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REVUE

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LANGUES ROMANES

REVUE

DBS

LANGUES ROMANES

PAR LA SOCIÉTÉ

POUR L'ÉTUDE DES LANGUES IlOMANES Tome XLV

V (V" SÉRIB TOME'VH^

MONTPELLIER

PARIS

AU BURBAU DK8 POBUCATIONS

G. PEDONE-LAURIBL

DB SOCIÉTÉ

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13, RUR SOllFl-LOT

Bac l'Àadu-CannKr, 1

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REVUE

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LANGUES ROMANES

UNE NOUVELLE EDITION

DU ROMAN DE FLAMENCA »

Le volume qui fait Tobjet de la présente étude n*est que le premier et ne constitue que la moitié de la 2^ édition, depuis longtemps attendue, de Flamenca. Il comprend seulement le texte du poème, précédé d'un court avant-propos, et le voca- bulaire. L'introduction, la traduction, qui cette fois sera com- plète, et les notes composeront le second volume.

La première édition de Flamenca parut en 1865. Il est naturel que celle qui nous est offerte aujourd'hui réalise sur celle-là un progrès considérable. C'est dans la traduction que ce progrès devra surtout se marquer, car, outre les lacunes qu'on regrettait d'y trouver, elle laissait à désirer plus encore que le texte lui-même.

Ce texte, dont nous avons donc seulement, aujourd'hui, à nous occuper, se présente à nous sous un aspect autrement satisfaisant qu'autrefois. L'éditeur l'a revu soigneusement sur

* Le romtn de Flamenct, publié d'apr6s le manuscrit unique de Car- c^ssonne traduit et accompagné d'un vocabulaire. Deuxième édition, entièrement refondue, par Paul Meybr, membre de Tlnstitut. Tome I. Paris, Emile Bouillon, 1901. Bibliothèque Française du Moyen Age, t. VIII.

XLV. Janvier- Février 1902.

«

•••••

6 UNE NOUVELLE EDITION

le nis. unique, ce qui lui a permis de corriger un très grand nombre de fautes de lecture qui le dénaturaient dans la première édition. Il a de plus introduit dans ce même texte, ainsi rétabli selon la teneur du ms., mais visiblement altéré en mille endroits par un scribe négligent, les plus heureuses corrections. Enfin le vocabulaire , qui dans la première édition, malgré le louable effort dont il témoignait, était resté par trop insuffisant, a reça« dans celle-ci, un accroissement et des améliorations qui en font un ouvrage tout à fait nou- veau. M. Meyer, du reste, n'en est plus à faire ses preuves en ce genre de travaux. Si le glossaire actuel, pas plus que ceux de la Croisade^ de Daurel et Béton et de Guillaume de la Barre^ n*est partout exempt d'erreurs, et, s'il présente même quel- ques lacunes, on ne peut qu'en louer la richesse et, en géné- ral, Texactitude.

On aurait, peut-être, en décernant à cette première par lie de la nouvelle édition de Flamenca les éloges qu'elle mérite, à' faire quelques réserves sur la méthode et les procédés de critique de l'éditeur. Je crois devoir, aujourd'hui du moins, m'en abstenir, parce qu'il est possible c'est du moins ce qu'un passage de l'avant-propos laisse entendre que l'in- troduction et les notes présentent une justification acceptable de ce qu'on serait autrement porté à blâmer.

Mais, il faut le dire dès aujourd'hui, car il n'est pas néces- saire d'attendre l'apparition du second volume, pour se pro- noncer sur ce point, la nouvelle édition du texte de Flamenca^ si considérable que soit le progrès qu'elle réalise sur la pre- mière, si nombreuses qu'j soient les habiles restitutions de pas- sages corrompus, n'est point encore l'édition , je ne dis pas définitive (il n'y en a guère de telles, et il ne saurait j en avoir dans des conditions pareilles à celles du cas présent), mais l'édi- tion aussi parfaite que possible, ces conditions étant données, qu'on était en droit d'attendre de M. Paul Meyer. Aussi ne sau- rais-je souscrire sans réserve au jugement qu'il émet lui-même sur son travail Je crois, dit-il, avoir fait rendre au manuscrit tout ce qu'on en pouvait tirer, n Eh bien! non. On en pouvait tirer davantage, et M. Meyer le pouvait mieux qu'aucun autre. Il lui suffisait d'y appliquer, avec une attention plus soutenue et plus réfléchie,et aussi avec quelque défiance de son propre sens,

DU « ROMAN DE FLAMENCA » 7

snrtoQt de la jastesse de ses premiers aperças, cette critique si éveillée d*ordinaire, qui Ta rendu justement redoutable, et ces rares qualités de clairvoyance et de pénétration qu'on admire en lui, et dont il sait si bien user, non parfois sans un surprenant mélange de légèreté, quand il s'agit de juger les travaux d* autrui.

Cette remarque, je le répète, ne porte et ne peut porter que sur rétablissement du texte. Une appréciation générale ne sera possible que lorsque nous en aurons tous les éléments, c'est-à-dire quand le second volume aura paru. Ja me borne- rai donc, dans les pages qui vont suivre, à soumettre au lec- teur et à Téditeur lui-même, qui en acceptera peut-être quel- ques-unes, les corrections qui me paraissent pouvoir être proposées en certains endroits du texte, et en général les observations que m'a suggérées une lecture attentive , en même temps que les résultats d*une collation minutieuse que j*ai faite du ms. et dont je parlerai tout à Theure.

Je me suis autrefois beaucoup occupé de Flamenca^ et f avais même commencé dans la Revue des langues romanes ^ \\y a déjà vingt-cinq ans', la publication d'une série de notes consacrées à la critique et à Tinterprétation du texte de ce charmant poème. Cette publication fut interrompue et fina- lement abandonnée, pour des motifs qu'il est inutile d'exposer ici. Mais j'ai conservé mes notes et plusieurs d'entre elles ont pu encore être utilisées, les passages qu'elles visaient n'ajant pas reçu dans la nouvelle édition les corrections dont ils me semblaient susceptibles.

Depuis, ayant obtenu de M. le Maire de Carcassonne, par l'obligeant intermédiaire de son collègue de Montpellier, qui était alors M. Castets, doyen de la Faculté des lettres, com- munication du manuscrit, j'ai pu, grâce à la collation très attentive que j'ai faite du texte imprimé, corriger un grand nombre de fautes de lecture. De ces fautes plusieurs ont per- sisté dans la nouvelle édition, et il y en a çà et quelques- unes de nouvelles. Je relèverai, des unes et des autres, celles que j'ai pu constater avec certitude.

Au lieu de ranger mes remarques sous des chefs différents,

I Tome IX, pp. 24 et suIt.

f UKE KOCVELLE SDITIOK

il ffj'ii ('«ru pi U8 simple et plus commode de les présenier àt£f ] of dit mffsue des vere du poème, qn'elies s^'appliqnesi &ix i«<^9it« du Ole , il ^ét4Lb)i^semexll da texte, on à son ixiurpré- Utiiou, c'ett-ît'dife au %'oeal>uiair€. On poum iruBTer jln- «ieur< de ces lemarqaei mmotienief. lUis le MomÊm de Fia- t»^N/:a occupe dius Ja littératare proreneile et, en général, 4aci« la littérature médiéTale, un rang si éleTÂ, c'est pour VhiuUfire de la civilisation andocamentd^one telie importance '|ue t(>ut effort, »i humble qu*il soit, tendant à en rendre le texte plu« intelli;^ible et plut correct, paraîtra deToir être eacouragé* L'éditeur lui-même, qai se fait, à jatte titre, un mérïiê d^ayoif'iudiqué eu note « toutes les psrticoiarités gra- phiques qui ne pouvaient être conservées dans le texte s, ne ma saura pas mauvais gré d'avoir noté celles ou one partie de celles qui ont échappé à sa révision.

M* Antoine Thomas a publié dans le cahier de jnin dernier du Journal de* Sauaniê» sur la nouvelle édition de Flamenca, un article très important, rempli d^observations jndicieases et de conjectures pour la plupart aassi ingénieuses que plau- sibles ^ Dans un certain nombre de passages, j'avais déjà corrigé les mêmes fautes ou fait les mêmes observations que lui. Je n'ai pan cru devoir supprimer de mon article les notes concernsnt ces passsgifs.

Vers IN, «Hi Klsmencha deven esclava. n Pourquoi ne pas éurira lui h'urlam, avec une majuscule, puisque plus loin (v, !I0) on i^ui'it ainsi Ktc/aus, qui en est le masculin?

110, s pot 11. Le ms. porte pnr.

Hh. M a dainandet m. Corr. e[l] d.

71. a si a lion plat;», ('orr. ri, puisque Téditeur ramène a>'Htématiquement h Tortho^r. tUymologique les particules Il etri ut leurs compostas, Kt c'est le seul cas, pour le remar- quai' en passant, 0(1 il agisse ainsi, malgré Tinoonséquence qu*ll y a à ne pas gént^raliaer le procédé.

U0 «iHiiultM'Mi purtiouli^iHuuont coUoh qui concernent les Ters 1096, )f?n, MSiki, U»U^ {^WMxi mx vors illU-UW, je ne saurais être de son Mviii aaul' ou ^ui ovuu^orae IVbservttiou sur fttècra et sa^ra.

DU « ROMAN DE FLAMENCA » 9

73. c Ben par que no t'iest feinz. > Lire no t'i est, en sup- primant que ?

79. c que i ponhem » = ^ue nous tardions. Jje vocab. ne donne pas cette acception, qu'on retrouve au v. 6842 et qui est encore en uaage.

147-8. a Consi a venir s'aparella Tais cortz... ». Venir doit paraître ici un peu surprenant. Aussi n*est-ce pas ce qu'il y a dans le ms. On j lit nemur = Nemours (san^s s, comme au V. 1077) ; et c'est justement ce que le contexte exige.

153. a Ane Archimbautz gus non retenc » . Ms. Ans^ qui ne con- vient pas ; mais anc ne convient guère mieux. Corr. Ens. Le nom de ce personnage est partout ailleurs précédé de l'article honorable. Je remarquerai à cette occasion que presque partout l'éditeur imprime En A. ou d'En A., il faudrait imprimer e If A. ou de N'A.<, selon, d'ailleurs, l'indication constante, on presque constante, du ms.

154. ce avant ». Ms. avan.

164. a sufr' el cors, o M. Meyer, à Verrata^ supprime avec raison l'apostrophe. Mais il devrait aussi rétablir la leçon du ms. sufrilj qu'il a le tort de changer en sufrel^ car snfri (3* pers. sing. ind. prés.) n'est pas une forme incorrecte.

175, note. L'5 de to%tz est exponctuée dans le ms.

256. « De part Flamenca saludet. » Cor. Flamencal.

274. (c si en leis. » Ms. ses {sesi^ avec Vi exponctué), à rétablir. C'est une forme bien connue, et dont il j a d'autres exemples dans ce texte.

309. Supprimer la virgule. La construction doit être: « de ren que cor saupes pensar que boca etc. »

311. a Archimbaut[z]. o Rétablir Archimbaut. u On servit {serviron) Archambaut et le comte, d On ne s'expliquerait pas que le comte et surtout Archambaut, son hôte, fissent le ser- vice. L'emploi de coms^ comme régime, ne doit pas faire dif- ficulté. Les exemples ne sont pas rares d'une pareille infrac- tion à la règle des cas, pour les noms de personne ou de dignité. Cf. Revue, X, 277.

327-28. « maïstre ; mal islre. » Corr. maestre : mil eslre, car, s'il n'j a pas d'objection à faire à maïstre^ je ne crois pas qu'on puisse accepter istre comme une forme régulière.

387-388. a deneir[s]| drap[8], cullier[s], enap[8] ». Pourquoi

10 UNE NOUVELLE EDITION

ces 5 ? Ce sont des nominatifs pluriels. Ou alors pourquoi aur et argen sans 5 ? Il n'y avait rien à changer à la leçon du ms.

400. « Ni Tau ira carn ja moins non valgra ». Le con- ^xte, ce me semble, repousse ici Tidée du conditionnel. Il

audraitdonc donner à i;a/^ra sa signification étymologique, et entendre: «les autres viandes (bœuf, mouton, etc.) ne valaient pas moins », à savoir que la volaille et la venaison dont rénumération précède. On sait qu'un pareil emploi de Tancien plus-que-parfait, rare à la vérité et archaïque, n'est pas sans exemples en d'autres textes. Il serait intéressant de pouvoir le constater ici.

401. « a fag ». Ms. ha /.

429. « moutaspessa ». Corr. moût espessa. Je ne crois pas que le féminin monta ait jamais été employé devant un adjectif, dans la fonction de mou^, pour exprimer le super- latif, comme il est dit au vocabulaire.

433. « ques fo eissitz A. Tencontre. » ques fo est pour que fos du ms. Bonne correction ; mais mieux vaudrait quel fo,

469. « paubre[8]. » Pourquoi cette correction? Le pluriel convient mieux ici que le singulier.

473. « Es anc per el non s'amermet ». Corr. per al? L'édi- teur propose per ren^ qui revient au môme, mais s'éloigne bien davantage de la leçon du ms.

488. « Ben lo feiran el cais gelar ». Corr. il,

570. « tantareva». C'est bien par a fantaisie, idée saugre- nue, absurdité o que ce moireva (voirie vocabulaire) doit se traduire. Il existe encore avec des acceptions diverses, dont celle-ci. On dit, par exemple, à Montpellier : « Quanta rêva te pren ? » Quelle lubie te prend? « Aco's una rêva que i a pas- sât per la testa. » Ce même mot s'applique aussi aux épidémies ou à leur cause inconnue. De l'influenza, du choléra, on dira: « C'est une rêve qui passe. » Une servante disait dernière- ment, à propos d'une maladie qui sévissait dans mon quartier : a Moi, je ne prends pas facilement les rêves. » Faut-il voir une expression métaphorique, analogue à celle de a payer son tribut à la maladie », si fréquemment employée ? On sait que rei;a, en provençal comme en bas- latin, et comme rêve en français, est le nom d'un certain impôt.

DU <t ROMAN DE FLAMENCA» 11

573. c( baizar es estreiner. » M. Meyer indiqae, avec doute, au vocabulaire, la correction esteiner, qui paraît sûre. Mais il faut aussi corriger baizar en baissar. Ces deux mots baizar et eitreiner étant naturellement associés (cf. 5941), la première erreur du scribe a entraîné la seconde.

588. tt conseillers... o Ce mot signifie coussin, ou quelque chose d^aoalogue. M. Meyer en a trouvé, dans un inventaire de 1288, un exemple qui, joint à celui qu'a relevé Raynouard, ne laisse aucun doute sur sa vraie signification. Mais il paraît bien difficile d*admettre que ce soit « une expression méta- phorique dérivée de conseil ^ au sens d'entretien privé. » Il existe en provençal à côté de co{55t un autre substantif de signi- fication analogue, sinon identique, qui est cosser^ féminin cos- ifTfl'. Serait-il trop téméraire de supposer un dérivé cos^e- rier^ qui aurait pu facilement devenir cosselier ? Mais d'où vient eosser ?

681. « Que Tyras trobet a Tuisset. » Dans la première éiition on lisait Lyras. Ce Ljras devient aujourd'hui un nom commun, sans que le glossaire nous éclaire sur sa signiôca- tioo. Les notes du second volume le feront sans doute. En attendant, on ne peut, semble -t-il, le traduire que par Caffiigé ou tirrité. Je ne sais, quant à moi, quel est le personnage de roman ainsi désigné.

710. « en bala. » A cette expression, que M. Mejer traduit très justement, à ce qu'il semble, par en bloc, ensemble^ on peut comparer amas 0, aujourd'hui si usité, qui a ce même sens.

7^-737. Il doit y avoir une lacune entre ces deux vers. Les idées, de l'un à Tautre, ne paraissent pas se suivre, et le V. 737 est très obscur.

739. 0 a cascus ». Corr. cascun.

752. c Mais Cobezesal venc comtar ». Comtar paraît ici assez impropre. Corr. conortar^ en supprimant A/ai's?

» On en trourera un exemple, en même temps que de cosseillier^ au tome XXXII de la Revue^ p. 193. Une variante est cocena (Rayn. Il kTl) à qui, comme à coxsera^ paraît convenir plus spécialement la signi- fication de matelas ou de couette. G^est d'ailleurs de cocena (cossena) que cosj«ra paraît provenir, comme casser de cossen. Mais je n'ai pas rencon- tré cette dernière forme.

U UNE NOUVELLE EDITION

755. c( Oi 1 oil n 0/, interprété simplement par exclamation, doit signifler ici oui, comme en d'autres endroits du poème qui seront signalés plus loin.

810. u Que lamanega no[n] i esgap ». Corr. plutôt, car la grammaire exigerait gaps, que la rime repousse : no i es [per] gap.

810. « 11 di[s] SOS cors ». Ms. se cors. M. Meyer, qui accepte ailleurs Tartiole féminin sa, aurait pu ne pas rejeter ici ce se, qui est la forme masculine suj. sing. du môme article, a Le ouour lui dit. » L'adjectif possessif, en de telles phrases, n^a pas besoin d*4tre exprimé.

H23. « Neis antreseins... » L'édit propose la correction ni. OVst Ht$ {ne -}~ ^ euphonique), qui est ici naturellement indi- qua».

8S^U4« « deia... torneia. » C*est sans doute par distraction que M. NU ver t^orit ici ces deux mots par i\ car ailleurs il ♦mploi Uj\ Cf. TV. M9-20, 2238-9, etc.

STv>. * $«n. » Corr. fen ^= fenh^ ? Cf. v. 875.

^>. « Lo reisvol »• Le ms. porte Le, qu'il faut naturelle- m^'ni rcubiir.

iC^O. « \^\$«« Nép^ut*iMr« ici le pronom personnel, ni, sem- bU^^t-iU IV»; ^vivem"^. TvNcVouU;r«« sans citer pourtant ce x>^r». n'indi^u^ d'autre $;^n:àdaùoa que celle de rotr. Je p^ïii^ qu^oi il $';i^ril d^ rsribjr. S'il fallait une correction, als Itérait t^^ttl)»diq«^.

i^t\V II a dA$;^A$. « M$. 4^ «\

^'>S^V * ^UT>Mk % \\v;r U TÈ^"^;*. Le it$, ^^^e dttretz.

\vV^4. ik \\ ! îo ma* A^^T: . ^ L;re tV ù ' Mù2 is?o«... C'est une tVjrs^Yi^v à '.a ^i;A$t;>Mi ^«Wro^axLVaxx »e îaîi;a;i à lui-même a«i x'^r* îNrvNNN^^rU tX i^ x^T^t rVnae* ie;à sdr&alèe plus >>a<it X . .?N\ ,v Vaff.r«riaî-;*M; ^«=r at ax k r v^fcsLiaé > eaeore fort ^f»*;;t>^ ^n ,S.vv^rs ^i^^iiv M.Miî^'^i^r* A*ai$. e^i:. . ei Jo est le I^Nvt^iv; n^«;t:>^ $^;,^^U ^1^^v^:*•SM'% e<4UDe a Toirii&aii^, dans lia f ANrsvsi;iîAa a >a<4:4^*^ o<» >-iî; T*^pM)£, C!f. t. Î57?, 61S7.

^A."^ ^ iV?>ca* a^ 44^^11$ jt.^^r* » Catt. atn^ ,i] ^êje\ ^^l^^ *^ '»vwrr^\r^ ^irSif ^\-*r^r Vc; . Vï«ra Tir« SauTa£:es r*<i*^-^, ^* jp)^WKa;?<(«$ x'^ J^-^-^strs ^.-î^i^-xrs « i.^*^nà^îiiï .

^A*"^. » a^'ia", tiivr o* - 0»^? ^Sicntu* *>f.^'' Il îaL* ol mot

DU « ROMAN DE FLAMENCA » 13

on donier se trouve ainsi toute indiquée. C'est le français dangUr^ avec son acception ordinaire chez les romanciers et les lyriques.

1073. Virgule après leis.

1078. « Mi euh eu be que la sentis ». J^écrirais Faseniis (= /ta.), du verbe assentir^ qui manque à Rajnouard, mais qu^on peut voir dans Mistral.

1079. « Asaborada la savia ». Cette forme savia^ admise au vocabulaire comme imparfait de 5a6er, paraît inadmissible. Je lirais: las'avia: «il se Tavait savourée o.

1125. 0 geus ». Pourra vos^ est-il dit au glossaire. J'en doute. Je lirais gens avec un point d'exclamation à la fin du vers. Cette particule qui accompagne d'ordinaire la négation, est aussi employée au positif, comme explétive, et il y en a, dans notre poème, des exemples certains. Yoy. le vocabulaire et ajoutez aux exemples cités giens 5528.

1129. <c forfes. » Est-ce bien la vraie leçon? La 1'* édition portait forses^ ici comme plus loin (3579), et je n'ai pas, en ces deux endroits, relevé de faute, dans ma collation. Cette forme d'ailleurs existe encore Çnâ forsei en Limousin).

1147. a Malaus balli ». Ms. falli; la correction salit est mieux indiquée, et le contexte n'y répugne pas, à condition de sous-entendre quelque chose comme cela (ce mot, cette parole)? Cf. v. 6022, un sujet neutre est également sous- entendu.

1152. a tan s'i pert ». Corr. tems t.

1162. a Que semblon Flamencha espinat ». 11 ne s'agit cer- tes pas ici, malgré la majuscule, de l'héroïne du poème : fia- mencho^ d'après Mistral, signifie toison en Dauphiné ; quant à espirat, qui suit dans le ms., c*est vraisemblablement un autre substantif, qu'on pourrait traduire par buisson, tas d^épines, en adoptant la correction très plausible de M. Meyer.

1192. 0 que nom folleja. » Corr. non. Le pronom réfiéchi de la 1** personne n'a rien à faire ici. Le sujet du verbe est Flamenca, et non Archambaut, comme le suppose assez sin- gulièrement l'éditeur (voir le vocabulaire), c Je la crois inno- cente, quoique je me plaigne d'elle; mais il faut être sur ses gardes. Et que ferais-je si un misérable l'avait fait sucoom-

14 UNE NOUVELLE EOITIOK

berf... B La contradiction deê parolea da personnage est rexpresdon naturelle da désordre de ses idées.

