga se trouve dans tous les climats chauds de l'Amérique méridionale. Il est fort commun dans la Guiane. Il nous est fréquem- ment envoyé de Cayenne et de Surinam, ой on en voit une quantité prodigieuse.

Trompé par le nom de Macaw, que l'on donne à ces oiseaux chez

les Anglois et les Hollandois, Albin: a cru qu'il étoit originaire du Japon, et l'a appelé Perroquet de Macao , erreur qui a été adoptée par Willughby et par d'autres auteurs. Се nom de Macaw, ainsi que celui de Guaca, Kakatoés, sont des onomatopées ou mimologismes , qui peignent les cris de ces oiseaux babillards.

L'Ara canga que j'ai fait peindre est ure de ma collection. La planche Ш représente la téte et le pied de cet oiseau de grandeur

naturelle.

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DES PERROQUETS. 9

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Bleu en dessus, jaune en dessous; joues nues, à lignes plumeuses.

L Аға bleu; Burron, pl. επ]. n? 36. Psitaccus Аға rauna; Linn. Ara brasiliensis cyaneo crocea; Briss. Ara jamaicensis суапео crocea; id. Blue and yelow Macaw; En w.

Сеттк евресе, originaire des mémes lieux que les deux Aras dont nous avons déjà parlé, ne se méle pas avec eux , et ne les rencontre jamais, dit-on, sans leur déclarer la guerre. On a remarqué dans leur voix quelque différence. Les sauvages, qui sont accoutumés à les entendre, les distinguent facilement à leur cri. On prétend que l'Ara rauna ne prononce pas aussi distinctement arra que les autres. Albin a commis, au sujet de cet oiseau, une erreur non moins grave que celle que nous avons relevée en parlant de l'Ara canga. Il a pris l'Ara rauna pour la femelle de l'Ara macao. Buffon a relevé cette erreur, et a démontré qu'elle avoit été l'origine de la méprise de quelques nomenclateurs , qui, reconnoissant que l'Ara bleu et jaune d'Albin n'étoit pas la femelle de l'Ara rouge, avoient cru pourtant qu'il devoit différer de l'Ara bleu ordinaire, et avoient en conséquence introduit dans histoire naturelle deux espèces d'Aras bleus , PAra jaune et bleu du Brésil, et РАга jaune et bleu de la Jamaïque. L'espèce de ГАга rauna n'offre aucune variété distincte, et ses cou- leurs sont plus constamment semblables dans tous ses individus. Le måle est seulement un peu plus grand que la femelle; ses couleurs sont plus vives; sa queue est ordinairement plus longue. L'un et l'autre ont plusieurs petites plumes d'un vert noirátre sur la peau membra- neuse des joues, elles forment des lignes plus symétriquement arrangées que dans l'espéce de l'Ara macao. J'ai disséqué cinq Aras

de l'espéce de ГАга rauna, dont trois femelles et deux mâles. Ceux-ci

ont trente à trente-deux pouces de longueur; celles-là, vingt-huit à trente : mais cette longueur varie quelquefois.

gorge est entourée d'un large collier d'un noir verdatre, qui sur les bords est d'un vert plus foncé. Le plumage supérieur, c'est-à-dire , le

derrière de la tête et du cou, ainsi que le manteau, les scapulaires ,

le dos, le croupion, les couvertures superieures et inferieures, et méme tout le dessus de la queue, sont du bleu d’azur le plus éclatant. Le devant et tout le dessous du corps, le dessous des pennes de Райе et de la queue, sont «ап jaune luisant, qui a le brillant de Рог. Les yeux sont d'un jaune pale; le bec et les ongles sont noiratres, ainsi que les écailles du tarse, qui laissent apercevoir la peau qui est

blanche et farıneuse.

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DES PERROQUETS. 11

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LARA MELITAIRE PLAN CHET

Vert; bandeau rouge sur le front; grandes pennes des ailes bleues; queue rouge, a extrémité bleue; joues nues, à lignes plumeuses.

L’Ara vert; Burron. Psitaccus militaris; Linn. Great green Maccaw ; Еруу.