1217. [D*] aisso... » Correciion inutile: aiuo est régime direct de biasman, comme que, qai le remplace, de iauzar; me^ dans le premier qutm^ comme dans îe second (où il ne peut j avoir doate), = adki.

1218. « Petit sap fors de castiar.» Le ms. a fort. D'après la première édition, on lit /br{<], j*aTais cm qne la leçon da ms. était for; et c*est la bonne, comme je l'ai dit il j a longtemps.

1222. Mais am [mais]... » Cette répétition de m .is est un pea choqaante. Dans la première édition, M. Mejer avait adopté une antre correction: Mais am[ieu]^ peut-être préfé- rable. On vaudrait-il mieux, corriger, si on tient à la conjonc- tion adversative, [Mas] mais am ?

1224. c a Bolonha. » Le ms. porte na Bolonha, ce dont l'éditeur ne parle pas. On peut conserver ce na, sauf à écrire n'a. Et comme la tournure de la phrase paraît s'accommoder mieux du parfait composé que du parfait simple, je supplée- rais un second a, ce qui donnerait : « Apres n'a a Bolonha, o hon ? s, avec élision de Ta final de Bolonha. « U en a appris, de la chicane, à Bologne ou ailleurs ! »

1235. « so trobet en espéra, s Par des procédés mathé- mathiques, est-il dit au vocabulaiie. 11 faut plutôt entendre par Castrologie. Cf. un des exemples cités parRajnouard.

1237. a qui m'o sabria. » Je mettrais après ce mot plu- sieurs points (il n'y a aucun signe de ponctuation dans l'édi- tion) et un point d'interrogation à la suite.

1255. a cachutz v. Corr. cajutz pour cazutz.

1275-6. a miellers : piéger s. » Simples assonances, à moins qu'on n'admette un déplacement peu vraisemblable de Taccent. On ne voit pourtant pas de correction à proposer, et le contexte n'en réclame pas.

1312. « nom [fai] demora. » Lire non i et supprimer fax.

1315. tt E fes li faire aital pertus s. Pourquoi écrire aital, puisque les deux premières lettres sont grattées dans le ms. ?

1330. a Qnan la fort gelosial tocha ». Corr. cocha.

1334. a Non escriurian los motz nils vers, s Ce vers doit

DU « ROMAN DE FLAMENCA » 1 5

rimer avec Me$ (la ville de Metz). Corr. veiz (défenses) ? Cf. 5428 et devesa 1776.

1411. « per son jausimeo ». Au vocab. « joaissance ». Corr. chausimen^ qui est certainement le mot qui convient ici.

1423. « E de davan es el acmessa ». Leçon du ms« a con- server, soit qu*on lise ainsi {es étant pour et *), soit qu'on pré- fère e se/ (= ^ cet)y «pour celer». Cette môme expression se retrouve plus loin, v. 1552. Le Donat provençal traduit cel par cautela, qui convient très bien à ce dernier exemple.

1426. a Hon i sezia. » Corr. simplement t[/].

1480. « cascus. » Il j a cascuns dans le ms.

1493-4. Mettre le point à la fin du second vers, et une vir- gule seulement après le premier. Cf. v. 1901.

1502. « Ni [Ijeis si descaus... » Correction inadmissible, leis ne pouvant être sujet. Le ms. porte Nieis qui suggère ffieii * = niiï, comme niei(v. 5102) = ni* i, comme siei (v. 4294) ^si t, et par conséquent la correction Ni il. Sur ces formes et des pareilles cf. Revue XIV, 116.

1540. « Pas ai, fai s'el, las mas e mort ». Lire posai en un seul mot (cf. anai 7361) et corr. els mas se mort?

1546. a Geus bainas plus soven que nos. » Lire Gens. « Vous TOUS baignez bien plus souvent que nous ! » Cf. la note sur V. 1125.

1552. a car estet en cel De sa mollier ». estar en cel veut dire ici être en surveillance^ plutôt que se tenir en cachette, comme il est dit au glossaire. Cf., à la ûq d'une charte que M. Mejer a publiée dans son Recueil d'anciens textes (p. 173) : « Aquist cofraire nos tenont en sel e en regart deus avers e dans cors... » Voir ci -dessus la note sur 1423.

1557. « E tôt o fes digastendons ». Ce dernier mot, qui reparaît plus loin (v. 2441), et dont la signification précise est incertaine, n'a été signalé nulle part ailleurs. Comme c'est é?idemment un mot composé, M. Mejer propose, avec doute, de le décomposer en digas t'en donz, sans Texpliquer autre- ment. Ce doit être, dit-il, « une expression populaire, indi-

* Pour cet emploi pléonastique de et^ d'ailleurs bien connu, cf. plus haut lO&O et plus loin 15tl. < Rien de plus commun dans le ms. que la confusion de l et de s.

^iifuvt fin éttkt d'e§ÇT\t9. Poarqaoi pas aussi bien une attitude ^hjnu^n^^l Jt me demande, quant à moi, si nous n*aurion8 ^«4 /fans^/jr^ji, oti M. Mejer Toil, à eeqall semble, Timpëratif éin v^ffye «sA're, ane antre forme de gigas, jambes. Pour la f4do^tir/n de gi (dji) à di, ci. Revue de$i.r., YI, 293, et (^utV- Imm^ de la Barre, introdaction p. lxxy-lxxti. Le tout signi- M^fait alors : Donne t'en des jambes f et cette expression, dont il j a tant d^analognes en prorençal (cf. p. ex. a no rnencal)^ surtout dam le prorençal moderne, reviendrait à dire « à la nourss », « à la hâte s, et, par une extension assez naturelle, i hruNriuomont n. On peut encore supposer que le mot a M for^i^ par Pautonr lui-môme, sur le modèle des expressions adrurbialoN toiles que de genoillons^ pour peindre plaisam- ment Tnttltudo raide (lltt. à jambes tendues) d'Archambaut, Taspoot rude ot s<5vère qu'il voulait se donner.

I07H. « gabar ». Le voc. n'indique d'autre acception que iM«yNfr(«f\ railler. Ce verbe a aussi la signification de louer, M lou«r avoo oxagiîration. Dorel, dans son dictionnaire, sous gikhr^ qu'il traduit par se moquer, donne deux exemples en aiiol^u fk'AU^'ai» cette signification, et ajoute: o Au con- (rattH^ 00 mot «ignifio huer dans les montagnes du haut Lan- iruov)oo« ^

ITW^-ll^K « Kn Tau o<»u ves en un jorn tan Com a de iN^iivU *\k tôt Tan. ^ Une correction est évidemment india- l^i^ui^abW. K^H fut (tà-bas) pourrait convenir. Ou suffirait-il slVorîir^ t\ iiÂH^ 0^ liSH serait le la nasalisé qu*on a dans la

lîî^V Ji> vvrri^taiiJ' f^fu en /w« et réubliraîs per supprimé ^ar r^Wur. eu vk|^tt J^ la ^rammaiM.

ITtftî, vt î>^ ^^r ^, il^ ^'* ytrr^ v^im j^ pniiSrecais.

l V4. « v>iut( It»^^ 4c w^ Iv^e aoLC^» <•- Ciit:« ici. a la

tv^Vè^ ii»^k^HM<k e( >((M tb^twa^iri :i*a ^a^ 3i«mc;iiaaé«, a^a ^<)KjL ^v ^«^>iv^ iiittcjL !«^ ^\A:a^a>^Mv Oa ji ;«cr!2av« plus

î ^KV ^^U^'irttiMi' » ^»c^«e à 'niit iu.^'ers^

DU « ROMAN DE FLAMENCA » 17

1915. Lacune après ce vers? Cf. v. 1917: En paucde temps es fàri cregutz. Or on n*a pas dit Tàge de Guillem.

1921. et alajet. » Corr. alachet. Plus loin v. 4540 cofaiz, le même afiaiblissement de la chuintante se remarque, a été jastement corrigé cochatz.

1944. a qu'en son cor ha. » Corr. que ? Cf. les trois yers saWants, surtout 1946-7 et encore 1952.

1966. « E la tor. » Corr. De latorl

1981. cben sai. » Paraît avoir ici déjà la signification du moderne bessai (peut-être).

1985. « per aquest ». A quoi se rapporte cet aquest? Corr. aiga ? C*est-à-dire par les bains.

1992. a non garisqu'els bainz Ab sol que lo perque s'i bain. » Rimes incorrectes. Corr., au premier de ces deux vers ou el bain^ ou, mieux peu t- être, no/ ^amco/ bain.

2049. 0 Sin aissim » Ecrire si *n(si en aisst)^ la préposition en ne se liant pas avec si, comme T ad verbe-pronom en ou ne, dans les textes correctement imprimés.

2088. a Quar pauc n'i a e par non dura. » Rétablir Tordre des mots comme dans le ms., en corrigeant: « Quar par no i a e pauc madura » ?

2091. Corr. et ponctuez : « Qui Ti met, Tus o Tautre mor. »

2109. aQuesvan... gaban. » Se vantant, et non pas se moquant. Cf. v. 1678.

2164. « Ben cug valgues unas daveras. » Corr. ne vaigues un ?Le copiste, trompé par la finale de l'adverbe, aura donné à tm la flexion du féminin pluriel et supprimé ne pour réta- blir la mesure. Ou vaut-il mieux ne rien changer ici, et, au vers précédent, substituer joia à piazersl

2168-2169. Ces deux vers sont terminés par le même sub- stantif p/azer, de signification identique aux deux endroits. Corr. voler au second.

2203. 0 Si ben hom tant non la tirera». Corr. las. « Il n'eût pas porté de chausses de saie, si bien qu'on les eût tirées (aussi collantes qu'elles fussent). » La construction est un peu embarrassée ; ou faut-il une autre correction ? Cf. le ▼.5827.

2216. « Be l'aiga ». Corr. De taiga. v. Cf. 3884, 5666.

2224. « Abtant lai venc En Peire Gui. o Le ms. a lo vene^

2

18 UNE NOUVELLE EDITION

qui poQvait rester, soit qu'on considère ce mot comme pronom neutre, sujet explétif, soit qu'on préfère j voir un adverbe de lieu. Cf. pour le premier cas, Remania IV, 342 ; pour le second, Revue des l. r., IX, 357, et X, 210.

2243. « la». Mb. /b, à rétablir ; se rapporte à argen,

2304. « ben moût sabes orar. » Corr. moui ben.

2309-10. « no m*en fas Ges ara trop gais ni trop leri. » Corr. gai, pour mettre cet adjectif d^accord avec le suivant, que la rime ne permet pas de modifier.

2314. c ben meut ne vales mais. » Corr. e moti/T

2349. « Guillem non au ni ve ni sen ». Ms. Non aus m ves, et de même ailleurs, p. ex. 2750 ves, également rejeté. Pour- quoi ces corrections, puisque l'éditeur a renoncé, il le dit lui-même, o à régulariser la graphie », et que ces formes peuvent être caractéristiques du dialecte de l'auteur ou de celui du copiste ? il y en a d*ailleurs de pareilles en d'autres textes, p. ex. la Vie de Sainte Douceline. Voy. Revue des L r. XVIII, 21, note 1.

2355. (c qu'el cor li re veilla ». Lire quel cor. Reveillar^ que je sache, n'a jamais été neutre.

2381. « E ja nol toc hom trop suau. » La correction pro- posée [siltoc) fausse le sens, qui est et doit être, comme le contexte l'indique suffisamment : o On le frapperait rudement qu'il ne sentirait pas le coup. »

2399. a Perque so vos mi celavatz? » M. Mejer lit ici comme le ms. lui-même ; mais je crois qu'il aurait mieux valu écrire Perçues o.

2424. (( Al meins baissera lo nasil. »Non pas le nez, comme traduit Féditeur, mais la bande qui le cachait. L*auteur ap- pelle ici cette bande nasilf peut-être par plaisanterie, comme nous appelons cache-nez une cravate qui n'a pas pour em- ploi de cacher le nez plus que la bouche ou le menton.

2442. a mal aceutz o. Ce mot, M. Mejer voit aujour- d'hui avec raison le représentant d'acceptus (en catalan accepte^ castillan acepto), figure, sous la forme aciouty dans le dictionnaire de Sauvages, qui le traduit par dispos^ alerte,

2483-4. « Le cappelas ab Tisop plou, Lo sal espars per miel lo cap. » La ponctuation indique que l'éditeur ne donne pas de régime kplou. Je crois que c'est à tort, et qu'il faut supprimer

DU « ROMAN DE FLAMENCA » 19

la virgule. «Le prêtre pleut (fait plauvoir), aveo le goupillon, l'eau bénite sur la tête de Flamenca. » Le mot sa/ est ici mas- culin, contrairement à r usage général de la langue d'oc (comme man en plusieurs endroits du poème), ce qu*on n'a pas noté au vocabulaire, non plus qu'on n'y a relevé la signification d'eau bénite, qu'il a évidemment en ce passage, soit à lui seul, soit avec l'adjonction du participe espars qui le suit (sal sparsum [in aqua]^) \ et qui, dans le cas contraire, serait seulement pour donner plus de précision à Tidée exprimée par plou,

2501. Virgule après ce vers.

2520-1. a Et ab la ma qes fon seinada Ac baissât un pauc lo musel ». Ce mot musel reparaît plus loin 3133, et dans les deux cas M. Meyer le traduit par « museau, bas du visage ». Ce qui, à mon avis, est inexact. Je pense que le poète veut désigner la bande qui recouvre le bas du visage de Flamenca et qoe plus haut, comme on Ta vu v. 2424, il appelle nasil. Le contexte s'accommode du reste beaucoup mieux de cette signification que de celle que M. Meyer suppose ; car Flamenca n'avait pas besoin de s'aider de la main pour baisser la tête. Un synonyme de musy d'où vient musei^ proprement ce qui enveloppe le mus (muselière), et par extension le mus lui-même, est mourre^ dont nous avons en limousin le dérivé mourreu qui a exactement la signification du muset de notre texte. On appelle ainsi, par exemple, un mouchoir plié en forme de large cravate dont on s'entoure en partie le visage, lorsqu'on 7 souffre d'un mal quelconque, spécialement du mal de dents ou du mal d'oreilles.

2554. Il faut un point, ce me semble, au lieu d'une virgule après ce vers.

2568. (c de si don. » Corr. si dons»

2577. « per quan sim costa. » Cela ne donne pas un sens

« Il existe à Montpellier un verbe d*un fréquent usage signifiant as- perger^ arroser f mais qu'on n*applique pas, ou qu'on n'applique plus, à Taspersion de l'eau bénite. C'est issala (de exsatareÇ!), comme isfiir de exire). Pourrait-on trouver un appui à l'hypothèse de sal = « oau bénite > à lui seul? On n'ignore pas que la langue de l'Église a fourni à celle du peuple nombre d'expressions métaphoriques, souvent employées d'une façon peu respectueuse de ses cérémonies et de ses mystères.

20 UNE NOUVELLE EDITION

satisfaisant. J'écrirais quansim et corrigerais gosta. Gusiar s'emploie encore ainsi, en catalan, comme en castillan, dans la signification de agréer, plaire. Cheville pour cheville, celle-ci est plus acceptable que l'autre. La confusion de c et de g est constante dans le ms.

2579. (( Seiner, oilo. » Ecrire oi h, en deux mots, puisqu*on écrit de même o el (v. 7061). C'est la réponse à la question du vers 2575 : Ba i comtier^ le pronom neutre sujet n'est pas exprimé, selon Thabitude, tandis qu'il Test dans la réponse. Cf. ci-dessus 1024, et plus loin 6187.

2728. Virgule, au lieu d'un point, après ce vers.

2761-68.

Per son part lo cors el cor laissa, Car cel non vol ben segre [en] laissa, E[l] cors pensa que Testeisses, Sel forsava que s*en mogues Entro que lo n'aia gitat Cil on ha tan lonc tems musat; Mas cant ha conogut e vist Q'us autre ha cel hos conquist...

Ce passage est, ainsi écrit, à peu près incompréhensible. Il faut, au premier vers, lire laissa et mettre un point après ; au second, supprimer en et corriger 5e9r^[/]; au troisième, au lieu de corriger e[/], substituer car à cor^/au cinquième, écrire lo s'aia^ d'après le ms. ; au sixième, mettre un point, et au huitième corriger cel hos en celheis.

2793. « festa rica en als. » La correction proposée en note est inutile. L\veenals pour ana/s = fête solennelle (annuelle.) Yojez Sauvages festonaou, et les autres lexicographes.

2805. (( E preguet li : « Sius plas, merce 0. On lit de nou- Ye&u sius plas au vers suivant. Vojez la note. Corr. a E preguet li suau : a Merce » ?

2831. (( non sai coraus m'i veirai ». Il faut écrire mi évi- demment, et non m't {quando vos mihi videào.) Que signifierait quando vos me ibi videbo? Dans la première édition, M. Mejer n'avait pas fait cette faute.

2843. La correction proposée en note {Ni anc ni re mais ) ne saurait être acceptée; car, à quoi serviraient les deux ni? Du reste, le texte ne parait pas en exiger.

DU « ROMAN DE FLAMENCA » 21

3013-4. « Et autre mal an qualques orafs] : abora[s]. » Corrections fâcheuses. Vs qui termine qualqueê n*est pas la flexion du pluriel, car c'est à quai qu'elle devrait s'attacher. C'est sans doute l'orthographe du français moderne qui a induit M. Mejer en cette erreur.

3035. a Quan ». Pourquoi corriger quar^ mot qui est plus loin dans la même phrase? Quan^ ici, signifie puisque.

3054-5. (I Per so nom meravil eu ges Si Guillems era fort laisatz ». M. Mejer propose en note la correction îassatZy et non sans motif, le verbe iaisar, s'il faut lui laisser sa signifi- cation propre et, à ce qu'il paraît, constante, de souiller, ne pouvant en effet convenir ici. Mais le môme verbe se trouve déjà au V. 1831, il présente la même difficulté d'interpré- tation, et là, il n'est pas possible de lui substituer lassar. Il faudrait donc admettre pour ce verbe, à côté de la signification ordinaire de souiller^ celle de rendre malade, faire du mai.

3070. « Vel vos si bel e clar ». Ms. ci. Pourquoi cette cor- rection, puisque ci est justement la forme qui convient? Vous le voici. Cf. 272 l'éditeur s'est mieux gardé de cette faute, car il a lui-même corrigé en veci la leçon (vesi) du ms.

3072. a Ben pogra heure. » Corr. Be i ?

3102. (( Mais [sol] nom cominal avion. » J'aimerais mieux Mais [que].

3108. Il n'y avait pas, ce me semble, lieu d'hésiter à intro- duire dans le texte la correction proposée en note, sauf à écrire se la don Untret^ et non si la^ qui n'expl iquerait pas aussi bien la bévue du copiste.

3110. « Venc [E]n Archimbautz, fera guida ». J*aimerais mieux: o Venc N* Archimbautz, trop fera guida ».

3124-25 « Baissai musel tan que gausir Poe ben Guillems tota la boca. » Voir la note sur le v. 2521, j'ai déjà fait remarquer que musel est non le museau, mais ce qui le recouvre. Comment Guillaume, qui regardait à ce moment Flamenca par son pertuis, aurait- il pu voir (car garnir ici est certainement pour causir, comme ailleurs agabar pour aca- bar, esgoias pour escoias, etc.), comment, dis-je, aurait-il pu voir la bouche de Flamenca, si celle-ci avait, sans la décou- vrir, simplement baissé la tête ?

22 UNE NOUVELLE ÉDITION

3195. « Mas so es d'Âmor sa dreitura. » Gorr. tiatura. Cf. le vers suivant et le v. 3193.

3232. c qael seras son fâchas, o La correction proposée en note est à rejeter. Sera est masculin, comme j'ai en occasion il j a déjà longtemps de le faire remarquer, en rendant compte ici- même d'une autre publication de M. Mejer. Voy. Revue XIV (1878), p. 117.

3312. « An[s] s'en recrusa e pejura. » Dans sa première édition M. Moyer avait laissé sans correction la leçon du ms. {Ans en r.), et il aurait la conserver. Recrvaar^ que par parenthèse Rajnouard explique mal, n'a nul besoin du pro- nom réfléchi. Sa signiflcation est évidemment celle du latin recrudeicere.

3414. «Nulla ren d*aiso c*ar mi pes». Il serait plus correct d'écrire car^ sans apostrophe : « quem sia bes... car mi pes nulla ren d'aise ».

3591. « E car seran mil ves baisât ». Corr. can [quantum) ? Ou com'i

3606. Virgule après ;}/a5.

3618. a E fes lor del plorar giquir. » Le ms. porte /os, qui vaut mieux, et que l'éditeur n'a pas mis en note.

3619. (( Oimais ploras I » Corr. Si mais et remplacer par une virgule le point d'exclamation?

3640. « Mais que non a fagra fag en très. » C'est la leçon, évidemment corrompue, du ms. M. Mejer a corrigé que non agra. Mais l'idée de ici doit être exprimée : « Il aura en deux ans plus appris qu'il n'aurait fait ici en trois. » La leçon du ms. suggère naturellement sa, Corr. que non sa'gra fag? Une con- traction pareille me paraît devoir être admise au v. 6180 {be'ntaul(n\ au lieu de ben entauhir du ms.), et peut-être en ;ore au V. 6978 {qut's^ pour qui es),

3681. «quem cobri. » Corr. cobra. Cobri^ de cobrir, ne peut être une forme de subjonctif, et ce mode est ici indispen- sable.

3705. a E pot H ben ara gabar.» Lire ar'agabar^ pour acabar. « L'amour en peu de temps l'avance ; il peut bien maintenant le mener au but. » Cf. v. 7821 : « Quant pauc enanson et acabon!» Le vers suivant devrait, peut-être, êtro corrigé: (( Qu'il [i']a fah en clerc ordenar. »

38:3. « ni* i IsnsL » Gicr. jt? Cf. tt. 4311. 4313, 7352.

3869. I vaiL ^ »> Miw aiCa/, leçon qu^îl n^jr avait pas lieu i* Tcjec^r. «c •{oi a^cst pas relevée dans les notes.

S^. « aiûaa q^ ienar. » Corr. wT^^ (mi eà) sa ? on sim* pkiAeftK « «ÎB 1* JMf ^os ^£f^ émar sérail encore plu9 satis*

3^5. « S fi» parer Io« ssIas î tîs. » Corr [g]^ ?

3997. c Lo corsL Ma. k q«e les notes ne mentionnent pas« et qs^il fêat rétabtir.

4001. Sappr. kisc ec rétablir malt. Le féminiu est habitueU sinon de rè^le, iaas les formules de ce genre.

40 J8. c a.i iom^ s . Corr. a domma ?

4011. « Noa sai *\ui donc, Amors, quet t»! Je crois iju^il faat mettre an point et un tiret après ytii\ et supprimer les deox virgules luxrantes ; gui serait ensuite avantageusement corrigé en qual^ comme Téditeur le propose.

4016. « bea la m*ea eis. » J^écrirais plutôt beu lam eu eis.

4078. « suffris si. » Corr. suffiri. C'est un prétérit.

4134. c gra[n]s ». Pourquoi cette correction ? « Il n'est pas iB&lade, mais beau et gras», c^est-à-dire bien portant.

4135. « Nos es. » Ms. iVon, que le secs exige et qu'il faut rétablir. Peut- être est-ce une faute d'impression, car il n'y a pas de note sur ce vers.

4178. « Sa yines, ma douza piuzella. » Formule encore usitée, surtout en Gascogne ($abieiZy au singulier sâbi^ avec déplacement de l'accent). M. Mejer corrige inutilement sa ea sa[i]. Au contraire, aux vv. 892, 3516, il conserve sa. Son édition est pleine de pareilles inconséquences.

4190. Je mettrais un ? à la fin du vers. La phrase a tout à fait la tournure interrogative.

4219. (c Aici es vers, n Corr. plutôt aissi que aisso proposé en Dote.

4233. a Ans [nos] coven. » Ans ne convient guère ici. Corr. simplement i4 n[6]s,

4257. Il lo destreinna. » Il faut une rime en ina. Corr. lom destina, dont le contexte s'accommoderait assez bien* ?

' Cf. {>ourtant vr. 5973-4^ ansina {^icnsenha) rime avec fina^ et v. 1136, estrinz z=estreinz. Faudrait-il admettre la légitimité de pareille'

24 UNE NOUVELLE EDITION

4277. c qoe do. » Corr. il no'f

4293. 0 Qa'om nol posca. » Corr. ntm.

4304. « E[n dis. » Le manuscrit porte bien EL

432b. c si poc. n Corr. si moc et modifier la ponvstuation en cooséqaence.

4364. « Nom pert una n. Corr. Non {no en) = il n'en pcrt pas une.

4392*5. Les pronoms vos et nos sont confondus dans ces quatre vers. Voici comme il me semble qu'il faut les lire :

Parlât vos ha ona vegada Amora ; hoimais es sobre vos De respondre, qaar davan nos Vos a tomada la pilota Aicil que ben garda e nota Et entent so qaes hom li dis.

11 faut après ce dernier vers un point ou du moins un point et virgule.

4425. ((en tota ren.» La rime exige la correction en iolas res,

4136. Ponctuation à modifier. 11 faut mettre une simple virgule après disy et supprimer la majuscule à ien. le membre de phrase qui commence ici continuant, après l'incise {lui dit tamour)^ le propos du vers précédent.

4449. « Gran angoissa e grans martires. o Ms. Grans an- goissas. 11 fallait garder grans.

4474. u Voles o vos domna?» Corr. doncas^ et mettre un tiret au commencement du vers. C'est uue question de Fla- menca, comme le montre la réponse qui suit.

4527. «envejos». Ms. enujos^ qu'il n'j a aucun motif de changer en envejosy à côté degiios qui précède immédiatement.

4571. (( qu'ieil diga ». Corr. qu'ieul {== que ieu lo). Il n*j a pas place ici pour le datif.

4575. Mettre un tiret devant ce vers. C'est Alis qui parle.

4582. (( De malesa coma sas pelz.» Corr. tomaf du même verbe que le français tumer: secouer, jeter de côté et d'autre. C'est aussi lo sens que conjecture M. Mejer. Mais il propose une

formes, et, par suite corriger destrina au v. 4257 ? M. Meyer ne Ta pas cru, car, au v. 5973, il a corrigé aisina.

DU « ROMAN DE FLAMENCA > 25

correction beaucoup plus éloignée du texte. Le catalan a conservé cette acception à iombar, autre forme du même mot.

4589. a non [a] pausa ni fina. » Je corrigerais plutôt non[si] pausa.

4640-1. Il n*7 a point ici de lacune : il faut seulement mettre un point après le premier de ces deux vers, et un point d'interrogation après le second. Guillaume s'interrompt ici, au milieu de son monologue, pour se réfuter lui-même, et il constate par sa propre expérience que ce n'est pas la pitié, mais Tamour qui donne son prix à a merci».

4653. a E per tôt ben. » Corr. E de totben? Cf. vv. 2896 et 6277.

4722. Virgule après disses : ses^ qui suit, et que M. Mejer propose de changer en ques, est la conjonction «e ( = si ), accrue de Vs euphonique, comme déjà ci-dessus, v. 274. Cf aussi 5136. Il n'y a pas lieu à correction ; il faut seulement écrire Qu'o.

4724. « Celar lan dei a mon semblan. » Il faut une virgule après dei, et une autre virgule seulement après semblan: la de /an se rapporte à lauzenga du vers suivant, à la fin duquel ii faut un point et virgule.

4727. Virgule après mentava.

4728. 0 lam mandava ». Corr lom.

4736. a Ben son maïstre de Tobrar ». Ms. siu, qu'il fallait conserver: siu est ici la 3* pers. plur. de l'imparfait, que le contexte ne repousse nullement; au contraire.

4741. cTal colp que fassa gap ni b[r]uis». il n'j avait pas de correction à faire. Buis reparaît au v. 7211 l'éditeur le laisse sans changement. Le même mot est dans Sancta Agnes V. 864, sous la forme buh, que M. Bartsch, commettant la même erreur que M. Mejer, a corrigé bruh.

4746. «Qu'anc i toques ». Le sujet manque. Corr. Quom?

4760. tt Que d'als pens' e non fai parvent. » Corr. penses?

4787. a le cor ». Il faudrait /o, le substantif étant régime, et c*est en effet ce que porte le ms.

4811 . 0 aibida. » La leçon du ms. cahida {= pourvue), non indiquée en note, et qu'il faut rétablir, est bien préférable. La première édition donne cubida.

4826. (f Ans es vizis. » Ms. uU'zis. La correction est peu

ffi UNE NOUVELLE EDITION

•aii«faiiianie« Il faudrait an participe ou toute autre épithète. La 1'* édition offrait aunitz^ très acceptable pour le sens, mais trop éloigné de la leçon du ms. Corr. vilzis {vihitz^ avili).

4H51 ilemplacer le point à la fin du vers par une virgule.

4873. « Le jous de Roasos a tersa. n Ms. Lo dijous. Il fal- lait évidemment conserver /o, le substantif n'étant pas au nominatif ; et il n'était peut-être pas indispensable de rejeter dijouBf car /{oasos devait pouvoir être dès lors, ad libitum, disjl- liiblque, comme il Test devenu, par exemple en Limousin, l*()n dit las rasous^ oa devenu diphtongue, comme je suppose quMl ait pu rôtre ici déjà\ s*y étant réduit à a.

4875. « Non vol per ren sa pas ad esme. » Je crois que vol Oit vuU et non volvit^ comme le suppose M. Mejer. Et oommo il faut une rime en erme.^e corrigerais s'adermCy sub- jonclif pn^s. du verbe adermar, qui signifie « laisser en fri- oho », métnphoriquement « négliger » ; sa passerait non pour m /ma, «(u'on lit déjà au v. précédent, mais pour sa pars. Le iii»nii i(on\it en gros : « Il ne veut pas manquer son rôle. » Cf. vv. 4MI, iU)7(^,

ÀWlt* Toint d'interrog.à la fin de ce vers, et un autre après

4\HVS. <x ijuar si »* Corr. Qu'aissi?

tSiV^M » « mas goins. » Corr, ma[rs geins.

tO;M, « r<^spond<»t, » Corr, res^xinietz,

N>40. Mott4rt* dtpux poinut (ou un seul?} à la fin du vers.

CyHC « ni tot|a' la ro qu'aves. w Le ms. porte ques aves. Cy>\w d^Nno plttt\Nt M r^[fiir qme$ arts ; à'dMUjïi plus que tola )4^ »r <^t\Nni>* Uwt *\Mt |v*u,

%W^S 1^ S'avia^d n^i*. .,**!> vers est incomplet et M. Mejer ([v)V)^«v^^ )^o^)r l^ ivarfairy^^ Théttiisticbe f^ çifcrn feses. Mais i^ t^^m ^«^ ^ïw^ ♦Ki f o«x^ : u l Ji <*orT>e'OViv>n d^an lecteur du XV* s.» ^^^^^^UtS^ 1^*^ tt^^t^^, f ^«t Wï^ttJW iqar i:ij<» voie ineilienre : « dos l;i^\f^» ^> c\*;t ^v a>i^ «t^'v; «^^^ .'-"s^ ^i;i a )e iDème défaut que feses.

S^\ ^ \>fcr |^*IW5 ïïi> î ^iur ;V: pe », Pourquoi cette correc- '^^^h* ^V#»v&x iou ^#>rr4. <*t c>jit ;ïfc^î<^iirt^xit le conditionnel

DU <K ROMAN DE FLAMENCA » 27

passé qai convient. Pour d^autres formes pareilles (en ara aalien de era), cf. 3695, 7478.

5122. 0 Que poguesson » Corr. Quo [Co^ Com)l

5147. « posca trobar. » Corr. pose [s] {posca se).

51Ô4-5. Je mettrais une virgule après le premier de ces deux vers et supprimerais le point à la fin du second. La con- jonction que est sous-entendue devant celui qui suit.

5217. « Pren li, car s'el eis non lui pren ». Ecrire /*t(=lo i) et de même au v. 5230, et corriger /t4f, M. Meyer, par je ne sais quelle distraction, semble vouloir trouver un équi- Talent de /o % en ioi [lo i).

5265 6. a Pero sens es... Zo que sens vol. » Corr. quAmors vcL

5279. u Je soupçonne ici une lacune d*au moins quatre Ters, le premier terminé par les mots pren Ci, que Flamenca à ce moment devrait prononcer.

5284. (c laboca el morsol. » Je n*ai vu morsoi nulle part ail- leurs ; mais ce ne peut être la bouche, comme il est dit au Yocabulaire ; il faut probablement entendre par ce mot le bas du Tisage. La signification propre paraît être mâchoire (de mors),

5321. a A pessat venc com pogues far. n Corr. Apessalz^ ill avait pensé à moi avant de venir; ce n'est pas ici et su- bitement {desopte] que l'idée lui est venue de me secourir. 0

5352-3. (I Malaventura Deus li don Qui mais vos amara qu*ea sian. Passage des plus difficiles. M. Mejer propose, avec doute, de corriger vos en nos et qu'eu en quen, qui serait

Voy. le vocalulaire, sous Lui. Il n'est pas moins surprenant de voir 1p satant éditeur écrire, dans le vocabulaire également, en tête de Tarti- cle Li : « Li, forme abrégée de lui », car il peut moins que personne i|:nf»rer que li n'est autre chose que le latin illi. Se serait-il fait en ce moment sou» sa plume une confusion entre ce /i, datif, et un autre Zi, qui e«»t en effet une forme abrégée, ou mieux contractée, mais à peu pr'S exdnsÎTement française celle-là, non pas de /mi, mais de liet^ et qui n>st que féminine? Dans ce même article, renvoyant aux deux li ^iits dans la note ci-dessus, M. Meyer écrit : t Dans pren /», il faut peut-être écrire /'i. » Il ny a lieu ici à aucun «peut-être ». Suppose-t-il donc qu'on ait jamais pu dire pren li (ce qui serait encore plus extraor- dinaire que pren lui)^ au lieu de pren lo^ en pariant de n'importe quoi?

SA UNE NOUVELLE EDITION

pour qmnh. Je propose à mon toar, sans prétendre avoir mioux trouvé, la correction suivante pour le second vers, en mettant une vigule à la an du précédent : « Qui mais vos am, ûora qu'eu (ou que?) sia? » C'est-à-dire : « Malheur à qui vous aimerait, n'importe quand I » Flamenca désigne par vos les ohevalieri des terres de son père et de son mari (cf. v. 5336, 5ii;U>) dont elle vient de se plaindre amèrement.

5-407. « Deves tôt la re consentir. » Ce vers, tel qu'on le lit ioi, ne tigniflo rien, à moins de supposer que Tauteur parlait \me langue barbare. Je ne propose pas de corriger ra[t]rê^ oommo je Pai fait pour le vers 5067, parce que je pense que, mal)fiv^ l'apparente identité des mots» le cas n^est pas le même. Jtfk or\MS qu'il faut simplement lire rare (/i are) are (en un ^t^\\\ ittol ou <^n deux) est la locution encore fort usitée, surtout dan« oompvW aétre^ qui signifie « successivement, sans o^^MHfk «« I«<k $4^n$ f^st donc: c Vous devex consentir à tout ce quM ta d^sormai$ tous demander. »

MWs « HvMior* e joî*» pr*v** e jovens ». Corr. prêts {pretz). \{\<n d# (^)u$ vs>aittan dans If^ m$« que la confusion du i et du «\ Abiù au V. ^4^« au lieu de ;W on t cei^ ce qui n*est pas

^4VX $«|^^ife^r > ^v>ù:\ A U £» ia T>efSw

MX^ l^ hVctok^i^v^^ 7^^^Ml^» ml x-^4^ ItaraT: imaeeoptable, ^ar ^NMiMfe>Mt o^;.>ctt 7vN:?ra:'î-c. I^(7)^ À ooiHeil dont il ^\V^^ ^ v^^^ ^ r\»s>t% 3kau;Mu!iM&fx« i<i9C£» jiir le fêBiain

^ rw^is «4 ^'A«>a>*4..f4^:r^ ).^x>ik>^x;i ^iiLTirta.* Jt-JL^taj T^aiend. ^ ip^ wct^K^-c* 7«a::^^ $^.«<J*^lî^tc ; xr»kj$ j^i.-j;!«j« ' ^»^^5t. . iX'tjL j^vvr ï*^ i> ::4^ ^ mm*. '^<'irL «*» B;ca i- H fa&drmit

iv>Uv. ivM^îma^Mw ^V jtlfeMx^'i'rii.' «\it.'-4W rtiw^i» .Mou»» : oi>^» vv>*5^ * *iî^ «^ '<<uj *a*i •VUÎ5 .îi*» tf vac A*

>^ ^ . . >

t)U « HOMAN DE FLAMENCA » 29

5497. « lo coven. » Corr. coven[c], il fallut. Seul exemple (avec celui du v. 2234? voj. ma note) de ce pronom neutre 8DJet, en dehors de la locution oilo. Il aurait être relevé au Tocabulaire.

5499. « jorn breu e gent. » Cette réponse de Guillem pa- raît longue, dans la circonstance, outre que e gent y a Tair d'oD pur remplissage. Ne faudrait-il pas écrire : a que « jorn breu», e gent Pueis 8*ostet... » (et s'éloigna ensuite genti- ment) ?

5501. Remplacer le point, à la fin du vers, par une virgule. Faute d'impression évidente.

5511^14. a Car noi a mas deman el mieg, Quant al respon- dre, mis respieg. n M. Mejer interprète el tnieg « au milieu do jour. » A tort, ce me semble. La phrase est embarrassée et assez mal construite ; mais le sens paraît clair : « Car il n'y a, pour répondre, mis répit, dans Tintervalle, que demain. » Cet emploi du participe mis, avec un sujet neutre, paraît, à la férité, un peu singulier; mais c'est parce qu'il n'est pas habi- tuel; remplacez- le, je suppose, par accordé^ et la phrase ne choquera pas. Cf. le vers 6822 qui offre, avec une meilleure toarnure, une phrase construite grammaticalement de la même manière. 5518. Mettre une virgule à la fin du vers. 5527. a Mais ara ven tota la forsa. n II faut, ce me sem« ble, écrire ar aven = maintenant convient. Cf. v. 1345 : taven del gilos a suffrir : v. 5635 : mais pos vei qu'a suffrîr mave. Ne faudrait-il pas aussi corriger ma forsa ?

5545. « L'unies de ser, autra de fueill. » Corr. de fer? Ce qui reviendrait à dire : « L'une est pesante, Tautre est légère. » 5563. 0 lom dis Amors. » Corr. som. Le copiste confond souvent les deux lettres s et /.

5600. a E si passa .xxi. an ». Corr. passo ; avec passa il faudrait corriger ans et au vers précédent a{;an5.

5613. et Pos er mescabada per jorii. » Cette locution per ;om, traduite au vocabulaire par un jour, paraît signifier plutôt jour à jour, chaque jour,

5617. Ici s'interrompt le monologue de Flamenca, qui le reprend seulement au v. 5622. Il faut donc mettre des guille-

30 UNE NOUVELLE EDITION

mets à la fin de 5617 et supprimer ceux qui précèdent les quatre vers suivants.

5021. (( Als oiU si pren, teunamen plora. » « Elle est prise par les yeux », dit l'éditeur. Il faut traduire : « Elle s*en prend à ses yeux )>, jolie expression encore eu usage, pour dire : Toute sa ressource, toute sa consolation est de pleurer.

5632. « Neis ». Corr. nés ou nis (ne ou wi + 1'* euphonique). Cf. niz 3348.

5637. «Con». Lis. (T on.

5642. (( Vos sera cambra et ostal ». La rime et la grammaire exigent ostals. C'est d'ailleurs la leçon du ms.

5646. La correction proposée eu note pour ce vers doit s'appliquer plutôt au précédent. Peut être y a-t-il une faute d'impression.

5668. (( El 'obrils oilz ». oOri^ ici, est au présent, et non pas au prétérit, comme il est dit au vocabulaire.

5673. od'aquest[a] ».Corr. plutôt (Taquesi [mat],

5683-85. « Quel luna es a recontorn.... E il sera del toi fermada. » S*agit-il bien du dernier quartier de la lune, comme il est dit au vocabulaire ? Je penserais plutôt au premier quar- tier, quand la lune se recontourne^ commence à reprendre sa forme ronde, et alors faudrait peut-être corriger forma da au v. 5(»85. Cf. d'ailleurs les vv. 3259 60: « El luna sera deman nona, E bainar m'ai eu ora bona. » Or le neuvième jour de lu lune, donné comme favorable à qui veut prendre un bain, correspond précisément au premier quartier.

5739. Mettre une virgule après ausent el.

57 8(). a cabeissa ». Ce ne peut pas être un capuchon, comme le suppose M. Meyer. Le contexte l'indique assez. Ce mot, encore usité, s'applique aux tiges herbacées de certaines plantes : en limousin la chabesso d'une rave, d'une carotte, d'une pomme de terre. En catalan cabessa désigne au contraire les racines des plantes bulbeuses, ou du moins les bulbes de ces racines.

5700. a Car tôt égal i conoissia Alcun pertus com far so- lia. » Alcun pertus no parait pouvoir être qu'une incise, à mettre entre deux virgules, et qui exige une correction. On pourrait proposer, en supprimant /lir: [Ses] negun pertus,

5820. « affars ». Cjrr. affans?

I

DU «ROMAN DE FLAMENCA» 31

5827. a on si ten ». Correction peu satisfaisante : s^atain, leçon du ms., mais que la rime repousse, convient ici on ne peat mieux. Je soupçonne une lacune de deux vers.

5842. a Tan bes [tain] ». Pourquoi pas taiSj puisque les autres verbes {estet, semblet) sont au parfait f

5036-7. « De nuUa ren mais non s'esmaia Mas que lo puesca pron servir», lo est une correction de l'éditeur, qui a eu ici la main malheureuse. Le ms, porte no/, qu*il faut rétablir, c Fla- menca n'a d'autre crainte que de ne pouvoir assez le servir. »

6007-9

Amdui si ploron coralmen E Taiga que del cor deissen Mescloo ensems e pueis la bevon.

Voilà un de ces traits qu'on regrettait que M. Mejer eût omis autrefois dans sa traduction. Notre auteur qui savait, comme tant d'autres passages en témoignent, son Ovide par cœur, pensait peut-être, en écrivant ces vers, à celui-ci de rAr( (faiwer (H, 326) :

Et sicco lacrimas combibat ore tuas.

6064 . a enn aut. » Pourquoi ne pas lire en naul, puisque naut est une forme connue ?

6074. c< Oimais ren [alsj pron nol tenra. » Corr. plutôt 0 j^a\mai9 ren pron nol tenra. Voici, dans le ms., la disposition des premières lettres : 0 imaiSy ce qui suggère immédiatement la correction que je propose.

6125. « Ans dorm ades». Ce verbe dorm est contradictoire au contexte, car Flamenca ne dort pas ; elle s'agite dans •on lit. Corr. torn ades.

6162. « D'aisso qu'an digac trop granjuec ». Ms. (fe^ (cor- rigé de dify non de di$, comme il est dit en note) an, ce qui suggère la correction dig fa^ préférable d'ailleurs à celle de l'édition.

6187. a per Dieu, oilo. » Éarire oi lo. Cf. 2579.

6238. Manque ici un vers dont l'éditeur propose en note une restitution qui ne convient pas grammaticalement au eonU'xte. Suppléez plutôt : E que jii tant non li fara.

3^ UNE NOUVELLE EDITION

6243. c E prega Dieu qui ja la cre ». Corr. E perga Dieu. Cf. V. 1032.

6248. « por n. Faute d'impression. Lis. pot,

6257. (( 0 per amie d'ams eumioal n. amic^ correction de l'éditeur, forme avec le vers suivant un pur pléonasme, car il est clair que Tami commun de deux personnes ne veut mal à aucune d'elles. Pourquoi ne pas accepter la leçon du ms., en corrigeant toutefois» comme Ta fait Téditeur an enam5, et lire 0 per autr 'ad ams ? Le sens serait : t ou par toute autre personne de leur société ».

6264. « Qu'en ren so tenga. » Lire 8*o tenga,

6277. (( Parer de son amie nol quilla. » Doit rimer en eilla. Il faut donc une correction. Celle qui est indiquée en note, de Taveu même de l'éditeur, est inacceptable. Je pense que nol cueilla peut convenir. Il y a d'autres exemples de l'emploi du simple coillir pour le composé acoiUir, Oa pourrait aussi penser à vueilla. Quant à cette construction avec l'ablatif d'une part et l'accusatif de l'autre, elle est bien connue.