Nous conservons à cet Ara le nom qu'il porte dans Linneus, edition de Gmelin, et qu'on lui a donné au museum d'histoire naturelle de Paris, ой l'on en voit un trés-bel individu. Beaucoup plus rare que

les espèces précédentes, celle-ci a été pareillement confondue par

plus’eurs naturalistes avec un Ага plus petit, de couleur verte, que nous décrirons par la suite. On ignore de quelle partie de l'Amérique méridionale il est originaire. Les auteurs sont, à cet égard, partagés d'opinion. Pour moi, je n'ai vu. jusqu'ici que trois individus de cette espéce : le premier, dans la collection de M. Raye à Amsterdam; le second, dans le museum d'histoire naturelle de Paris; le troisième, chez un oiseleur de cette ville.

Edwards a décrit l'Ara militaire sous le nom de grand Macaw vert. La figure quil en donne, n.° 313 de ses Glanures, est exacte.

Cette figure et la description d’Edwards auroient suffire pour convaincre Buffon que cet Ara différoit de celui dont il parle et que Sonnini de Mononcour ауой rapporté de Cayenne, ой il Гауой геси lui-méme des sauvages de POuyapoc, qui l'avoient pris dans le nid. Mais le désir de généraliser l'ayant séduit, et voulant absolument confondre les deux espéces, il a donné une figure de l'Ara vert, n.? 585 de ses planches enluminées, qui est un composé de l'Ara militaire dont nous parlons et du petit Ara vert qu'il a décrit. Cette confusion est très- facile А reconnoitre au bandeau rouge qu'on a placé sur le front de l'oiseau, caractére qui appartient à l'Ara militaire seulement, tandis que le petit Ara. vert que décrit Buffon n'a qu'un bandeau brun fort étroit, comme il le dit au reste lui-même dans за description, en le qualifiant de bandeau noir. |

12 HISTOIRE NATURELLE

L’Ara militaire a trente pouces de longueur, a partir du sommet de la téte jusqu’a l'extrémité de la queue, qui seule est longue de vingt pouces. Il a sur le front un large bandeau rouge. Le dessous de la gorge est d'un brun verdátre, qui, sur la poitrine, sur le devant et le derriére du cou, ainsi que sur le sommet de la téte, s'éclaircit et se change en un vert plus pur. Les petites couvertures des ailes sont d'un beau vert de pré; le manteau et les scapulaires, d'un vert bruni. queue, très-étagée, porte douze pennes, dont les latérales sont bleues dans leurs barbes extérieures, et d'un rouge cramoisi intérieu- rement, mais de manière que cette dernière couleur domine plus, à mesure que les pennes sont plus longues. Les pennes de l'aile sont d'un bleu d'azur dans toute la partie qui est visible quand РаПе est ployée. Cette méme couleur orne le dos et les couvertures de la queue. Le revers des pennes des ailes et de la queue est d'un jaune d'or bruni dans toutes les parties dont le dessus est bleu, et d'un rouge brun dans celles dont le dessus est cramoisi. Le bec et les ongles, ainsi que les écailles des pieds, sont noirs. La peau membra- neuse des joues est blanche, ainsi que celle des pieds. L'iris est d'un brun rouge.

L'individu que jai fait peindre fait partie du cabinet de M. Raye

М à Amsterdam.

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DES РЕВКОО ПЕТ 5. 15

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LARA TRICOLOR.

PLAN CHE: F.

Téte, poitrine et ventre rouges; derriére du cou jaune; ailes bleues; queue d’un roux cramoisi, а pennes latérales bleues; joues nues, a lignes plumeuses ; mandibule supérieure du bec moins arquée que dans les autres Aras.

Жозст encore une евресе que Buffon n'a regardée que comme une simple variété de l'Ara rouge. Еп renvoyant, dans la description quil fait de ce dernier Ага, aux n.? 12 et 641 de ses planches enluminées, il fait observer que cet oiseau a été représenté dans deux différentes planches, mais que ces deux figures lui paroissent représenter seule- ment deux races distinctes, ou méme, d’après Gessner et Aldrovande, deux simples variétés. « Tous les nomenclateurs, ajoute-t-il, en ont fait « deux espéces, tandis que Marcgrave et tous les voyageurs qui ont « vu et comparé ces deux Aras, n'en ont fait qu'un seul et méme « oiseau qui se trouve dans tous les climats chauds de l'Amérique. »

Buffon nous semble se méprendre sur le témoignage de Marcgrave et des voyageurs. Ce n'est pas du petit Ara, représenté sous le n.° 641 des planches enluminées, qui est notre Ага tricolor, que Gessner et Aldrovande ont entendu parler, mais de l'Ara macao et de l'Ara canga.