6300-1. Corr. plutôt si[m] podia^ Per si far aucire, guérir. Avec la correction de l'éditeur, il faudrait au moins 8i[s\ podia,

6340. « Sis pieu per lui, un autre clerc. » Il faut une virgule après p/eu. Cette expression sis pleune paraît signifier rien de plus, ici, que s'il lui plaît K Cf. N' At de Mons:

Mas de failhir se plevon tant (les rois) Que blasme toi al laus son cors.

Raimbaut d'Orange :

Qu'a far Ter, sis pieu, per me.

Voir aussi Hevue, X, 312, l'on cherche à établir l'iden- tité de pleure et de plevir^ contestée par M. Meyer.

6345. « So qu'il manda ». Corr. qu[€yiz= que li. Cf. 6530. il ne pourrait pas d'ailleurs se rapporter à un nom masculin.

6369-70. « c'oni mogut y agues... mogut s'en es.» M. Meyer propose la correction anat pour le second vers. J'aimerais

1 C'est ainsi que le traduit M. Meyer dans sa première édition, mais en renvoyant à un passage pieu a sa signification ordinaire.

DU ROMAN a DE FLAMENCA » 83

mieux eissùz. Oo pourrait aussi penser à mudat pour le pre- mier, et le secood resterait tel qu'il est.

6380. a Que nuilla re. » Lire Qu'e nuilla re.

6424. tt Mant' angoiss[a] ». Répétition du vers précédent. M. Meyer propose mania dolor. J'aimerais mieux E man irebail.

6436. a ques'entramesson. » Ne vaudrait-il pas mieux écrire avec apostrophe s^entramesson ?

6439. (c Mais tan vosplaz faitz vostre albir». Les mots sou- lignés sont une correction ; il en faut une ; mais celle-ci ne convient guère. Le contexte suggère plus naturellement ios venir^ à savoir les deux écujers que Guillaume a demandé à Flamenca la permission de lui présenter.

6479. a ferai. » Corr. forai.

6480. a lo pogr'om ben taular ». Corr. pogron et écrire be'ntaular.

6503-4. 0 volon... dolon. » Corr. voillon,., doilhn. Le sub- jonctif est ici de rigueur.

6506-7. a Soven envidon e revidon Lo jorn la mostra e la presa». Ms. /or^, qui pouvait rester. Lojors est ici considéré comme un adverbe et muni en conséquence de Vs adverbiale. Ce cas est fréquent. Autres exemples dans Flamenca même : quad' ans (v. 3492), de nugz, (v. 6280), quada sers (v. 7131).

6589. a simples et purs. » Corr. blos, pour rimer avec saboros.

6592. (( Si totz tems i dévia entendre o. Entendre termine aussi le vers précédent. Corr. atendre (s'appliquer). Cf. les vers 3114 et 3179.

6598. c( Non s'asauton d'aitals esgolas. » Il est surprenant que M. Meyer n'ait pas reconnu ici le mot escolas, averti comme il l'était, par lui-même \ de l'échange fréquent dans le ms. des lettres c et 9. Il le traduit par bagatelles , ce qui est d'ailleurs un sens approchant.

6600. a Le joi d'amor. » Corr. Lo. C'est un régime.

6614. «L'us en l'autre». Corr. Z.'mw. Mettre une virgule à la fin du vers suivant.

6617-18. « On lur désir Ios fai venir, Baisar, abrassar e tenir. » Suivent immédiatement deux autres rimes en iV, ce

> Voyez la préface de la première édition, page xxzii.

34 UNE NOUVELLE EDITION

qui fait supposer une lacune entre les deux paires de rimes, ou une altération du texte. On pourrait proposer, dans cette dernière hypothèse, de remplacer venir par parer et tenir par tener, qui serait d'ailleurs plus régulier.

6678. «mi agues » {habuistis). Pourquoi corriger accès {habuissetis)'iNi le sens ni la rime ne l'exigent.

6795. « tutz un. » Il faut tut, et c'est en effet la leçon du ms.

6730. « Car non ac talen ques mogues. » Ce devrait être justement le contraire. Aussi une correction s'impose-t-elle : lezer est celle qui se présente le plus naturellement.

6759. aforan.» Ms. foron^ qu'on pouvait conserver. Cf. v. 6724. tolgron, forme assurée par la rime, est aussi un second conditionnel.

6842. « A[l] revenir mot lonc tems poina ». Pourquoi celte correction ? Revenir ici n'est pas pris substantivement ; il est employé dans sa fonction verbale ordinaire, a Guillaume tarde beaucoup à se remettre.» Car il ne faut pas perdre de vue que poinar, ici, signifie (arder, acception déjà notée au V. 79. Cf. locha, même sens, au v. 3944, comme le remarque l'éditeur.

6852. (( Ja es[t] vos. » Pourquoi cette correction, puisque es = elz est plus régulier ? Cf. 2839, ce même ^5 n'en souf- frirait d'autre que e/s, étant en rime avec enqueres {...etz).

6864. (( Tan co[m]plitz. d La correction aibitz^ proposée en note, car il en faut une, ne convient pas ici. Corr. offlitz^ part, passé de afflire.

6872. « non colon ». Ne chôment pas. C'est aussi le même verbe et le même sens qu'on a aux vers 620 et 5940 , pour lesquels j'avais autrefois proposé, à tort, les corrections tolc et toi. Ici la même erreur n'était pas possible, et je trouve, dans mes notes, à l'appui de cette acception, dans son sens mé- taphorique, cet exemple tout à fait probant ,

Tiriaca, jes voslrc pretz non col

De meillurar, c'uoi valelz mais que hier.

(Â. de Peguilain, Gedichte de Mahn, 344,6.)

6880. « E d'els acniliir. » Ecrire del$ {de los) acuiilir, 6905-6. « ella[s].. domna[s].. donzella[s].. » On ne voit pas l'utilité de ces corrections. Le vers 6908 d'ailleurs les con-

DU « român de flamenca » d5

damne. Au v. 6905, mu du ms. a été corrigé van. Pourquoi» puisque vau est une forme connue et que M. Meyer en admet ailleurs de pareilles, p. ex. 728-8 estarau : venrau^ 17Ô1 et 4315 atin, 1151 trobarau ?

6959-60. (( fe que dei vos... s^el es dans vos. » Corr. nos au second vers? Il est naturel que le beau-père d'Archambaut dise ici denoire, aussi bien que de votre côté,

6970. Mettre une virgule aprèd ce vers^ et un point et vir- gule après le suivant.

6978. « E qui [s]'alegri ni gau senta. » Le ms. porte alegra.

Ne vaudrait-il pas mieux conserver cet adjectif et lire a E

qui*8 (=qui es) alegra ni gausenta » ? Cf. ci-dessus, note sur le V. 3640.

7012. « Non j ajudava .ii. botos. » C'est la leçon du ms. Le vers étant trop long d'une syllabe, M. M. a corrigé No. 11 vaut mieux conserver Non et corriger ajuda, le présent convenant ici beaucoup mieux que l'imparfait.

7015-16. a fer y tant gent Que cavalliers pren e reten. » Leçon du ms. qui appelle une correction, la rime étant fausse. Mais il vaudrait mieux corriger gent en ben qu'intervertir l'ordre des deux derniers mots du second vers, comme l'a fait l'éditeur, car de sa correction, outre qu'elle renverse l'ordre logique des termes, il résulte une série de quatre rimes en ent, ce qui est choquant et serait dans tout le poème un cas presque unique.

7024. a ab lo dous avrei. » Ce mot est traduit par avril au vocabulaire, ce qui est inacceptable, puisqu'il rime à tornei. Lire simplement aurei. Cela d'ailleurs revient au même pour le sens. Cf. A. de Mareuil ; ab lo dous aurei Quem reven lo cor aissi. Il s'agit de la brise printanière.

7026. « Que a son tornej[amen] fos. » J'aimerais mieux, pour rendre au vers les deux syllabes qui lui manquent, sup- pléer el si,

7065. Virgule après ce vers.

7067. a qu'el ». Lire quel {que 16).

7075. aFlamenca dis: «Edis! bel seiner». Corp. Flanmna ris e dis: « Bel seiner.

7106. a lo[s] » Le ms. porte bien los.

7143-7144. « sentis : esgauzis ». Corr. sentisca: esgauzisca

36 UNE NOUVELLE EDITION

ou simplement sentissa: esgauzissa. Pour ces dernières for- mes, cf. plus loin vv. 7549-50.

7154. Ms. quietl. C'est ce que la note devait indiquer ; mais on y a oublié le premier t. Faute d'impression.

7163. «si so sap.D Lires'o.

7204. « Pobles alberga tôt entorn. » Lire Poble s'alberga. Cf. V. 7263. Mais on voudrait l'article. Corr. le poble alberga» (= alberga $e)l Pohle^ que M. Meyer n'a pas relevé au vocabulaire, signifie ici ville^ bourg. Acception conservée en catalan et en gascon. Cf. castillan puefr/o.

7255. <( Fes hom [un] gran escadafals.» Mettre une virgule, au lieu d'un point à la un du vers, et corriger u$ gratis. Cf. V. 7276.

7265. a Car be i a[c] cavallier[s] tal mil». Ms. tak. On ne s'explique pas le rejet de V s dans ce dernier mot, lorsqu'elle est justement rétablie dans le précédent.

7321. a So dis le rei. » Il faudrait rets, mais la rime s'y oppose. Faute surprenante chez un auteur aussi correct. On ne voit pas de correction possible, et le contexte ne laisse pas soupçonner de lacune.

7331. aper lur ves». L'édit. propose de corriger per lur ops. Pourquoi ne pas entendre à leur tour ? L'emploi de per ici serait-il si extraordinaire ?

7337-8. « E dis suau antre sas dens : Sempre pesca qui una pren. » Rimes fausses. Corr. si una prens? pesca, naturelle- ment, serait un impératif.

7404. Corr. Qu^om tôt lo près del mon li dona.

7434-5. « Lur ueilz e lur bocas revenon D*aitan con podon, elurnas. t) On ne voit pas bien le rôle du nez dans cette galante conversation. Corr. mas (les mains). L'auteur a déjà dit plusieurs fois qu'elles ne restaient pas inactives, et il le répétera plus loin.

7440. <( E cant Guillems...» Corr. Abtant, en mettant un point à la dn du vers précédent?

7497. Sur aiz et son origine (voy. le vocabulaire), il me sera permis de renvoyer aussi à la Revue des langues romanes, XVI, 378, et au glossaire de Deux mss. provençaux, p. 181.

7514. « ben deu ». Le contexte exige dei {debeo), et c'est en

DU « ROMAN DE FLAMENCA » 37

effet la leçon da ms., deu y ayant été corrigé en dei^ par Texponctuation du second jambage de Vu.

7548. « dueilla ». Corr. îueilla.

7530. (c Comleva Tus ». Corr. Can (quan)?

7^1. V [so] 0. Lire plutôt s^o.

7582. a tenti ». Corr. vesti ?

7614. a Que dunquec ». C'est la leçon du ms. Corr. qu'ad unquee^ comme le veut le contexte, et non que unquec^ comme afait réditeur.

7629-30. Les signes de ponctuation (: et ,) ont été transpo- sés à la fin de ces deux vers. Faute d'impression évidente.

7635. a que so prenda ». Lire s'o,

7642. 11 semble qu'il j ait une lacune après ce vers. Pour quoi n'est-il question que d'un couple, quand il j en avait deux? Pourquoi tres&n v. 7643?

7(547. « a leur guisa ». Corr. lur. Fauta d'impression.

7648-9. J'avais pu lire moi-même, sans réactif, la seconde moitié et même un peu plus de chacun de ces deux vers, qu'un lecteur trop scrupuleux avait grattés, et qui étaient restés en blanc dans la première édition ; savoir :

blisaus ' ni caroisa de lur benenansa '

Pour le reste j^avais fait les mêmes conjectures ou à peu près que M. Mejer.

Qucs anc ni... Nontolc ren...

7655. a consi Tacueilla. » Corr. consil[s] a.

7680. « Aissi cos fes ». Lire coff'es et écrire co fe$ ? Le pro- nom réfléchi ne convient guère ici.

7687-8. « Maritz que son despendre cuja Que muUier ad amie estuja. » La correction proposée en note serait loin d'améliorer le texte. Il faut simplement mettre les deux ver- bes au subjonctif {cuj'e: estuje). Le sens est : « bien fou est le mari qui pourrait croire qu'il dépend de lui de cacher ' une

* M. M. a lu blisaut. ' M. M. a lu benanansa. Proprement c mettre dans un étui, serrer, renfermer ».

38 UNE NOUVELLE EDITION

femme à son amant. » Pour cette construction et cet emploi siibstantivé de Tinfinitif, cf. vv. 1731, 3655, 4712.

7705. « baïto. 11 existe en Saintonge et en Poitou un verbe basiy qui signifie disparaître, mourir. Aurions-nous ici le même verbe? Ou faut il corriger ô/a^^qui serait pour blasit {flétri)^ Voir Mistral sous blesi^ et aussi Raynouard, blezir et blahir, 7802. a ab blatons. » Corr. ab latons, C^est évidemment un diminutif de lata, baguette longue et plate. Le copiste aura ici redoublé le b comme il fait ailleurs Vs, 17, etc. Sesmar, qui suit, n*exige aucune correction. Ce verbe signifie disposer, arranger, et le contexte n*en demande pas plus.

7818. ala meiilcrs [r] is. » Ms. le. Il fallait donc plutôt cor- riger //, forme qui est de beaucoup la plus fréquente pour le nominatif singulier féminin.

7810. « De son jovens ni [de] sos vieils. » Ce vers, tel que le donne le ms., est inadmissible à tous égards. Je ne sais comment réditeur l'entend. Je crois, quant à moi, qu'il faut corriger : « De nos jovens ni de ocs vieils » ; c'est-à dire : 0 des non de la jeunesse ni des oui de la vieillesse », ce qui s'accorde on ne peut mieux avec ce qui précède, et spéciale- ment avec les vers 7837 et 7838.

Je remarquerai à cette occasion que notre auteur, qui se platt aux jeux de mots (voir entre autres les passages il joue si curieusement sur sol et solatz, vv. 4592-6 et sur mug et mot (4675 et suiv.), ne doit pas avoir employé sans inten- tion de ce genre Tépithôte noada (v. 7829) et le substantif noz du V. 7832.

7849. Mettre un point à la fin du vers. Autrement il fau* drait corriger au vers suivant, consi nos penses. 7855. <c de corre que. . . » Lire de corr* e que, . . 7863. « com hom vesa. » Corr. que hom? 7886. « Turton. »Le ms. a turcon^ qu'il faudrait corriger trucon, mot qui convient fort bien ici. Rajnouard n*a que le substantif correspondant, truc. Mais voj. Mistral.

7896. (( De cal gui sa Tobras menet. » Lire lo bras. Guil- laume montra la force de son bras. 7941-42. a de?livre: livre ». Lire desliure : Hure. 7968. Lacune. Mais c'est plutôt avant le vers 7967 qu'il fallait la marquer, car ce dernier se lie parfaitement avec

DU « ROMAN DE FLAMENCA » 39

celui qui le suit dans le ms., à condition de traduire poino par s'efforcent, en rapportant cette forme kpoinar. M. Mejer au contraire la rattache à poiner (pungere).

7986. « Que non vougues totz los arsos. o Faut-il corriger toige$ de voiar? Ou rapporter cette forme à volgere? Cf. Diez sous voto II a. Dans tous les cas, ou ny peut-être que diph- thongae. On ne saurait penser, à cette datCvà la voyelle sim- ple que le prov. mod., comme le français figure par ou^ et que présentent les formes actuelles vouja, àovja,

8017. 0 D'aqui on s'es. » Écrire 5^5 en un seul mot {sedet). Cf. v€$ (videt\ aus {audit\ etc.

8041. « On estavan bon feridor ». La syntaxe réclame ici rimparfait du subjonctif, et le contexte un adjectif de quantité devant bon [estesson tan bon? ),MeL\a\ii mesure du vers ne permet pas cette correction; /o55on tan conviendrait très bien. Si l'indi- catif présent pouvait être ici admis S la correction n'exigerait qae Tinsertion d'un / dans T^^^auan du ms., devenu ainsi estau [t}m. On pourrait aussi penser à estiu tan. On aurait bien un subjonctif, mais ce serait toujours le présent.

8065. ce Non val unas». Non pas, ce me semble, un as, eomme l'éditeur le suppose, mais unis ( trescas ), non étant pour no en. Cf. v. 8062.

8083-4. ttSî tu me plais, ce n'est pas tout en cheveux et en joues» 9 c.-à-d. «ce n'est pas seulement par tes charmes extérieurs » Ainsi me paraît devoir ôtre interprété ce passage, Je lirais, bien entendu, si m'azautas, au lieu de sit m. Ce t sera venu spontanément sous la plume du scribe, qui pensait à^, et qui aura oublié de Texponctuer.

8089. ce Troban Jaufre de Laisina. » Troban est pour troba

en (l'article honorable), ce qu'il eût été bon d'indiquer, car

iln'yapas d'autre exemple dans le poème de la contraction

de cet article avec un verbe.

C. C.

P. -S. Le présent article n'ayant pu paraître dans le numéro de Novembre-Décembre de la Revue, je profite de ce retard forcé pour joindre aux remarques qui précèdent un

* Cf. pourtant, v. 4, que m'es^ Ton attendrait quem sia.

40 UNB NOUVELLE EDITION

certain nombre d'observations nouvelles, faites an coars d'une seconde lecture.

2456-7. a Mais langui, plais, fol desplazer : vezer. » La grammaire voudrait desplazers^ que la rime repousse. Corr. fel d. ? ou ac desplaier^ ou encore del desplazer^ en suppri- mant la virgule après plais ?

2478. (( don' avanz. » Apostrophe inutile.

2631. « De prohome s'aver lo poc. » Corr. s'amar ?

2655. «entendet 3*i ». Lire plutôt si^ car à quoi se rapor- terait i?

3878. (( Aqui la mes, quar ben Tadesa. o Outre la significa- tion de touchei\ seule indiquée au vocabulaire , le verbe adesar devait avoir celle de « serrer, mettre en lieu sûr », et c*est celle qui conviendrait ici. Ce verbe existe au«si en catalan, et le dictionnaire de Labernia Tinterprète par « posar alguna cosa en lloch segur. n Je soupçonne dans Dôme z que du vers précédent une altération d'une leçon meilleure, que je ne sais pas retrouver.

3991-2. aEt e menz d*oral camja cor... Las! con no mor.» Le ms. a cors et mors que je voudrais rétablir. Guillaume, dans le second de ces deux vers, s'adresse à lui-même, et na- turellement à la deuxième personne, ce qu'il fait très souvent. Cf. p. ex., un peu plus bas, vv. 4011 et suiv. La forme de la première personne ne serait pas d'ailleurs, régulièrement, mor, mais muer.

4053-4. (( Quar aissim pren bona sabor Lo bon saber qu'om a d'amor. o M. Meyer propose de corriger Del bon saber. La seule correction à faire, car aissim est pour aissin {aissi ne) et non pour aissi me, est de donner au sujet du verbe une forme régulière, en écrivant Le bofis sabers.

4066. a E l'us per l'autre. » Corr. tun, Saborir signifie, ici du moins, non pas devenir, mais rencfre savoureux,

4103. « Si davaus mi donz gauh nom ve. » Le mot gauh est déjà au vers précédent et reparaît au suivant. Il serait ici avantageusement remplacé par une particule {ges?)

4106. « conort. » Il faudrait un mot exprimant l'idée con- traire. Cot r. dolors?

4215-16. « gran aventura : s'aventura. » Ecrire plutôt sa Ventura.

DU « ROMAN DE FLAMENCA » 41

4300. « Si meroes i fai captenensa. » Corr« no i fai? Cf. V. 5186.

4549. « Qu[6] ieu non vis ». La correction Qu'ieu non vis [mail] serait à mon avis préférable.

47Ô3. a Lo mot e met en cor prion. » Corr. el met en c. Le ms. porte El mot e moi.

4831. a E cel que non sap ni volria ». Leçon du ms. L'édi- teur corrige ni en molt. Ce n'est pas que la correction devrait porter, principalement du moins ; c*est sur non. Lis. a E cel que molt sap ne volria. o Avec la correction de M.Meyer, anear du vers suivant s^expliquerait mal.

4944. « es so abetz. n La traduction de abelz au vocabulaire (tromperie, fourberie) ne saurait convenir ici. C*est tout au plus « ruse » ou mieux encore « raillerie » qu'il faut entendre : m Elle se moque sans doute en me demandant pour qui » 5187. M E vos a merce connoissetz. o Corr. cossenletz? 5243-5. 0 Ben vai Taffars ; Nuls aifars non fora plus cars Aora d'aquest estornut.n Le deuxième aff^ars est certainement une répétion fautive ; mais la correction est indiquée par le contexte môme. Alis vient d'éternuer, ce qui est de bon augure. Corrigez donc agurs.

5287-8. Le sens paraît être que Flamenca fixa ses yeux sur Guillaume plus longtemps que lui-même ne faisait sur elle. Corr. en conséquence ou Ques el leis, ou el esgarda. Au vers suivant il suffît d'écrire hon (on) au lieu de hom.

5112. (( Cossi pocses far quel i>lagues. » Corr. placses? ou. pogues et quetu ?

5435. Supprimer le point à la fin du vers. 5473. « Que de tal guisa [sia] fait. » J'aimerais mieux [oata] fait. •^>536. « E negun pensier. » Corr. Per? 5564. « Nos feiron. » Corr. No feiron. 5567. « Si[l] toi vergoina ni temensa. » On ne sait à qui rapporter le pronom (/= li) suppléé par l'éditeur, non plus que le verbe /o/. Corr. «Cel cei;' toi vergoina e (ou c) temensa »? 5610*11. a Car si mescaba una ves, En autr'afar pot reve- nir. » Afar ne paraît guère convenir ici. Le ms. offre une autre division autra far: En autra pourrait signifier une autre fois, et il faudrait chercher une correction pour far.

4t CXC 50UTELLE EDITIOX

Peat-écre m: « Je sais bien qu'elle peat nae aatre fois reye- nir de soa errear, nuis...