Nous avons adopté le nom «Аға tricolor, sous lequel le citoyen Lacépéde a désigné cette espéce dans les galeries du Muséum d'his- toire naturelle de Paris; mais peut-étre seroit-il plus exact de lui donner un nom qui le confondit moins avec l’Ara canga et l'Ara macao. Le nom «Ага nuque-jaune Pisoleroit de toutes les autres espèces, et lui conviendroit d'autant mieux qu'il est le seul de tous les Aras connus qui ait le derriére du cou de cette couleur.

L'Ara tricolor ou nuque-jaune est plus petit d'un tiers que l'Ara militaire; il n'a qu'un pied huit pouces , mesuré du sommet de la téte à la pointe de la queue. Ses ailes ont seize pouces de longueur, et s'étendent dans leur état de repos à peu prés vers le milieu de la queue, qui seule est longue de onze pouces. Le bec a dix-huit lignes de sa base à sa pointe, en prenant la corde de son arc. Un caractére

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14 HISTOIRE NATURELLE

particulier et non encore observé dans cette espèce, est la mandibule supérieure du bec moins arquée et l'inférieure plus renflée sur les cótés que dans les autres Aras.

La téte, le devant et les cótés du cou , ainsi que la poitrine, le ventre et les jambes, sont rouges; mais cette couleur est plus vive sur le sommet de la téte et sur le cou que sur les autres parties, ой elle se confond dans une nuance jaunátre. Tout le derriére du cou est d'un

jaune trés-pur; le manteau est d'un rouge brun, frangé de jaune. Les |

scapulaires, ainsi que les petites couvertures des ailes, portent sur le méme fond des bordures vertes. Les flancs sont jaunátres, et les plumes des jambes sont frangées de vert. Les pennes des ailes, ainsi que toutes les grandes couvertures, sont en dessus d'un bleu d'azur violátre, et en dessous d'un rouge de cuivre. De larges taches d'un brun rouge terni sont imprimées sur les deux derniéres plumes de l'aile. Le croupion et les couvertures supérieures de la queue sont, comme les ailes, d'un bleu violet. Celles du dessous de la queue sont d'un bleu pale, frangé de vert et de rouge brun.

La queue est composée de douze pennes trés-étagées. Toutes les latérales ont leurs bords extérieurs et leur pointe d'un beau bleu d'outre-mer, et sont intérieurement et à leur revers d'un rouge cramoisi. Les deux du milieu, qui sont les plus longues, sont entié- rement de cette derniére couleur, jusqu'à trois pouces de leur pointe, ой elles commencent à prendre du bleu. Les plus petites couvertures du dessous des ailes sont rouges, les moyennes jaunes, et les grandes d'un léger brun verdátre. Enfin, le bec et les ongles sont d'un beau noir, ainsi que les écailles du tarse et des doigts. La peau membra- neuse des joues est blanche, et garnie de trois rangs de petites plumes rouges. Quant à la couleur des yeux, je ne puis la déterminer, n'ayant vu que la dépouille de cet oiseau dans les galeries du Muséum d'his- toire naturelle de Paris.

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LE GRAND ARA MILITAIRE. PLANCHE VILI.

Plus long de prés de six pouces que ГАга militaire; bec robuste; mandibules arrondies.

Nous ne cesserons de le répéter : l'objet principal que doivent se proposer les naturalistes est de multiplier les observations. Les théories sont plus faciles et plus brillantes; mais les observations seules peuvent enrichir la science; et souvent il suffit d'un fait pour ruiner entiére- ment un systéme. Que les savans soient donc réservés, et qu'ils ne rougissent pas de douter lorsque les observations ne seront pas encore assez multipliées pour affirmer quelque chose de positif, pour assigner une place particuliére aux espéces dont ils écriront l'histoire.

Ces considérations préliminaires sont venues se placer naturellement à la téte de l'article que nous consacrons à l'histoire du grand Ага militaire. L'Ara que nous faisons connoître sous се nom le mérite-t-il comme espèce particulière ou seulement comme individu? Faut-il le distinguer de l'Zra militaire que nous avons décrit au η.” 4? faut-il

le confondre avec lui?

бі nous observons les différences qui existent entre ces deux Aras, nous serons frappés d'abord de voir celui-ci plus long de prés de six pouces, mesuré du sommet de la téte à la pointe de la queue: nous remarquerons que ses proportions totales sont assez distinctes ; que son bec est évidemment plus robuste; que ses deux mandibules sont arrondies, au lieu d’être aplaties.

D'un autre côté, si nous nous arrêtons aux rapports qu'ils ont entr’eux, nous ne pourrons disconvenir qu'ils se rapprochent par leurs couleurs, dont les nuances seules paroissent un peu différentes. Ils ont tous deux la peau nue de la face d'une couleur blanche, sur laquelle on remarque plusieurs lignes de petites plumes, distribuées en pinceaux; mais dans le premier elles sont toutes d'une couleur noire, tandis que dans le second elles sont rouges dans la partie de la joue qui appartient à la mandibule supérieure, et noires sur celle qui appartient à la mandibule inférieure. Ils ont tous deux le front

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16 HISTOIRE NATURELLE

ceint d’un large bandeau rouge, les pennes des ailes bleues, doublées de jaune, et le plumage supérieur vert; mais ces couleurs sont beau- coup plus foibles dans le grand Ara militaire.

Ce dernier Ara, suivant qu'il est tourné au jour, offre, sur la partie verte de son plumage, une legere teinte jaune, ou une teinte olivatre. Toutes les plumes qui couvrent ses oreilles, celles qui bordent la partie nue de ses joues, celles méme du dessous de la gorge, sont d'un brun qui approche du violet. Le devant du cou et la poitrine sont d'un gris brun ou d'un vert nuancé, suivant les incidences de la lumiére. Les flancs, le ventre et les plumes des jambes présentent le vert le plus gai. Ап bas des jambes, quelques plumes rouges forment une espéce de jarretiére, qui les entoure, mais qui est plus large et plus apparente du cóté intérieur. Douze pennes, dont toutes les pointes sont du méme bleu d'azur pále que les grandes plumes de l'aile, et qui sont d'un rouge pourpré dans tout le reste de leur longueur, composent la queue de notre Ara. Ses pieds sont d'un brun terreux. La mandibule supérieure du bec est noire à sa base, et d'un brun de corne vers la pointe; l'inférieure est noire, ainsi que les ongles. J'ignore la couleur de ses yeux , n'ayant vu que la dépouille de cet oiseau qui fait partie de la collection du Muséum d'histoire naturelle de Paris,

et ne sachant pas méme de quel canton de l'Amérique il a été rapporté.

D'aprés la description que je viens de faire, le lecteur éprouvera l'embarras que j'éprouve moi-méme. Il ne saura si le grand Ara mili- taire forme réellement une espéce distincte ; mais peut-étre sera-t-il porté à croire avec moi qu'il forme au moins avec l'Ara militaire une variété constante de race, dont l'existence méritoit d'étre remarquée.

En consultant les descriptions que les différens nomenclateurs nous donnent de l'Ara militaire , il est difficile d'assigner auquel de mes deux Aras оп doit les rapporter; car elles sont tout à la fois si impar- faites et si obscures, qu'il est aisé de les rapporter non-seulement à celui des deux que l'on voudra, mais encore à beaucoup d'autres

Perroquets. Nous laissons donc à ceux qui voudront en prendre la peine le soin d'en faire l'application.

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DES PERROQUETS. 17

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ТАВА MACAVOUANNE.

PLANCHE FII.

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D'un vert un peu rembruni en dessus; téte verte, mélée de bleu foncé; gosier,

gorge et partie supérieure de la poitrine roussátres; partie inférieure de la poitrine

de couleur verte; ventre rouge.

Psitaccus makawuanna ; Linn. Perriche Аға; Burron. Perruche Ara de Cayenne ; Barrkre. Parrot Maccaw; LATHAN.

E Ana macavonanne est décrit par Buffon sous le nom de Perriche

Аға; mais il suffit de considérer cet oiseau pour le rapporter à son véritable genre. П est plus gros que les Perriches; il a la queue très- longue; il prononce arra, quoique d'une voix un peu rauque , et de plus il α de commun avec les Aras la peau nue, depuis les angles du bec jusqu'aux yeux.

Tous ces rapports nous font un devoir de laisser à cet Ara le nom de macavouanne qu'il porte dans le Systéme de la nature de Linné, édition de Gmelin, et qui est celui que lui donnent les naturels de la Guiane. |

Au reste, si Buffon s'est trompé en assignant à cette espèce un nom et une place peu convenables, nous devons avouer que la description