5781. a Qaar Us eanas toron fdmadas ». Cela ne signifie rien ; aassi réditeor propose-t-il une correction, fermadas, qni ne parait guère satisfaisante. Je crois que nûliadoî con- Tiendrait, et paIéographi<|aeineat et pour le sens. Cf. t. 6713.

l911. « Per Inr sen ni per Inr pariar. Cest la leçon du ms. Comme il faat ane rime en ér. iitear corrige saber. Je crois qae parer Tandrait mieax.

5997. « Non laTs] caja. Cette addition d*ane $ ( = sibi) parait ici assez inatile.

6045. « Qael fronz. on pane si remaliiet. » Corr. front 1

6150. c Cai Alis fai papîejar. » M. Mejer, au vocabulaire, Toit dans ce mot le même verbe que Tancien français papier qui signifie balbutier, en observant avec raison que ce sens ne convient guère ici. 11 v a dans le provençal moderne un antre verbe qni conviendrait au contraire on ne peut mieux, et dont la leçon di ms. ne s^éloigne pas bea'icoup ; c'est patejar, moins usité que arpatejar, signifiant Tan et l'autre a piétiner, aller et venir, tourner surplace «.Cest le dernier qu'il fau- drait ici pour la mesure du vers. Mais on pourrait corriger Qu ^AUê fai [ai$$i] paiejar^ ce qui peut-être vaudrait mieux.

6472. « Ë podon las ben solassar. » Corr. /a ou lai.

ôîj<y7. a la mostrae la presa. a Termes de jeu », est-il dit, simplement, au vocabulaire. N'est-il donc pas possible d'in- terpréter ces mots d'une façon moins vague ? 11 me semble que la mise (ou Vinvite) et le gain (l'acte de gagner) pourraient les traduire.

6952. a Al tornei sai quel veirem doncs. o Voilà déjà le moderne sair/ue = probablement, peut-être ; car Archambaut n'a à cet égard aucune certitude. Cf. les vers suivants. Voir ci-dessus, V. 1981, la note sur 6en sai, aujourd'hui bessaiy dont saigne est le synonyme.

7028. « m *i métrai ». Lire plutôt mt.

73()7. « A vostra dona. » Corr. nostra? Cf. v. 5708.

7734. « Quar a cel portai. » Corr. Ques a. Cf. v. 7755-6.

7912. « Don vos n'ires. » Corr. donc? Ou faut-il considérer don comme un vocatif pluriel {domini) ? Le vocabulaire est muet sur ce point.

DU « ROMAN DE FLAMENCA » 43

8000. 0 El fer son tost iKoutra passât. » Corr. tôt?

8015. «E Testreup. » Corr, Els estreups. Ou vaudrait il mieux corriger peitral d^n v. 8013? Ces formes de nominatif plariel s'expliqueraient par une anacoluthe.

8027. « Non la pogra. » pogran du ms. est il vraiment une faate, comme on le dit en note? J'en doute pour ma part,car ce mot peut très bien se traduire par a on n'aurait pu. »

Qu'il me soit permis, en terminant ce long examen, d'ex- primer le vœu que M. Paul Meyer, avant de mettre sous presse son second volume, veuille bien revoir le texte avec on redoublement d'attention, et s'efforcer d'y introduire plus de correction et de clarté, afin que sa traduction de Flamenca paisse être l'image la plus nette et la plus âdèle de ce déli- cieux poème. Nul mieux que lui, je l'ai déjà dit, ne peut le faire; et j'oserai ajouter que la reconnaissance lui en fait un deîoir. C'est sous les auspices de Flamenca qu'il ât si heu- reasement ses premiers pas, dans une carrière encore peu fréquentée et mal aplanie. C'est grâce à elle, grâce â la séduction de ses charmes, qu'il fut partout accueilli d'emblée avec faveur. Et puisque, après trente-cinq ans, il conserve encore à Taimable personne qui lui valut ses premiers succès toute la tendresse d'autrefois, il lui doit bien de faire tout ce qui est possible pour rafraîchir sa parure et la nettoyer com- plètement des taches qu'une main maladroite et peu soigneuse 7 a répandues.

C. Chabanbau.

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

165

GAUCELMS FAIDITZ

(= B. Gr. 167, 14)

I . Chascus hom deu conoisser

[e entendre Qe richeza ni prez ni cor-

[tezia Res qe sia. nons pot de mort

[défendre Cal iorn com nais comensa a

[mûrir 5 E qi mais viu plus ponha de

[fenir Donc ben es fouz cel qen sa

[vidas fia Si bes pessa de prion sa

[folia En nos es tos los gentil cors

[faliz

Duna valen contessabiatris.

II. Donc neguns hom nos pot

[per dreih contendre

Oimais mas tan con deus ten

[en bailia Non puescha om sa part de

[valor tendre Desseignamen ni daut cor

[dont dei dir 5 E pos dieus se de mort non

[vole garir

Qi totz los bes del mon com-

[plitz auia Ja non fara als autres se-

[gnioria Qe tuit murrem e qi mais er

[grazitz Ni plus ama cest* segle miels

[ner trahitz.

III. Con auzam donc aqesta mort

[atendre Can adobat troban * chascun

[dia Qe nostra mort podem en

[vida rendre Car dieus qe la men ^ lai ser-

[uir 5 Ont el fo mortz per nos sal-

[uar garir Aqi morir e qui per lui

[morria Cobran son dreih ca perdut

[en suria Ab gran razon venria gen

[garni tz Al iutzamen lai on er ïhesu.

[cristz.

IV. Qui per dieu vai lauer el

[cors despendre De paradis 1er uberta la

[via E qi non vai deu baissar e

[descendre

/. : amal * !. : trobam a ^ ^. : d. nos ditz qe l'anem

LK CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

45

De tôt hoDor car tem qe dieu

[lair 5 Qi rema sa ni pot anar gar-

[nitz Qeu sai dailals cauers ni ma-

[nentla E diables (p. Î61) e pechatz

[e bauzia Za retengutz .c. * fais auars

[aunitz Guerriers de dieu e de totz

[bes partitz. V. Ben se cogen en las terras

[estendre E sar' conqis mas autramen

[cug sia

Mas dieus lo reis sap sar-

[balesta tendre

E tra cairel trencban per ben

[ferir 5 E negus om al colp non pot

[gandir Cant el sirais e ue corn nos

[chastia Mas qil dopta ni ves lui su-

[melia Aqel aura chapdeu saint es-

[peritz B qi non fai er en effern

[puniz. VI. A totz degra de dolor lo cors

[fendre Del dezeret al fil sancta

[maria

Mas cornai lair qi ves^ los

[autres pendre

Sesforsa plus del mal ses

[repentir 5 0 4 mau segle don dieus nos

[lais issir

A saluamen si con ops nos

[séria E mon tbesaur qe lais en lom-

[bardia Don dieus salut car de totz

[nos es guitz E del s crozatz los cors els

[esperitz.

166

GAUCELMS FAIDITZ (= B. Gr. 167, 54)

I. Si tôt nonqa ses grazitz Tan can sol chanz ni solatz

[gais Non er qu€u lauzens^ no

[meslais Dun vers far don soi enqe-

[zitz 5 Car cel qa bon escienza Deu far . zo qa près sagenza Non deu celar. son saber ni

[cubrir Lai on coue a mostrar ni a

[dir Qen totz luecs val adrecha

[captenenza.

II. E non taing qestei plus mar-

[ritz Ni vir mon fin cuer en biais Pero truep michargei*grieu

[fais La bella falsa enjanairitz 5 Qe totz fui mortz em par-

[uenza Mas er nai trobat garenza Tal qi ma gen desliurat de

[morir

' /.: Als r. com ^ l.: idr /.: M. com laire qi ve c. en\ A. ^t.tn: iauzens /. : charge!

46

LB CHANSOXXIER DE BERXART AMOROS

Qel ' la genxer qom paescha

'^el moD chaazir

Ex il remm fazen sa peoe-

'deDza. 111. Don fai cortezameii garitz Qenqer nai en la bochal baia E la dolxa sabor el iai' Con fui gen baizan acollitz 5 Per lei cane non fei faillenza E pos tan gent mo comensa Ane la douzors del bais nos

[poc partir De ma bocha ia dea maïs

[faillir Ni far ni dir nnlla desaui-

[nenza.

IV. Car' anc nestei iomfaiditz De lei veer on beutatz nais Ni qel fols cens al satrais Kz il siâ perdoz e gailz

5 Er vauc mon gran tort ses

[tenza Adrecburar en proenza E si anc re qe fezes agrazir A gui de lei de lui a ^ ses

[faillir E de nagoQl e de saconois-

[senza.

V. (p. Î62) De re non es ora

[tan saziz Ni on tan leus iois ni es-

[mais ^ Ni porta om ta greus

[eschais Con damor qi ame comquis 5 Camors a poder qe venza E qant be nai souinenza Adont* consir qe miels mi

[degra aucir

Qeii anc aofiris qe men po.

[gnes partir Can lamor. e la gram be-

[volenza. VI. Mes vers voirai qe aia vitz.

[auzîtz ^ Per mon bea tbesaur par

[claaaia Qil es de prêta dardatz e

[rais Ez an ' can er. de lai partitz 5 An rie de ioi a prezenaa Dir qen sobeiras dargenza E ma dona ma fag de lai

[venir Car si per eus no fos a* ses

[faillir For en lombartz de cenh e

[de yalenza.

167

OAUCELMS FAIDITZ

(= B. Gr. 167,33)

I. Lommtz'® iauzens sers

t "]

Venc mot bel lespers " Gen complit '' matendenza 5 Mi toma en plazers Ab douza souinenza Em fai chanzos faire Don mi cuiaua estraire Car ben es razos 10 Qieu chant gais e ioios Pos cil cui sui amaire Qi es la genzer cane fos Vol me e mas chanzos.

II. Qel sieus plazers pros

» /. ; Qes « /. : lais » /. : E car /. : de lai lai 5 [.; ni esmaîs « c. en : Adonc ^ /. : sia a. « /. : E tan » /. : er. »• c. en : LonraU *• /. : On tant bella paruenza *• /. : mos bel espers >•/.: complir

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

47

Francs chauzitz de bonaire

Francs e chars e bos

Gentils e daut afaire 5 E li * oil amoros

QuQ saub toi ' cor atraire

Assa benvolenza

DoQ 10 plei ^ ves proenza

Man tan aut azers 10 Qe ries soi et esders

Sol vostra couin^sa

Sia complitz lezers

Que noi failla poders.

III. Car adreh sabers

E valens conoissenza

E humils parers

E precs ab gran valêsa

5 Beutatz genz teners Son en lei don magensa En son gais chantai re ?er sas valors retraire Eil grazis los dos

10 EU plazers saboros El afan qti«il vi traire Al grieu comnjat doptos Ab sospirs engoissos.

IV. Fer soil tara ^ perdos Car tarzei pauc ni gaire De tomar coltos ^

Ves lai dins son repaire

5 Don degenoillos U soi leials preiaire Qe nierces lam venza Em perdo la faillenza Courars ni valers

10 Ni baizars. ni iazers N5 te sai ni bistenza Soi noil sia temers Lafanz nil mais poders.

V. Pero sil mouers

Qeu fau per penedenza Lai on dieus lo vers Près veraia naisenza 5 Les al cor dolers Noi deu auer temenza Ca totz bos veiaires Es dieus * bos prez lo maiers ^ Qi sans delechos

10 Vai al rei glorios

Seruir qi es vers saluaire Car el cel e saios Len ve ries gazardos. VI . (p. 163) Oimais es sazos Danar am dieu lo paire Qi près mort per nos Sia chapdelaire 5 Ez als compaignos Qi son noslve cofraire Per obedienza Aider me lor crezeuza Eus cors eus auers

10 Can es sieu seruir ders Teinha en sa prezenza Eil sià douz vezers Lafanz el mais paders.

168

GAUCELMS FAIDITZ ( = B. Gr. 243, 2* )

1 . De leis ^ cui am de cor e de

[saber Domne segnior et amie vol-

[rai dir E ma chanzo sil platz. qe

[voilla auzir

* /.: Eil î /. : Qim saub lo ' c. en : soplei * /. : tain ^ c. en: cnitos i. : de ' /. : maire.

* Voyez le texte domté par M. Appel dans sa Chr. Prov. p. 75 d'après lalhèiede M. 0, Dammann Breslau 1891, ;;. 1 S5. « /. : Celeis

4^

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

Del meno r tenz * damor son

[gran poder 5 Perzo car nés * princeps

[ducs e marqes Comtes e reis e lai on sa

[cortz es Non sec razon mas plana

[volontatz

Ni ia nul temps noi sera

[dreitz vitjatz '.

II. Tant es sotils com nO la

[pot vezer E cor tan tost. qe res noil

[pot fugir E fer tan fort qe res noil pot

[gandir Ab dart dacier com nos pot

[escremir ^ don fai colp de plazer 5 On non ten pro auzbes ^

[fortz ni espes Si lanza dreg e pois trai de-

[manes

Sagetas daur ab son arc

[estezat Fois lanza un dart de plomp

[gent afilat.

m. Corona daur porta per son

[deuer E non ve ren mas lai on

vol ferir No fail nul temps tan gen

[si sap aizir

E vola leu e fai si molt temer

5 E nais desaur ^ qe ses ab

[loi enpres E can fai mal sembla qe

[sia bes

E viu de gaug e defen e

[combat Mas noi gara paratge ni

[rictat. IV. E son balais lai on se vai

[iazer A .V. portais e qil dos pot

[ubrir

Grieu passais très man^ non

[pot leu partir

Mas ab gaug uiu cel qei

[pot remaner 5 E pujai hom per .1111. gras

[moût les Mas non intra vilas ni mais

[après Cap los fais son el barri

[alberjat Qe ten del mon plus de luna

[meitat. V. For al peiro on ela vei * se-

[zer A .1. tauler tal con sai deve-

[zir Qe neguns om noi saup nul

[ioc legir Las figuras noi trop a son

[plazer 5 E zai mil poins mas gart qe

[noi ades Om malauzatz. de lah iogar

[mespres E li poin de veire trasgi-

[tat

E quin frain*® un part son

[iuecemudat".

VI. (p. 164) Ai tant con mars

[ni tra ** pot tener

t /. : terU « /. : vctîs * c.en: iutjatz - * /. : Ab d. dacier » /. ausbers « c. en : desaut, /. : dasaut ^ /. : mas —* c. en: vai Z. point son *<> c. en: train **/.: ennuidat *•/.: terra

49

LE CHANSONNIER DE BKRNABT AMOROS

Ni soleils par si fai * toi

[seruir Los uns fai yiure els autres

[fai morir Los ans teo bas els autres

[fai va 1er 5 Pois estrai leu so qe gen a

[promes

E vai ouda. mas can duo

[pauc dorfres

Qe porta seinh. e tuit sa pa-

[tenUt 2 Naisson de fuec de qe son

[asemblat^ VIL Al legoo reis tam ' franqeza

[e merces El sobeiranz es de tan gran

[rictat Qe sobre cels essaia son

[rognât.

169

GAUCELMS FAIDITZ ( = B. Or. 167, 2 )

I. Er coosir e plaing

En chantao mon dampnatge

Dun loi qem sofraing

Per mo meteus folatge 5 Qen pais estrain

Foi * ne no vei messatge

De leis cui soplei

Don eu nom recrei

Cades on qeu sei 10 Laclin ses cor volatge

Se tôt non la vei. H. Mi donz sui acliuz

Vas on qeu vau ni vegna

Eviers lo pais

0 ill estai e regiga 5 Sola ma conqis

La bella qi nom degna

E no sai per qe

Me destreing anc se

Qeu lasegur be 10 Qe ia dautra non fegna

Mas il la uO cre.

III. Moût fes bel gazaiu

Can B près mon bomenatge Per qeu non remain En autrui segnoratgo 5 Ne a mi nos tain Qieu seg autre viatge Ni qieu ia desrei En autrui domnei Car SOS sers mautrei 10 Humils ab franc coratge

[ •]

IV. Amors qe farai Saissim dcsasegura Qil mauci desmai

E de me non a cura 5 Ai gelos sauai E auolz genz tafura E fais lauscngier Son damor guerrer Per qa ieu qerir ^ 10 Qil don malauentura

E mal encombrier. V. Meilsforam sufris

De leis cui iois manteignha Qe ia non la vis Cattalz * maltraigz roen re-

[gnha» 5 Soauet mi aucis

/.:fiia /. : parental ' /.: Als. rei tain.— » L ÏMi /. : Qautra non enuei ' .. : que iesu qier - *f*: Tegnha

Sui c. en: /. ; Gaitals

50

LE CHANSONNIER DE

Âb la fais antresegiiha Cant per sa merce Mi retenc ab se Car no len soue 10 Tant ma obs qem reuei-

[gnha

[•; «1

VI. Joios ben sescbai

Caia de ioi fracbura

Cel qa ioi verai

Et a lui non satura

5 Qel laz mos cors estai

Loing de bona uentura

En grant consireir

E mon centongier

Vei damor premier

10 Si ia sa ioia dura

Beil vai a sobrier.

170

GAUCELMS FAIDITZ

(=B. Or. 167,3b)

I. (p. 165) Main tas fazos ^ es

[hom plus volontos

De zo don mal e dan li deu

[venir Qe de son ben. e uoil lo per

[men dir Car ieu meteis manei mètre

[cochos 5 En tal poder. don aran

[vauc plagnen Qem fai languir, e suspirar

[souen Qe qan ne ^ cug ben auer

[ieu nai dan E torn atraz qan cug anar

[enan.

BERNART AMOROS

11. Ben man trabitseu bel oill

[amoros E SOS gentz corse SOS azautz

[gamitz *

Sos gentz parlars. e ses

[gens acuillirs

Sos bels solatz sos aoinens

[respos 5 Mala vi anc sa gran beutat

[valen Don ieu cugei auer mon cor

[iauzen Mas aram vau plagnen e

[sospiran E nom i val merces qeu lai

[deman. m. Anc non cugei qe nuilla

[domna foz Tan gr& beutatz qen fos

merces a dir Qon plus li clam merce nom

[deg nauzir Anz ma son cors ades plus

[orgoillos 5 Per qe mos mala mi vai ades

[creissen

& es mi piegz ci deus mi

[sal per vn cen

Per leis car ten iha' de roal-

[estan Qe per lo mal qeu nai ni per

[lafan. IV. Lo mais qieu trac mi fora

[bels e bos Bella domna sol qel pogues

[suffrir Car ses afan non pot bom

[enreqir De null afar qe sia cbabal-

[los

« /. : Nil membra de me.— « :r. en: sazos » ^ : eu * c. ew : garnirz /. : renni a.

LB CHANSONNIER DE BERXABT AMOROS

51

5& zo qe hom cmqier ab

[gran turmen Ten hom plus car plus celat

[e plus gen QiM zo que ha toi iora a son

[talan Qar leu despen qi de leu ha

[gazaing. V. De zo don plus cugei es^er

[ioios Soi plus iratz e nai mais de

[conzir

Fer qom nous deu p^ gaug

[trop csiauzir

Ni per ira esser trop an-

[goissos 5 Mas ieunon puesc ges csser

daital sen Qeu malegrei trop al co-

[m^izameu Donma p«r uos mas eram

[vau ploran

QoQ hom marritz que ren

[non sap on san.

VI. Sa ma domna plaguesson

[mas chansos Naurella moût mestera bel

[egen Car ia enan non aurai mon

[talen

De nuUa ren ni puesc far

[bel semblan

5 Tro que de leis aia zo qeil

[deman.

171

GAUCELMS FAIDITZ (= B. Gr. 167, 19)

I. {p, 166) Del gran golfe de mar

E dels enois los ^ portz E del perillos far Soi merce dieu * estortz 5 Don pose dir e cOdar Qe main ta malananza I hai suffert e maint turmen E pos a dieu platz qu^u ^

[torn men En llmozi ab cor iauzen 10 Don parti ab pesanza Lo tornar e lonranza Li grasisc pos el mo cossen.

II. Ben dei dieu merceiar Fos vol qe sanz e fortz Puesc el pais tornar

Un val mais unspaucs doir^ 5 Qe dautra terrestar

Ries ab gran benananza ^ Qar sol li bel acuillimen Eil onrat fageil <^dig plazen De nostra domna il ^ prezen 10 Damorosa coindanza E la douza semblanza Val tôt qan autra terra ren.

III. Ar hai dreg de chantar Pos vei ioi e deportz Solatz e domneiar

Qar zo es vostra cortz * 5 E la font el ris * clar Fan mal cor alegranza

Voyez les éditions de cette chanson données par M. Ghahaneau, dans kRev. des l. r., IV s., t. II, p. 550 s. et par M. Appel, dans si Pro- tenzatische Chrestomathie, p. 112. « /. : enoios (Ch.), enois dels (A) - « Ch.: deu 3 C/i.:que * /.: ortz {Ch. et A.) » CA. : benan[an]za -•CA.e/ il. : ell ■»/. : eU {Ch. et A,)- « /. : voslr'acorU (CA.) » /. : lu fontz el riu {Ch, et A.)

52

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

Prat* 0 vorgier qar tôt mes ^

Qera nO dopti mar ni ven

(Urbo ' maistre ni ponen

10 Ni ma oaus nom balanza

Ni nom aai * mais doptansa

Oalior * ni corsior corren.

IV. Qi por dieu gasaignar

l^ren daitala deaconortz

Ni pcr sarme* saluar

Hon os dregi "' non ges tortz

5 Maa col qi por rubar

V) p«r mal acordania

Vai por mar un hom tan

[mal pren

Km pauo dora sauen souen

Qo qan oi\{om puiar dcissen

10 Si qab doso»|>oraQxa

U Ui»aa tôt oslania '*

l^rato lo cor" o'* laur e

lar$«o.

."^N \ <V* ;^ At>: umi'nl «^ à^rn •o.^^'ti ^yv . ^ (V^ ^ ; ' Arj:r.ïn f r»t ,^ *; t « lu^f in;*

^u îR l^«x 41^v . ;_ j-., ;> V. .. ;/

bianche per conservare i llbri cosi imperfetto.

(p. 1643) 1^88. Jaques TfissiBa de Tarascon. Concordato 1589.

Riueduto Antonio Martklino.

(p. 166*} ARGUMBNTO DEN PBIROLB

Peirols si fo os paubres caoa* liera daluergne dun castel qe a nom peirob qes en la terra del dalfin a pe de rochafon e fo certes hom e auinenz de la persona. el dalfin daluergne sil ténia ab ae el vestia el daua cauals & armas, el dalfii 81 auia una soror qania nom sail de claustra bella e bona e molt prrsiada & era moillier den beraot de mercoir dun gran baron daluergne. en peirols si lamana ptfr amor. £1 dalfis ai la pregaua l^r lui e salegrana molt de las cliizos qen peirols fazia de la Mffvc. e molt las Cazia a plazer a la »t r^^r e tant qe la dona li uolia bni. €Û faxia plazer damor a aau- hsia àe\ clal£s e laujors de la 3>»Da f àm p^srols monta tant ori ^a:£2 {«npelozî âela car cadet oe'a 1: fesM |0t» 9e ika oonoeois ai K***k. e }.a.-^ jieir^ls de si e loi- CDM4 e itcu xMis^t BÎl arsiei. don Yi(ii7*K}$ DiQ! Mit ii:*i mantener per «-^analM**-. e omr jnciarm. ib aaee purwiT^ t rwïTur nai* baroa. draps c dixMiT^ ( ca&ià^.

«• ' no; ^tit- OL * S df 2a

1.1. *r îu7-*« di. «ti

t>^ . , vM*.xsK •»• K . '^K. . •' , i s;»!!» i-i.. «tLain2a;Cà-)

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

53

172

EN PEIROLS (= B. Gr. 366, 22)

I. (p, 167) Nuls hom noa

[sauci tan gen Ni tan douzamen Non fai son dan ni folleia Con cel qen amor senten

5 Pero nai eu bon talen Sitôt amors me guerreia Nim destrein greumen Car per mo * voler mal pren.

II. Cuna domn am finamen Don mon escien

Mer a morir ab leuera ' Tant es de rie pretz valen 5 E si plus nonca naten On qieu steia lai sopleia Vas lei francbamen Mos cors qi la uez ^ souen.

III. Estraigz cossirers men ve E si gairem te

Conois cades mi sordeia Tort nai eu meteus de qe 5 Car nom am si cos coue Tal dOna camar mi deia Car il per ma fc No deu sol pSsar de me.

IV. E pero can sesdeue Qieu li par len rei ^

Ges mas paraulas nom veia ^ Anz nei gescouta' las be 5 Del repropcber mi soue Qi non contraditz autreia Auran doncs merce Tant o voil qie nO lo cre. V. Pel bel semblan qelam fai

Vol qem tenga gai E qem bon respeg esteia Mas de sa valor mesmai 5 Ai bella donna sius plai La vostra francheza veia Lo greu mal qieu trai Don ia senz vos non guerrai.

VL Chanzos saludar lam vai Per teil mandarai Qeil res es qe plus me greia Car tan luing de mi estai 5 E pos enaissi seschai Sobre tôt cant es lam preia Qe il soucigna lai Dezo. dont ieu consir sai.

VII. Bella dona de vos ai Tal dezir e tal enueia Qe ren del ^ mon mai Âl cor a mi nom estai.

173

EN PEIROLS (= B. Gr. 366, 31)

I. Si ben son loing et entre

[gen estraigna Eu mais consir damor ab

[qem conort E pens dun vers consil fasse

[lacort Tal qe si a bons e plazens e

[fiz 5 E car hom mais mon chan-

[tar mi grazis

Adoncs dei miels gardar qe

[nom mesprenda

Ni diga ren don sauis me

[reprenda.

' /. : mal ' /. : Tenueia * /. : ue * l. : parlen re * c. en: neia •/. : qescouta ' /. : de lot lo.

5 4 LE CHANSONNIER DE

II. Non es nuils îornz qe mon

[cor non descenda

Una douzors qem ven de

[som pais Lai long mas mans & lai

[estauc acHs E sapchas ben qeu volgra

[esser fort 5 Près de mi donz sitôt sa vas

[rai tort Cab bel sclatz & ab douza

[compagnia Mi dauret gen zo qe ara

mestragnja.

IIL (!>• ^^^) Ben ai assatz qe

[suspir e qe plaigna

Ca pauc lo cor nO part cant

[mi recort Del bel solatz. del ioi e del

[déport E del plazer qelara fei e qem

[diz 5 Ai con fora garitz. sadonc

[moris

Que can la prec que de mi

merceil prenda

Sol veiaire non fai qella

[mentcnda. IV. Ben es razons qieu suffra e

[ateada Con atendrai pos lieis

[abeillis Miels mi fora som cug qe

[men partis

Partir non ges. trop nai

[près lonc acort

5 Bons domna vostrO sui tôt

[a fort E non cudes lamor e mj

[remaigna

BKHNAUT AMOHOS

Qen vos amar tem qe temps [mesoffraigna.

V. A lieis non fail res qa prô

[dona taigna

Com nO la ue qe de lieis

[laus nom port

Col de gai es e pros per qieu

[lam fort E doncs amors cui tos temps

[soi aclins 5 Plagues li ia cuna ves men

[auzis AgestaP qeirper don e p«r

[emenda 0 si non mais guizardon

[mi rCda.

VI. Dautre trebail prec dieu

[qellam defenda Mas vnsoliorn volgra qella

[sentis Lo mal qeu trac per leis ser

[e malis

Qen grieu perilh ma laissât

[lolg del port

5 E non voil ges quautra men

[ai estort E sa leis platzqe ia vas me

[safraigna Ane no fes om damor genzor

[gazaigna.

174

EN PEIROLS

(=B. Gr. 366,12)

I . Del sieu tort farai emenda Leis quem fes partir de se Anqer ai telan qeîl renda Sil plai mas chanzos e me

J /. : Aqestal.

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

!i5

5 Ses respeig dautra merce Sol suffra qen lieis men-

[tenda E qel bel men atenda.

II. Ges per negun mal qem

[prenda De samistat nom recre Adz sufraicades mentenda* La pen el dan qe men ve 5 Fairem degra qalqe ben Mas non tain qeu lan re-

[ prenda Si tôt ses ver qill mes-

[prenda.

III. Moût i consir nueg e dia E DO men sai conseillar Pero si sesdeucnia

Gian talent ai cun baizar 5 Li pogues toir o emblar E si pois sen iraissia Volimtiers lo li rendria.

IV. [p. 169) Ben conosc qieu

[non poiria Mon cor de samor ostar Per ira ni per feunia Ni per autra domn amar 5 No mo cal plus essaiar Caissi con li plaira sia Qieu lamarai tota uia.

V. Qel mon nom es hom qe

[teigna Tan apoderat amors

Qe ges non vol c\ue\i reteina

Los plazers ni las honora

5 Cauia trobat aillors

Anz vol qede sai mestreigna

Ver zo qenO vol nim degnia.

VI. Bella dOna en cui reigna Senz e beutatz e valors Pos sufifretz caissim des-

[treigna

Lo dezirers e la dolors 5 Si vais dels plazers menors Mi faitz tan don iois mi

[veigna Sol ca nos non descoueigna. VII. Chanzoneta vai de cors

Dir a mi donz qel *reteigna Pos mi retener non deigna.

176

EN PEIROLS (=B.Gr. 366,14)

I . Dun sonet vau pensan Per solaz e per rire Qeu non chantera ogan Estier per mon consire

5 Dont mi conort chantan Camors mauci desmai Car ma trobat verai Plus de mil 3 autr aman.

II . Las con muer deziran Sos hom e sos seruire Qieus iria celan Maintas ves men azire

5 E die per maltalan Qe totz men partirai Aquei mezeus trop lai Mon cor on eran tan.

III. Ges per autrui nol man La ren qe plus dezire Qeu mezeus tan la blan No len auzi ren dire

5 Anz can li soi denan Maltas vetz can seschai Die dona que farai Nom respont mas gaban.

IV. Sivals* vai daitan

Qe ges nom pot aucire A tan onrat afan

^ cm: men rende 2 Z. : qet, f . ; nul /. : Sivals bem

IC

LE CHANSONNIER DE BEHNIRT ÂMOROS

Ni ab Uo bel martire 5 Catal dooam eoman Qea la genzer qea sai Boa mes lo mais qeu irai Maa il na péchai gran. V. Si * oilh el cors meatao Vaa leia caJlors nos Tire Si cadea on qea man La vei e la remire 5 Tôt per aital semblan Coq la flors corn retrai Qe totaa viaa vai Contrail soleil viran.

VI. Si mamea ni ' tan ni qan Ja for en totz iauzire Sapchatz nO es dengan Qe aoaen en sospire 5 DOna per cui eu chao Una ren vos dirai Saqnest vostrom dechai Antal* anretz e dan.

Vil. Chansonetta ab aitan Dreit a mi donz ten vai E digas li sil plai Qe temprenga et chan.

VlII. (p. 170) Damor ai fin Ulan E fin dezirer nai E ia daqai en lai On plus no men deraan.

176

EN PEIROLS

(= B. Or. 366, 20)

I. Mentencion ai tôt en un

[vers messa

Con valgues mais, de chan

[qieu anc fezes

E progresaer que miels fora

[apreza Chanzonetta aiea faire la

[volgues 5 Maa chantara tom a leaja-

[ria E bon Tera qi Car lo sabia Qea ^ aemblan qe degues

[mais valer Per qien i Toil demonstrar

[mon saber.

II. Amora maud tan ses emen

[apreza Greus mes lafanz el trebails

[on ma mes Tôt na perdut dcportar e

[gaieza E aanc nai ioi era non sai qe

[ses 5 Per mi donz suspir noit e

[dia Idi donz cai dig con lapel

[mia Dir lo pueac eu caitan nai

[em poder Mas ill nO vol nim degna re-

[tener.

III. La gran beutat de lieis e la

[drecheza

Non es nuls hom que truep

[lauzar poguea

leu qe pro ' ailles bell e

[cortesa

Anz mueir p«r leis e noil

[en pren merces

5 Per qel faz ieu ia trobaria

Autra domna qe mamaria

Mas er sai eu qel reprocher *

[diz ver

« /. : Li « /. : marnes » /. : Antai. * /. : Q.a * proi ai * c, en: reproches

LK CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

57

iMips vol hom zo qe

[nom * pot auer.

' i n rn c reirai qeu non la-

[gues conqu^za

Seii ualgues tan qe amar

[mi degues L.is qe farai amar lai sa

[leis peza C sufifrirai dOna non eu

[ges

5 Mas p«r merces la prciaria

Qe Doil pezel ' si noil plai-

[ria Qe nulla ren nom pot dal

[cor mouer Le désirer qem destrein el

[voler. V. Ëmperairis volgra fos o

[marcheza 0 reina cela qe me ten près E tôt lauer del mond e la

[richeza Volgra eu plus qeu non sai

[dir agues 5 Qe peraitan non mauciria Mas sa beutatzmauciemlia Car es tan granz e tan sap

[far plazer Son bel semblan car le laira ^

[vezer.

177

EN PEIROLS

(= B. Or. 366, 6)

1 . Cam)at ai mon consirer Camger * ai faig damia Don ai fin ioi vertadier M ais cauer non solia 5 Ë nO es de prelz sobrier

leu per qe mentiria Car 80 dis el reprocheir Qui nO troba non tria E qi pren nos fadia.

II. Entend rem fazi amor En folla richaudia En la riqessa auzor

Don mal mon grat suffria 5 Penas e diins e dolor Si qe tôt io " moria Gardatz sera ben folor Qe con plus i pcrdia E miels mi entendia.

III. (p, 171) Per qem sui ame-

[suratz E tien g ma dreita via

Qor qe fes ma voluntafz

Plus aut qe non deuria

5 Ben degresser castiatz

Per danz qe men venia

Qe zo es dobla foudatz

Dôme qi nos chastia

Pos conois sa folia.

IV. Lai on ai mon bon esper Matrait amorz em lia

Don nom pueis ni auz mouer Mon consirnuit ni dia

5 Ben pot ma dôna saber Qu€r eu lam ses bauzia Qe len contrai seu voler M os cors non pensaria Nil bocha noi diria. V. Ara sai eu et enten Qes bona cOpagnia Candos samon finamen Per leial drudaria

5 E chascuns tôt franchamen Vas son par sumelia Qe amors non vai qeren NuU autra segnioria Mais merce tota via.

« /. : non /. : pezes » /. ; se laisa. cen: Camget

58

LE CHANSONNIER DE DEHNÂRT AMOHOS

VI. Ë zo sai qestora ben E fora cortesia Qe ia hom non âmes ren Mas zo qe la maria 5 Preiar sescbai es cou6 Qe mesura i metria Mas sapchatz qi trop sen-

[ten Pois me sembla qe sia Enaegz eustania* .

VII. Leu cbanzoneta plazen Vai ten ta dreita via

A lieis on iois eiouen Renouella qec dia 5 Digas lim ca leis mi ren Vas la cal part qe sia Car eu non ai ^ talen Del autra segnioria Nia tain qeu plus en dia.

VIII. Miels me val mon bon es-

[per Ten cbanzon dreita via A la bella on qe sia E dil qiel faz a saber 5 Cautra no voil qe sia De moDCors garentia. IX. Oils vos ren e bocb e cors Ma bella douz amia De totz bos aibs conplia.

178

EN PEIROLS ( =? B. Gr. 366, 27 )

I . Pos de mon ioi vertadier Si fan aitan voluntier Deuinador e parlier Enoios elauzeojer. 5 Segon la fazenda

Couen qeu mi atenda Qe gieinzmi a mestîer Ab qieu mi defenda Qe neguns... ' aprenda

10 Mon celât consirer.

II. Demi donz aie de premier Lon veia ^ el dezirer & ab gr& esfortz sobrer Mi ten qe ren mais noi qic 5 Mas conque menprenda Mos cors me diz qatenda E sofra e sofrier Ver qeu crei qesmenda Men faz amors em renda

10 Qalqe plazer leuger.

III. {p,172) Tal vetz es nom

[puesc suffrir Cab mi mezeus nO azir E voill men aitan partir Qen altre domnei me vir 5 Per zo si remuda Malautes. qar miels cuida En altra part guérir Mas ren no maiuda Anz fas loita p^rduda 10 Cades tom sai morir.

IV. Ai can douzamen dezir. Si pogues esdenenir Qamors men fezes iauzir Aissi com lam fe chauzir

5 Trop lai atéduda Mas la flam escôduda ^ Es grieus a esmortir Tôt es remazuda Lesp«ranz e vencuda

10 Qem soli esbaudir.

V. Pero ades mi aoue Camors deu atrair a se Franc corag a bona fe Miels cab nulla autra re

* /. : e uilania * /. : ai ges. /. : non * c. en: Lenveia /. : ascenduda

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

&9

5 E cil on seslanssa* Tota ma desiranza Pos moQ cor sap e ve Nom torn e viltanza Caitan col rei de franza

10 Soi eu ries damar ben.

YI. E pois autre pron nom te Preiarai lanqt^r de me Caazit ai retrair anc se Qe las si ve qis recre 5 E sai ses doptâza Qe ades esp^ranza Qant boni troba mcrce Dobla lalegiAza El ioi el benananza 10 A cel cui esdeue.

VU. Dalfi senz doptanza Joi e pretz vos enanza Miels camors fai me.

179

EN PEIROLS (= B. Gr. 70, 45)

1. Tuit cil qem pregon qieu

[chan Volgran saabessoa le uer Sieu vai^ aize ni lezer Chaotes qi chantar volria 5 Qeu sai ni cban ni via Pos perdei ma beneanza^ Por ma mala destinanza.

H. Allas con muer de talan Qou nom dorm mati ni ser Anz la nueg can vau iazer Lo rossigniols cbante cria 5 Et ieu qi chantar solia Muer denvei e de pezanza Canaug ioi ni alegranza.

III Amors beus iet*amon dan Cautre pro noi puesc auer Ja mais baizar ni temer Nous qier cadoncs vos per-

[dria

5 Ben es fols qin vos se fia

Cab vostra bella semblanza

Maues tragsesdesfinanza*.

IV. Damors vos puesc ieu^dir

[altan

Qi ben la pogues auer Res non la pogra valer Certas moût fon bon amia 5 Mas nom duret mas un dia Per qels fols qi ses fer-

[manza Met en amor aesperanza. V. (/). 1 73) Lemozi a deu coman Leis qi nom vol retener Oimais pot il ben saber Qe vers es so qeil dizia 5 Qen terr estragna niria Pos dieus ni fez ni fianza No mi val ni acordanza.

180

EN PEIROLS {=z B. Gr. 366, 9)

l . Cora qem fezes doler Amors nim dones esmai Eiram ten iausent e gai Per qeu chant de mon pla-

fzer 5 Car ai plus rie ioi conquis Cami nous taignia Per qe inos chanz sumelia Cumelitatz menreqis.

* c. en: seslaussa. ^ c. en : nai 3 /. .- beni^anza * prec » /. : desfianza /. : puesc.

60

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

II . Mi donz merci e grazis

Del benananza qeu ai Ni ia nO loblidarai Los plazers qem fes ni m dis 5 Qen mi non a mais poder Sill qamar solia Qem plus franca segoioria Voil ses enian remaner.

III. Darenan mer a tener Al reprocher com retrai Nos moua qi ben estai Non farai ia eu per ver

5 QueiX flama camors noiris

Mart la nueg el dia

Per qeu remain tota via

Con fai laurs el fuec plus

[fis.

IV. Molt magrad o mabeillis De dos amies cent seschai Qe samon dun cor verai

E luns laltre non trais 5 E sabon luec e lezer Gardar tota via Que lur bona compagnia Non puesc enoios saber. V. Souen lanera uezer La plus auinen qeu sai Sil deuinamen qon fai Nom avengues a temer 5 Pero mos cors es aclis Vas lois on qe sia Qe fin amors ioing e lia Cor part^ loindan pais. VI. Ser outra la cros del ris Don nuls hom non torna sai crezatz qem pogues lais Re tener nuls paradis 5 Tant ai mo voler assitz 0 ma douza amia Que senes leis nO poiria Nul autre ioi retener.

Vil. Chanzos oimais potz reœr' Vas mi donz ta uia Queu sai be quela volria Te auzir e mi vezer.

VI II. Dalfi sauzes mon voler Dir a ren qe sia Tant am vostra compagnia Qe vos en saupras lo ver.

181

EN PEIROLS (= B. Or. 366, 34)

I. (p. 174) Tuit mei dezir son

[damor e de chan En aqti^tz dos mestiers gais

[e cortes A i mon en gien e mon cora tge

[mes

E pois amors ab douz pla-

[zers menanza

5 deu esser mos chanz fis

[e valenz Qar tant ma faits ma dona

[ries couenz

Per qa totz iomz viu en

[bona esperanza.

II. Maltraitzdamorno sera' tan

[granz Qautre dos mais noi estec

[cals qe bes Qtiéstiers nO crei qom suffrir

[la ^ pogues E qan seschai com na gran

[benananza 5 Ja tan non er segura ni

[plazens Cades noi trop, angoisses

[pensamenz

« /. ; part de c. en : tener. ' /. : s. mais * /. : lo

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOnOS

61

Qn^streignion lo ioi e lale-

[granza.

III. Qant ieu premier la vi mi

[plat * aitan Qe de mon cor retener non

[poic ges Tots fo a leia. & enqera

[si 68

Moût i trobet amoroza coin-

[danza 5 E grâ solatz e fin enseigna-

[menz Mas si tôt 8ui de samistat

[iauzenz Qar mes trop loing nai dolor

[e pezanza.

IV. Pero ben sai can se son dui

[aman Fort adirat e lur es gran

[mal près Pois los plaideia.franchesa

[e merces Molt lor es douza e bona

[lacordanza 5 Cadoncs lur nais nouels

[esiauzimenz Mas îeu no veil qec iom

[adiramenz Mo ioi segur torn en aital

[balanza. V. Envers mi donz ai tos temps

[bon talan Elamarai cui qe plassa nil

[pes Caissonon pot vedar neguna

[res Qe can recort sos digtz e sa

[serablanza 5 Con ilh es bell e coinde aui-

[nenz

Tostemps serai en samor

[atendenz Car ieu nO ai en autre ioi

[fizanza.

182

EN PEIROLS (= B. Gr. 366, 33)

I. Tôt mon engien e mon

[saber Ai mes en un ioi qem soste Quan mi remembra nimsoue Tambona domnamfai cban-

[tar 5 Adoncs mi deuri esforsar Con pogues far mon cbant

[valer Si ben trac greu martire Damor cui sui seruire.

II. Aroors ma si en son poder Qel ma fait comensar. tal

[ren Qieu non puesc a mal ni a

[ben Trair a cap plus cal cel

[mOtar 5 Per la genzer corn pot tro-

[bar Gardât? sim dcuri eschazer Qieu lam tant e dczire Caillors cor vire.

III. (p, 175) Ieu lam maiz qe

[non faz parer En parli mais qe nos coue E voil qem aucizatz de se Si iamais men auzetz parlar 5 Ni a dreig semblan deuinar Tan sai cubertamen tener

/.: plac.

62 LE CHANSONNIER DE

E celar mon albire Âb Bolatz e ab rire. IV. La nueg qant ieu mi vauc

[iazer

El iorn maintas vez esdeue

CoDsir com li clames merce

Qant ieu poiiia ab leis parlar

5 Adoncs mo sai ieu ben pen-

[sar &bos motz chauzir e vezer E ma razon assire E lai nO sai qe dire. V Lo repprocheirs non diz ges

[ver Qe cors oblida cueils nO ve Anz a ben faillit endroit me Qeu nom la puesc entrob-

[lidar 5 La bella cui non auz preiar Tan tem faillir al sieu voler Per qieu plaing e sospire Ai amors nom aucire. VI. Ai las qeu cudaua aucr Calqe pron en ma bona fe On plus sui dcsperatz * crc Qe merces mi puesc aiudar 5 Ëra nO sai aconseillar Mas atendrai lo sieu plazcr Grieu cr damor iauzire Si non es francs suffrire. VII. El vers na ten^ a dire Ses qi bel sapcha dire.

183

EN PEIROLS

(=B. Or. 366,21)

I. Moût mentremis de chantar

[voluntiers

BERNAHT AMOROS

E dalegranse de ioi man-

[tener Domenz qeu fui damor. en

[ben esper Eras. noi vei nom * pron ni

[noi enten 5 Ni de midons mais socors

[non aten Tais desconortz e talsesmais

[me ve Qe per un pauc de tôt ioi

[nom recre.

II. Gran mal mi fes lacoinda-

[menz primera Eil bel semblan qe ies non

[eran ver

Cane pueis non puec mon

[coratge mouer

Tuit mei dezir son en lei

[solamen 5 Ni de ren als granz enueia

[nom pren E posnoil platz. qe nai autra

[merce A suffrir mer. lo trebail qe

[men ve.

III. Ja non partrai de leis mos

[cossircrs Per mal qem fassa^ noil pues

[mal voler Car tan la fai senz e beutatz

[valer

Segon lafan folei sauiamen

5 Va fol cai dig anz folei fola-

[men Cane nerceus ^ qan vi lombra

[de se Si bes mori no fo plus fol

[deman •.

» /. : desesperatz * c. en : ren. « /. : mon - < /. : f. eu * /. : nar- cissus /. : de me

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

63

lY. Qatreâsim muer entre loncs

[dezirers Qem fan souen sospirar e

[doler ?er leis qe ma gitat a non

[chaler

Loing desperans e de re-

[fraingnemcn

5 Qesquîuat ma som priuat

[parlamen & eu am la tant a la mia

[fe

Cant vei mon dan ies mi

[mezeis non cre.

V. {p. 176) Ben fai cals ver »

[totz mos cosseils derriers

Pos del partir nO ai gen ni

[saber

Senz 808 pensars farai lo

[micu plazer

Amarai leis midonz per tal

[couen 5 Qcl cor aurai lamoros pen-

[samen E la bocha terai ades el fre Qe als per ren no lin dirai

[mais re. VI. E cstarai cornai peneden-

[siéra Qe ren non qier de zo qe vol

[auer Ai com tarza qieu nom la

[vau vezer Irai lai doncs morir mon

[escien 5 Hoc caital mort amarai ieu

[souen Qestraignamen a gran plazer

[qi ve So cama fort ia non ai autra

[be.

VII. Lo uers trametmi donz per

[tal couen Qa tôt lo meinz aautre proz

[no men ve Cant lauzira li membrara

[de me.

184

EN PEIROLS ^ (= B. Gr. 366, 16)

I. Eu non lauzarei ia mon

[chan Mais sius agrada ni bons es Lamors qi ma el seu coman En sapchas grat cami non

[ies 5 Car amors me guida e me-

[nanza Si bem da trebail mi ^ pezanza Eu viu iauzenz. can mor

[aman.

II. Ja drutz non conosca son

[dan S esser vol sauis ni cortes Ni fassa parer ni trtan [Qe ren] contra son dan. li

[pes

5 Carcelenqiersa malananza

Qe per orgueil cuida ven-

[janza Père aqi on hom nol blan.

III. Mi donz per sa francheza

[gran Fias qel receup me nome-

[nes* Em fes em donet em dis

[tant Qieu non cuiei com mi val-

[gues

* c- «i : sai c. ner. /. : ni 3 i. : mon omenes

64

LB CHAKSONNtER DE DERNAET AlIOROS

5 Mais er ai paor e doptanza Qe per noncar o per mu-

[tanza

Nom oblit em torn en soan.

I V . Molt foi aut vas qe vai bais-

[san E paesc dir qenaissi mes

[près Corn celui qi yai ioi som-

[gniat* E qan ressida non es res 5 On trouarai tamais fianza Ni neguna bella semblanza

Pos qea* aqesta trop eniao. V. Traep die non puesc als qe

[mort man Âtendré bellas merces Qu€ farai donc deserenan Partirai men hoc sien po»

fguea 5 Mas mentre mestaacembm-

Si roen luegna desesperanza Sin ' amors mapropch atre-

[tan.

i L: somgnian/ *c, en: qen » c. en: Fin.

E. Stbngel.

(il suivre.)

I DODICI CANTI

EPOPEE ROMANESQUE DD XVl* SIÈCLR

CAiNTO UNDBCIMO

[SuiU)

I90v<*]98. Deh, vedi, Christo, corne la tua chiesa E data in preda delli rei Tithani Et corne dalla gante Collonesa Pria, et poi dalli raaligni Lutherani Fu divorata, et malamen te offesa Da traditori Ausoni et da marani Celtiberi et crudei Thedeschi insieme, Ch* ognum quanto più puô la stratia et prieme !

99. Da quel, che falsamente del tuo nome, Signor, gioisconi la Barca di Pietro

Si ccrca di somerger con le some

Del loro vitio et lor peccato tetro,

Et hanno le sue forze tanto dôme,

Che quasi perso haveva il degno scetro.

Ma venne Paulo poi ch* in picciol brando

Ne fe vendetta, o fatto memorando I

100. Ma come potrà Paulo quella fede, Signor, di Pietro conservar illesa, S'alli nemici di tua santa fede

Chi solea diffender la tua chiesa

Ëssi appoggiato ? et, se si è fatto herede

Délia setta de Lutero suspesa,

Ghi tenuto è di prender Tarmi in mano

Per conservarla da Turco et pagano?

5

C6 I DODICI CAXn

101 . Hai ta, signor del del, gli oclû si ckiosi Che Don Togli reder tutti i progressi

Cbe faDDo quei, che la tua chieaa ha esclosi Da te per li soi tanti et grari eacesai ? Deh, clii fia che del dod poter ti scusi, Sîgoor, purgare queati error tocceasi? Furgali, aigoor mio, quai l'or si loole Furgar, tu, che tei di giuatitia il sole !

102. Fresta tanto fayor al tuo vicario

Et fal da morte al men tanto invincibile

Cb* a ciaachedun, ch' a tuo nome è contrario,

Sia come Oiosuè forte et terribile ;

Ma non, che 1 lol faccia il suo corso vario,

Chioggio, signor, quai vedi, et sei invisibile,

Ogni secreto che nel cor dilatasi,

Porche da Tochio tuo vivace guatasi.

[F» 181 r"! 103. Di ciô più. Volcano accende il fuoco Et, su Tincudin Tinfocato ferro Stondendo, lustra tutto il scuroluoco. Un doi compagni, chiamato Zifferro, La maxza batte et cosl a poco a poco Ka larmi tutte, et Taltro, Brugiaferro Noroato, scolpe Talbero et il nome Che Guerino a chi legge aperto prome.

104. Fatto Tusbergo et tutta la corazza Con Talbero di Oiove dinanzi et dietro, Ka il fabro zoppo una ben grave mazza Da far ogni lorica un fragil vetro, Non atta h ognlun se non di forte razza, Degno d*impero o almen di régal scetro ; Foi foce il fabro si minuta maglia Oh* a* riguardanti lo vedere abaglia ;

105« braccial, i sehineri, il gorzerino

Coi «pHlaccie icosciai, poi duo*8pron d'oro, Uuo olmo perfecttissimo accialino Oh*intorno havea le ghiande d'oro ; Fer tutto è scritto il nome di Guerrino. Et por cimier vi è una quercetta d*oro ; Di accia* il scudo a ghiande lavorato El d*UAa bella quercia in mezzo omato.

CÂNTO UNDEGIMO 67

106. Un brando fece di chi la lama era Délie più belle ch* ochio humau vedesse, (Et lutte fur temprate in Pacqua nera Di Stige, che fortezza tal le impresse Che ogui altre arme parean di pura cera Âpresso a queste, che la maga ellesse» Anzi far fece per il buo Guerrino)

Et riccamente omato di oro fino.

107. Scritto havea nella lama il brando altiero : « Pjgra son di Guerin sempre veloce.

Et vera[mente] fu si amaro et fero Ghe fu chiamato poi la Pjgra atroce. Pjgra amara vuol dir, se punto il vero Mostra il Greco al Latino in piana voce, Et fu si atroce il brando et fu al amaro Ch' a chi Thebbe contra gostô caro.

[F*131v<*]108. Non contenta di questo ancor la saga, Perché non sempre uu huon si truova armato, Essendo délia lia sorte presaga Che devea haver Guerrin privo del stato, Yollelo inoffensibil con la maga Arte sua far ; a ci6 da nullo lato Habia a patir da pietra, ferro o fuoco

0 legno, lo ridusse alcavo luoco.

109. Et, denudatol, tutto in Tacqua dove Furno temprate Tarmi lo somerge

Fuora che il piô, ch' in man tiene ella, et, Giove Invocando, il fanciul fuor de V acqua erge, Dicendo : « 0 Dio del ciel, se pietà muove La tua immensa bon ta, poichè si asperge Con Tacqua Stigia ai Dei per sempre sacra, Fa che a Guerin sia dolce e agli al tri acra ! »

110. Poi diceva più cose in su la conca Ove era Tacqua Stigia, scongiurando

1 spirti délia Tartarea spelonca, Pregando et astringendo et comandando Che non havesse con lafalce adonca Morte podestà o per lancia o per brando, Nel suo Gerrino, o per legno o per pietra. Giove con li strai di sua pharetra.

68 I EODICI GâNTI

111. Et sette volte nel predetto modo Tuffô il fanciuUo nelle incantate acqne^ Quai poi divenne cosi duro et aodo Quai alla maga divenisse piacque ;

in legno mai fu tanto fisso chiodo Quanto Guerino in lei, ne di lei nacque Figliuol che tanto amasse ella giamai Quanto lui, che di se Tama più assai.

112. Pur per veder se impenetrabil riede Ella Guerin, poichè Tha bene asciatto, Con un coltello lievemenie il fiede

In questo et in quel luogo, et pruoval tutto Con pietra et fuoco similmente, et vede Che quai statua di marmo si è ridutto, Di che ringratia il padre di Volcano Che col figliuolo le sia stato humano.

[po 1 32 r^] 1 1 3. Doppoi voile esperir Tarmi incantate Et su la incudin col brando ignudo Quai regge aile gran botte dispietate; Et con la grieve mazza pruova il scudo. Onde ne trahe faville si infiammate Che lustra Tantro oscur col colpo crudo. Da Telmo et da Taltre armi aucor ti*ahe fuoco Tal che fa chiar di lume il scuro luoco.

114. Quando ha de Tarmi vista la bontade, La gentil maga i spiriti licentia,

Con patto pur che con celleritade Ritomin richiamati a sua presentia, Et li ringratia con humanitade Lodando i fabri di loro eccellentia. Si parton quei, lassando Popra vaga Alla pietosa, degna et gentil maga.

115. Dentro a un forzier le serba et tanta cura N'ha quanto baver si debbe a gran thesoro, Et ben le cela nella tomba scura,

Più che se fusser gemme, argento et oro, E il fanciullin nudrir doppoi procura Con somma diligentia e animo soro ; Ma Naparro et Madar privi dcl stato Pensano ogni hora far qualche trattato.

CANTO UNDÈGIMO 69

116. Qualche trattato pensano i germani Per discacciar Milon délia duchea, Rt fan certi secreti capitani

Che vadino a far genti in la Morea. Havea Milone fatto far christiani Tutti quelli ch* haver possuto havea ; Chi per Tamor di Dio, chi per paura Presa havean del battesmo la figura.

117. Fra gli altri batezzosi un Finnadusto Non per araor[di] Dio, non per timoré, Non perché fusse più degli altri giuslo, Ma per posser più usar del traditore Che non havea di nostra fede il gusto Ne dal bon spirto confirroato il core. Costui segretamente stimulava Naparro et alla guerra il [eccitava].

[F'ISB V»] 118. Fa far giostre Milon dentro Durazzo Per Talegrezza del nato fanciullo. Pei balli et suon va sozopre il palazzo, Si prende ciaschedun grato trastullo, Fassi in corte di vino un amplo sguazzo ; Délie confetioni ô il numer nuUo, Anzi infinité I et cosi in tutti i luoghi Délia cita si fanno feste et giuoghi.

119. Havea Milon per un mese ordinato Tal feste et giuochi, et ei corte bandita Teneva a ciaschedun guerrier pregiato ; Ë i terrazzani e i forastieri invita Liberamente di quai voglia stato,

Che la cita le par dar di gioia unita. Dimostra Finadusto esser più lieto D*aUrui, tenendo il mal pensier segreto.

120. A costui par ch'[h]or sia congruo il tempo Di dar principio al discacciar Milone.

Perô avisar Napar non perde ei tempo

Et con lettere manda un suo garzone,

A piè, senza armi, a quel ch'aspetta il tempo.

Corne faceste voi con quel leoue,

Con quel leone a chi lassaste el stato.

Et poi a tornarvi il tempo vi fe lato.

70 ï DODTCI CANTI

121 . Quando fu il tempo di tornar, tornaste, Signor, et, se non foste a Fabriano Stato tradito da quei che menaste Infidi, che v* usor al del marano,

Non bisognava che voi consumaste Più tempo nel paese Marchiano, Che mai non fora stata in la memoria Humana la più degna et gran vettoria.

122. Non si vantô Léon, non Lorenzino, Sir, al dasaezzo poi di loro tempre, possedette la duchea d*Urbino Corne in l'animo suo posséder sempre Si crese, che M valor vostro divino Arditamente dimostraste, e, mentre Stesti in campagna, deste da pen8ar[e] Ai popul tutti da l'un Taltro mare.

[po 133 po] 123. Hor Finadusto avisa in la cittade Posser entrar ben venti cavallieri, Di quai si voglia lontane contrade 0 di propinque, a dimostrar gli altieri Animi invitti et lor alta bontade Ne Tarmiggiar, el cor gagliardi et feri, Et che egli venghi et che egli meni seco Qualche guerrier perfetto o Turco o Greco.

124. Naparro il Turco sta gioioso et lieto Dentro Dolcigno che '1 fratel possiede, Cui dimostra la lettra e âpre il segreto, E loda Finadusto di sua fede ; Rimanda il messo coi bei duon quieto, Et scrive a Finadusto et lo richiede Che non li manchi mai, che verra presto 0 a rihaver la patria o a far del resto.

125. Poi se ne va a truovar Astiladoro Subito in poste, e il tutto aprendo scuopre, Et senza far colegio o coneistoro

Lodalo ad eseguir tutte queste opre, Offerendole genti, argento et oro, Per mandar i christiani indi sozopre ; Et detteli un figliol per capitano Et per compagno chiamato Ottomano.

CANTO UNDECIMO 71

126. Era valente cavallier costui

In arme et ia consiglio et molto altiero. Acompagnato che si fu con lui, Naparro diventô più forte et fero, Et erano valenti anco amendai, Che disprezzano ogni altro cavallicro. Pur tolgono diciotto in compagnia Ch' havean gran nome in la cavalleria.

127. Et quai dui servitor, quai tre ne pigUa, Homin perô ne Tarmi signalati Corne se fusser tutti una famiglia. 1 cavallier sopra gli arcioni armati Ne van verso Durazzo a lenta briglia, Et son settanta tutti anoverati ; Ma, signor mio, di lor tutto il soccesso Ne Taltro cantar mio vi sarà espresso.

Ferdinand Castets. {^A suivre,)

IV DOCUMENTS SUR LES RELATIONS

DE

L'EMPEREUa MAXIMILIEN ET DE LUDOVIC SFORZA

BH L*ANMÉI U99

(SuUe)

11

Marchesino Stanga aa dac de Milan

(Inspruch, 3 mai 1499)

Ill">«et ex"*®8ignore mio obser™*, heri arrivai in questoloco scontralo fora de la terra dal R. do preposito de Brixina et M. Gualtero Stradion, quale de ordine de questi signori regenti e consilieri me venerono in- contra et accoropagnorno fin allô allogiamento mio. Questa mattinaho visitato li predicti Regenti in nome de la E. V. e declaratoli quanto haveva in commissione. De la quale visitatione cum parole molto ac- commodate et amorevole hano ringratiato laE. V., dimonstrando reco- gnoBccre bene non solo la observantia sua verso la Maestà Cesarea, ma le opère et effecti quale reusciscono da epsa ad beneficio de la predicta Maestà.

El vescovo de Brixina non si trova qua, ma e ad Brixinono ; per il quale loco essendo io passato nel venire mio qua, et havendo inteto chel se ritrovava li alquanto indisposto, andai ad visitario in nome de la Ë. V. ; e li usai tutte quelle amorevole parole che judicai adpropo- sito per certificarlo bene de la dispositione sincera de la Ex. Vra verso la Maestà Cesarea e deir affectioneche particularmente epaa ha alla persona de sua Signoria. Non poteria explicare cum quanta tene- reza el me ricolse, e quanto se dimonstri servitore alla Ex. Vra. Le parole sue furono ultimamente che la Cesarea Maestà unicamente amava la E. Vra., e s^peva che poche persone erano amate più da S. Maestà de quelle che epsa era.

Io era per scrivere qualche cosaa la E. V., de quello che in questo loco haveva inteso de la Cesarea Maestà e de le occurentie de questa

MÂXIMILIEN ET LUDOVIC SFORZÂ 73

goerra, ma essendo arrivato uao cavallaro expedito da Augustin o quale vene a la E. V., et havendo aperto le lettere et inteso più chiara- mente 11 avisi di quelle cose, me ne remetto ad quello che lui scrive ; sapendo che ritrovandosi lui in facto, el scrivere suo è più fundato sopra el vero che non poteriano esser li avisi miei, quali non sono nmdeandUu. Questo non omettero già che non è toccato da Augus- tÎDo, como, eie *

12

Ludovic Sforza à OioTanni Colla ambassadear milanais en Allemagne'

(MUan, 5 mai 1491)

ZoaDoe, dal cavallaro quale arrivô heri raatina, havemo recevute le tue de* 24 e 26, et inteso quanto ne scrivi, restamo molto satisfato

de! officie perte usato Con medesmo studio continuarai per havere

booaevera noticia de quanto occorrera alla giornata et tenercene ivisad partie ularmen te. E perche volendone tu avvisare di cessa ilcaoa sécréta mente el posai fare, te mandamo uno scontro de zifra comohai domandato, del rccevuto del quale ne darai aviso; accio sel neoccorrera ancora noi volerti scrivere cossa coperta,el possiamo fare; le poste non ce pare di mettere perche non vorriamo dare suspec- tioae a questi Alamani de qua et mettere a periculo che le lettere pas- Mndo per Monbraia fossero intercepte.

A qaelli rev'^ emag<^* regenti, perla risposta quale te hano facto, dirai

che non se punto de la observantia et amore quai se per-

auadeno portamo allô Ser. mo Re nostro, quale è tanto che non porria ftasere maiore ne più cordiale, e che intese le due peticione ne fano, ^la prima dicemo che havendo noi mandate nostrinuncii a Coyra et a* Saiceri.con la commissione che hano inteso, cou significatione del desi- derionostro che le cosse se agenisseno, et oiferirli, se li parevausare, 1 operaoostra, non sapessimoche consilio dare aile loro Signoriesenon che,e88eDdo epse prudentissime et havendo avisato dil tutto la Maestà Cesarea da la quale rasonevolmente deveno hora havere res posta se

'Milan A.d.S. Potenze E.<t^re. Get^mania, Copie. «Exemplum littera- rumD. Marchesini Stange ad illustrissimum. D. ducem Mediolani. La s^tede cette lettre est imprimée par Motta, Battaglia di Calven e Mais, doc. IX.

' Milan /A/rf. Minute originale. Peut-être Inachevée: le texte remplit exactement quatre pages et finit au bout de la quatrième.

71 MAXIMILIEN ET LUDOVIC SFORZA

rtimotlorno a loro, e se melio sapessimo che dirli el fariamo como sel fiiMMA noMtro intéresse particulare.

Qiianlo alli 2()m.fiorini de Reno^qualine doroandanoin pre8tito,li dirai c*he voluntera vorriamo trovarce in termini de posserli in tatto Hniisfaro o cho se bon siamo in le guerre e spese gravissime che sai, co- mo 110 lorivo haverli declarato et le dirai de novo, nondimeno è taie la oliHorvantia nostra verso la Ccsarea Maestà, (con la fortuna de laqaale ^ Nontpro Mlato et è in noi proposito firmissimo de haverli accompa- iriinta Unoslra),ohe se bon non possemo havere tutto quello vorriamo 0 no iirory.tMno Tare più cho possiamo e siamo contenti prestarli per adonno rj m. fiorini do Keno, a terniino fin a Natale, quan do le cosse \\\\\\ «iino n^sotato et se continui la guerra : ma li pregarai voglino If^m^rt) iu *(>la oossa secretissima, etessere contenti per satisfactione lu^stra ^iurar^ di non lassarla iutendere ad alcano altro se non alla M^fatjk OoAanNi av^la, per ovitare el pericalo e maie quale se ne porria K\vra »^);ruir^, quando Orisani o Suiceri lo intendeasino ; trovandone noi Kax^rli \vnHnanli al stato no^tro in tanti loci quanti tn sai, con faci- hU d^ >v)ur«^ a m^stn damni; ^ (>er questo« acio che in lo dare qaesti «lut'^ii u^^u «^ *cs>pnj^<> la vwa«a, voglino redere sel fasse quando a MUa)^%^ >)ualoh^ u^^rvadaat» v> alir» p^r met«> del quale se li possino fari^ Kax^ry^ «tN^n^lam^DW» qu<^ti d^^nari^qaali noi li dai^^mo, ockealtro hxxvKn li \va:><^ *^n^T># A^*iv^ nx>a $* ?s>$«i iatMiienr, Adrertendo le S. <*,^,^ï^# *ttv^ >>S* j^W' U T>^«:^ut:»^^* z^ siî»^ nia^aiie obbgadone in Hhv^^^ ,^,^ U \V*af>M Ma^^u <" i; ,^^1^* ^:««it:» 6e Wsorac, como ce Wa> ;i^n v^"'' ''*='^***^ ^* i'^'" >>5<v-^^>^ <^: >?e 3i* K T^;<rjAnè m fiare; dioen- ^*<^ V 'V****^ >''V xvc-t tïï>,^ #»; ^^«c rofraii!r> It Su^orîe Iopo ad ^>*A < 4^**,^ >SNVc«ry«Me ^irt^ .; 0,**$^ V^ vslax; .x»s àessÈ»? Fasac*^ adstro ^SN»,':^^ ;svv ^ w< ^jWsj.*,'' »^ »K**v<«»m>* f«rrw *;«« «ïra»^ ia sostro *-iî«^,^ xjsr^^^ï»,^?!»^,'^. r* ^W ^i;»ja>ii^ X. >^ IW i* JafTA rra&a ebe le

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MAXIMILIEN ET LUDOVIC SFORZA 73

BÎto de Gallerate, in soUicitare a Roma expeditione nostre spéciale et anche denostri familiari, equella trovata promptae fidèle, mentamente loamiamo e siamo inclinatead favorirloin ogni suo honeato desiderio. Per tanto, intendendo como lui desidera baver licentia de la Sig. V* di posser uaar ia Milano de le expectative per esso impetrate, ce parso licomandarlo a quella ; e cossi la exhortiamo et pregamo che, a com- placentia noatra, gli ne voglia corapiacere; perauadendosi che, per esaer

dicto preposito persooa ben mérita de nui, concedendoli la Sa V. questa

spécial gratia, ne fara cosa molto grata.

Ex Friburgo, iv maii 1499. Ge. Gadius.

14

Le duc de Milan à Maximilien *

(6 mai 1499)

Questus est graviter apud me Eneas de Gerenzano, filius Nicholai, mis et mercator noster mediolanensis, ablatam fuisse superioribus meosibus ex locia Francie per Nicholaum Stand, nuncupatum Felicem <ie Nerimbergo, subditum sacri imperii, certam pecuniarum quantitatem ipsius mercatoris mei, et ab eo nunquam pecunias ipsas consequi po- taisse; et practerea supplicavit mihi ut eura Cesaree M.ti V.re pro ea- nim assecutione comendem ; itaque cum mihi obscurum non sit quod displicent M.ti V.re qiia} indebite fiunt, hune mercatorem meum et qoantum enixius possim comendamus, rogamusque eam utei, jusiicie causa et mee intercessionis respectu, imperare dignetur ut comperta veritate crediti hujus mercatoris mei contra ipsum Nicholaum de No- rimbergo, ipse cogatur ad eam reslitutionem seu satisfactionem quse justaetconveniens fuerit, una cum legitimis impensis, sicuti Majesta. tem Veatram facturam plane confidamus.

15

Ladovic Sforza à sa nièce Blanca Maria *

(MUan, 9 mai 1499)

Sono avisato che la M. V. hascripto al R.mo et ill.mo s.re vicecan- cellaro mio fratello et ad altri, in favore de uno per la coadiutoria in

* Milan. Ibid. Minute originale # Ser"" régi Romanorum i. ^ Hilan. Ibid. ; minutes originales, c Régine Romanorum. »

76 MAXIMILIEN ET LUDOVIC SFORZA

lo vescovato de Gurza, la quale è stata promissa al exe. M. Petro da Triesta, adinstaatiadelser.mosignore RenostrOySe bendopoi el cardi- nale Gurceose, quale sponte haveva domaadato coadiutore, se sii ma- tato ; delche la Cesarea Maestà non è mancato de opéra alcunaper fare fare la expeditione in M. Petro, e non volendosi inclinare el cardinale, epso ha facto tore in se li fructi del dicto vescovato et li fadarea M. Pe- tro. Credo se la M. V. havessehavuto noticia di questoinche èfirmata la volunta de la Cesarea Maestà, non haveria scripto contra M. Petro, û per conformarse ad epsa, si per esser M. Petro bon servitorc et affec- tionato a V.Maestà, et anche per respecte mio,sapendo quanto Tamo e quanto li sono debitore. Et pero, ultra quello chel ser.mo signor sac consorte ha più volte scripto a Roma per M. Petro, corne ho facto ancora io et opéra de continuo per fare reuscire questo effecto, prego la Maestà Vestra che vogli scrivere al p.to signor vicecancelaro et alli altri a chi havesse scripto per alcuno circa dicta coadjatoria,cheL ha facto non intendendo quello chel ser.mo suo consorte ha scripto per M. Petro, e che non volendo lei se non quello piace a sua Cesare& Maestà anzi desiderando con epsa che M. Petro la habia per lamor li porta, pregi se vogli fare omne opéra acio non se differischi più la. expeditione di epsa coadjutoria, et in questo la Maestà V. fara etiam a me singulare piacere.

(Milan, 12 mai 1499)

Non è stato fora de la expcctatione nostra che la Maestà Vra se sia recordatade nui,giuncta che lafu al ser.mo signor suo consorte e mio signore, e che Ihabia facto quello bono officio quale me scrive, per- che Tamore quale sempre li ho portato me fa certo de dovere expec- tare da lei bona correspondenlia e pero resto consolato de tuto quello che la mi ha scripto, certificandomi del bon animo de la Cesarea Maestà verso mi, alla quale io ancora sono per esser sempre obse- quentissimo. Ringratio la Maestà Vra del bono officio suo e pregola quando li accade la opportunita ad continuarlo, perche la sene trovera sempre ben contenta [c se di qua li e cosa che la desidera non mi po fare magiore piacere come di ricercarme, perche me sera sempre grato fare cosa che li piacia, e cosi expecto per la proxima caval- cata la mi ricerca de qualche cosa] ^

1 La partie entre [ ] est d'une autre main que le reste de la minute, et d'une écriture beaucoup moins lisible.

MAXIMIUEN ET LUDOVIC SFORZA 77

16

I«adoTie Sforza à Marchetino Sianga i

(Milan, 14 mai 1499)

M. Marchesino, havendo noi mandato el nostro ia Ast per quella

differentia de Astesani cum Genoeai, quale, como seti informato, cercamo

deaBsettare per via de compositione^epso ne ha mandato li inclusi

exempli de lettere scripte da Tedeschi a M. J. Jacomo, e ne ha scripto

QDO discorso factoli de epso con significatione de avvisi havuti de

FrtDza,como si contene in la copia similmente qua inclusa. Del tutto

fireti participatione alla Cesarea M. ta, secundo havemo facto noi qui

il R. M. Petro, e li direti che, quanto al discorso de M. Jo. Jacomo,

non gli facemo gia significare, perche la veda li stimuli havemo de

aeeordarsi col Re, col quale non porriamo fare tanto bene che non

lo chinassimo inante, essendo lo immutabile proposito nostro de

legairesolo la volunta de sua Cesarea Maesta, ma perche da la persua-

lioneqaale voriafareM. Jo.Jacomoaddictoaccordovedesiranimosuo,

echeseben cognoscemoel periculo inloqualese mettemocumFranza,

Msendo el Re di la mala dispositione e proposito che se sa di

fsniecootra, et havendo dal altro canto Suiceri e Grisani indignati

verso noi, como da ogni canto siamo certificati e voi vedereti per li

ami vi mandamo per questo cavalaro et in scripto per li predicti

exempli, in liquali se cognoscera le minatie quale fin adesso ne fano

per la probibitione li havemo facta de le victualie e per le altre cosse

^moperla Maestà Cesarea come non diremoessendolinoi deTaffec-

tionee servitù che siamo el havendo havuto questo stato da lei, siamo

tnche per exponerlo ad omne periculo, non havendo rispecto alcuno

ne a minacie de Francesi ne de Todescbi ne de altri ; e lo facemo e

perlobligo e per amore, confidandone che non manco amorevolmente

la M. ta Sua non habia in qualuncha travaglio ne occorrcsse abbando-

nime, ma conservare galiarda mente quello ne ha dato. Ce pareria

ben emolto a proposito ece saria gratissimo che epsain questa dieta

se ha fare a Uberling facesse in nome de S. Mtà e de tutti electori

ne fosse scripto, demonstrando che, sapendo quanto siamo affectio-

Bato e bono et obsequente principe del imperio, ne amano, et che

facendo noi quello che facemo in questi movimenti como siamo stati

ricercati li e gratissimo e ne certifîcano e promelteno che, da qua-

lanch.i travaglio ne sequesse per questo, ne in altro chi ne volesse

* Milan. làid. Minute originale cD.Marchesino Stange.v

7 8 MAXIMILIEN ET LUDOVIC SFORZA

offendere adesso o in altri tempi, ne haverano sempre in singolare protectione e galiardamente fara al aiuto e defensione nostra, et pero ce confortano stiaino de boDo animo : laquai lettera dirai alla Cesarea Maeslà che a noi giovara assai e credemOyintendeDdosi questadisposi- tione e proposito del imperio verso noi, chi ce ha mal animo dovera andare più retenuto et anche in Italia ne dara reputatione; laquale quanto sara rnaior, sara tanto più a auo proposilo'.

La Cesarea Maestà ultimamente ha scripto ad M. Pietro e factonescrivere da Augustino, como haveti veduto; e. seben estimamo poco necessario replicare piùquesto, non dimeno, la iinportantia de la cossa ne strengapur a dirlo che di novo pregamo Sua Maestà ad famé intrare in la lega de Suevia et fare che, in qualuncha appunciamento se fucesse con Suiceri e Grisani e cum Francesi, noi siamo inclusi e restiamo con sicureza de non havere sentire travaglio c recto de intrare in la liga di Suevia ; el dicemo tanto più che, quando Suiceri facesseno pensiere \di fare '/] questi moviinenli verso di noi per vin- dicarsi, sapiano che haveriano contra et Suevi et Imperio, e pero fossero necessitati abstenersene.

E perche in dicti avisi e li altri havuti de Savoia,è significato quelle vedereti de lo illustrissime archiduca, noi estimamo essere stato pruden- tissima considcratione de la Cesarea Maestà laverli lassato di la al fine che in dicti avisi de Savoia è giudicato, non di meno ne sara grato ne chiariati bene de la cossa como è, e sel archiduca havera mandate a far qualche ambassata in Franza como è scripto, o pur solamente parole générale, e si noudimeno sii et habii essere col padre quello che deve, e tutti li di passati è stato affermato chel sara celui.

17 Marchesino Staoga à Ludovic Sforza ^

(Undau, 17, 21, 23, 28 mai 1499)

Ill.mo et ex. mo signer mio obser. mo, la causa per laqualo la Cesa- rea Maestà me ha ricerchato è stata, secundo che epsa me ha dicto, per volere declarare etaprire alla E.V.lo intrinseco suoe demonstrar- li che de la conservatione sua e del stato ne la quella memoria e cura che ha de l'anima de Sua Maestate e d«3 le cose proprie, e cossi me ha

1 II y a ici cinq lignes effacées par rhumiditc.

* Milan, A. d. S. Pot, Kst. Gevmania. Dépèches originales. La première (la plus longue) est briùvomcnt résumée pur Molta. Uatlaylia di Calven e Malzy 16, p. xviii.

MÂXIMILIEN ET LUDOVIC 5F0RZÂ 79

gignificato che, havendo di continuo portato amore singolare alla E. V.ra e continuando m questo più che roay, sapendo di cerlo e vedendo chelRediFranza è deliberato di occupare el stato délia E. Vra,ha bene eoDsiderato ed in se exainiDato tutti H mezi et modi cum liquali epsa posta redimere questa vexatione, cum assicurarsiper sempre ; et perho, ▼edendo la Maestà sua che ley è extenuata per le pressure de le goerre passate, e per queste che de présente ha con Suiceri, non po per via alcuna dare aiuto alla E. V., como séria el desiderio suo, et sa- pendo che ne per via del duca di Burgogna suo fiolo po dare contrapeso alcuDO al Re di Franza, ne dal iroperio se po expectare soccorso alcuno, (perche, se bene la Maestà sua è imperatore, non di mancho ha solum lotitoloet la dignitàet non la obedientia), dice non vedere altro remédie qasle sia apto ad poterla salvare, cha a fare lega e confederatione cum l&liga de Svevia : la quale essendo de la potencia che è, et havendo de présente con questa guerra che ha con Suiceri, tutta volta che la E. Y.siacolligata seco,oltra che la ruina de Suiceri se possa tenere certa, qaando accordio havesse mai ad seguire, sera cum condilione tanto fera\e et stabile che el Re di Franza non potera mai valersi de Suiceri ; etquando Suiceri non attendessero le conventione, sera talmente capi- toliito cum la lega de Svevia che mettendosi Suiceri alla offensione del stato de la E. V., la Lega li movera sempre guerra ad loro ; eilendendosi la Maesta sua sopra questo molto longamente, cum dire cbe non saperia se non confortare et amorevol mente licordare alla E. Vra ad fare questo effecto, senza el quale si como epsa posseva tenere certa la ruina del stato suo, essendo el Re di Franza de la potencia che è, cossi facendolo posseva assicurarsi de havere remedio il caso suo et estimare de liberarse del Re di Franza e de' Suiceri in nno tracto, perche Francesi senza Suiceri non erano homini da fare impresa, et havendo Suiceri contrapeso de la qualita che è la lega de Svevia, havevano de gratia ad remanere in casa et cultivare li paesi loro, senza cerchare stipendio ne movimenti de guerra, e cossi sopra queito la Maestà sua volse che io scrivesse quelle li pareva se havesse ad fare per venire a lo effecto de questa liga. La quai scriptura io feci secundo lo ditato de S. M. e sera qui alligata ; e finito che io la 6bbi, epsa me disse li volesse declarare quello me ne pareva e quelle ™e persuadeva che la E. V. dovesse fare. Al che io respose : che Cisendo questa una propositione de la quale non havendone la Ex. ^ra noticia alchuna, non me ne posseva etiam havere parlato ; non Mpcvane posseva fare judicio de Tanimo etintencione sua, per quello Dio che ad me occorreva improvisamente, diceria che la E. V. inten- dendo la cura e studio quale metteva la Maestà sua alla conserva- tiooe del stato suo, questo séria collocato appresso al cumule de le âltre infinité et immortale obligatione che la Ë. V. si senteva havere

80 MAXIMILIEN ET LUDOVIC SFORZA

alla Maestà saa, non dovendo esserede minore consideratione appretao

ley che la cerchasse conservarli el stato che el rispecto de havergelo

concesso. Subjungendoli che, se bene la Maestà sua diceva de non

potere dare aiuto alla E. V. alchuno, non dimeno epsa sperava, ed io

me persuadeva che tutto quello la potesse fare e cum la forze e cum la

auctorità, lo faria; et descendcndo poi al particulare de le conditiona

questa lega, io disse che, se ben sapeva che la G. V. vederia volunteri

et coDsideraria le propositione di sua Maestà, nondimancho quanto ad

me le giudicava impossibile e periculose ; impossibilc perche, havendo

la E. V. Francesi aile spalle,la nécessita la stringeva ad preparartî

senza dilatione et ad dovere provedere aile gentedarroe sue ; e prove-

dere alli denari che la Maestà sua tocha in le propositione, sapeva

certo non esserli modo ne via periculosa ; perche, essendo Suiceri de la

natura che sono e tanto vicini alla E. V., quando epsa facesse démon.

stracione de arme contra de loro, poteriano munire li loci quali sono

verso Sua Maestà per starne sicuri, e de Taltro canto metterti alla

offensione de la Ex. V. ; laquale séria de tanto magiore momento

quanto che da una banda se trovasse havere Francesi in casa e de

Taltra Suiceri; concludendoli che, per intrare in la lega de Svevia,

sapeva che la E. V. ne séria contentissima quando la potesse intrarli

cum le condicione e qualità che li sono inclusi li altri principi ; e più

oltra li affirmava che, quando la S. M. parti cularmente voleste cosa

alchuna de la E. V., se senza essere ricerchata epsa haveva subvenuto

li soi in questi bisogni, molto mazoremente et più voluntera lo faria,

intendendo la volunta de Sua Maestà. Âd questa mia resposta, epsa

replicô che ley per lo peso de questa guerra de Suiceri, non poria aiutare

la E. V., ne de Burgogna ne dal Imperio bisognava che epsa expec-

tasse succurso alchuno ; che, quello la poteria fare cum la auctorita

lo faria si corne faria cum le forze quando potesse, ne per el particulare

Buovoleva cosa alchuno; perche se la E. V.li desse denari a ley tutta-

volta che li occorresse bisogno di essere aiutata, non possendolo fare

la Maestà sua se reputaria a grandissimo caricho havere tolto li soi

dinari e non aiutarla, e perho che ad questa lega confortava la E. V.

per bene suo e non per altro rispetto, dicendo che se Francesi li

movcvano guerra, bisognava che la spendesse e stesse in periculo de

ruînare e se adesso apenderia bene uno pocho fora del bisogno suo, ne

posseva expectare securita, et farelo quale sentiria omne dicrescere

ad magiore beneficio suo. Et havendomi la Maestate suarichiesto chel

parère mio quale li haveva dicto ad bocha lo volesse mettere in scripto,

perche lo potesse examinare, io lo fece et sera qui incluse. Et havendolo

la M. S. tenuto uno di,me mando poi a dire per el Langh che per

omne modo perhisteva nel proposito suo, che la E. V. facesse quello

che epsa li ricordava e proponeva.

MÂXIMILIEN ET LUDOVIC SFORZ/L 81

Inquesto rasonamento havendoroi la Maestà sua resposto che quello poteria fare ad benefitio de la Ex. V.ra. cum la auctorita lo faria, nii parse ad proposito tocharli due cose ; Tuna sopra el particulare de lo Papa, e Taltra sopra la venuta de quattro ambasatori francesi quali aspettaS. M. E quauto a le cose del Papa, li disse che epsa do vevahavere ioteso le pratiche quale erano state fin qui cum Sua San- tità per tirarlo al benefitio de le cose de Italia e fare lega cum Sua San- tità, Re Federico, la B. V. et Fiorentini, e che havendo dicontinno dato bone parole e da Taltro canto sollicitato el Re di Franza alla impresa de Italia, e continuando in questo più che mai, se hene se era fin qui expectato de intendere la finale dispoaitione sua, non di maocho s'è era anche pensato como poterli levare el modo e la via de fare maie, quando se vedesse che oltra chel sia inslrumento de la ruina de Italia, volesse mettersi alla executione del suo malo animo e perho che ha- vendo laE.y. consultato insieme col Re Federico la provisione neces- aaria per assicurarsi de Sua San tità in caso che Francesi passasseno in Italia, giudicavano et havevano rasonato sehavessino ad temptare le arme spirituale e temporale per levarli Tadito di fur maie; e quando al spirituale, havendo lo Re di Spagna facto quelle che la Maestà sua doveva havere inteso, se la Maestà sua cum lo imperio facesse lo mede- simo, pareva potesse cedere ad graudissimo proposito per moderare li desordinati appetiti del Papa. Quanto al temporale, eravano in pen- siero, como se mettesseno Francesi adpassare, de assecurarse de sua Santitàcum la forza, e deliberando la Maestà sua mandare homo ad Roma, se epsa mandasse homo de auctorita et armigero, quando havesse facto la opéra spirituale e non giovasse, poteria ad nome de S. M. e de lo imperio mettersi alla executione del temporale cum le gente del Re Federico e de la E. V., che séria senza spesa de Sua Maestà, e tutta la repntatione séria la sua e del imperio ; cercha la venuta de li ambasatori francesi, li disse che, essendo per li avvisi venuti ben chiara la mala dispositione loro contra la E. V. et quasi in facto le preparatione sue, la Maestà sua posseva declararli che intendendo e vedendo quelle se voleva temptare contra Milano, li certificava che cum la persona propria e cum la forze sue e del sacro imperio, era per pigliare la protectione de la E. Y., lassando tutte le altre imprese da canto, e che non seriano tanto presto alla offensione sua, che cossi pres- to la Maestà Sua non fusse e cum le forze e cum la persona in aiuto del stato de la E. V. Et in questo li rechay el rasonamento facto in Brera col Rdo M. Petro da Trieste, ricordandoli che adesso séria lo tempo e la occasione, magiore che may in alcuno tempo se putesse expectare, de moderare la ambitione de Venetiani et ampliare la dignità e stato de Sua Maestà cum farli intendere che la E. V. non havendo ad guardarsi indreto fana cognoscere alla Maestà sua quanto

6

92 HAXIMILIEN ET LUDOVIC SFORZA

la desideri la exaltacione sua, e corn qoale forze et TÎgore aiataria qaesta impresa, distiDguendoli la facilita d'epsa impresa cosi per la nécessita ne laquale se trova la Signoria de Venecia, anichilata de denari, de gente darme e cam lo timoré del Turco, como per la ria quale hareria la E. V. de mandare le gente d*arme sue fin sopra le porte di Verona, e perho che in questa venata depsi ambaaatori frmn- cesi doveva vedere se la posseva introdure qualche tregoa per doi o tre anni col Re de Franza la quai fusse de qualita che la Ex. V. potesse stame secura ; e poi la M. S. se mettesse in queata impresa perche gli ne reusciria tal fructo che qnando poy la Yolesae fare contra el Re de Franza, haveria tanti aiuti e modo da per se che quello poteria essere difficile adesso séria facile ad altro tempo.

LaMaestà sua, sopra le cose del Papa me respose che le opère diSua Santità erano veramente aliène da quello chel débite del offîcio suo recerchava, ma che, trovandosi adesso epsa in questi frangenti de gtierra, non li pareva de irritarsi el Papa, ma ezpectare de temptare lo spirituale in altro tempo ; la quale cosa confessava spectare al officio suo e voleva farlo; e quanto a temptare el temporale, disse che, facen- dosi movimento de arme contra el Papa, judicava fusse bene consi- derare che questo non movesse più el Re di Franza alla perturbatione deltalia, quali potevano pigliare colore de fare contra la Ex. V. per aiutare el Papa ; cercha la venuta de li ambaaatori francesi, la Maestà sua molto largamente rispose che la faria lo effecto per me ricordato, infarli intendcre che la era per mettere la persona e le forze per aiutare e defendere la E. V. E quanto al procurare de fare tregua per fare quello altro effecto, me rispose che Francesi cento volte le have- Yano offert! partiti grandissimi e volevano lassarli Venetiani in preda, lassando la Maestà sua la E. V. e che may li haveva voluto consentire ; cnm dire che, quando de novo volesse attendere aile propositione sue, lo faiiano più che mai, ma che la intencione sua è sempre stata et ô de non lassare V. E. ad discretione ; et se bene sapeva che parlando de questa tregua non ne cavaria el fructo che la E. V. desidera et lej voria, non dimeno lo voleva temptare de novo, dicendo che e questo e tutte le altre cose quale potesse fare per dimonstrare la grandeza del amore suo alla Ex. V., lo faria promptamente et de bon core, tochando in fine che questo che haveva proposto de la liga era la sainte sua, e ch*io dovesse da parte de S. M. significarlo alla E. V. ; in bona gratia de laquale continue me ricomando.

Ex Lindo, 17 mai 1499. Ezc.me 111. me Dominationis vestre minimus servitor

MarchesinuB Stanoa.

MAXIMILIEN ET LUDOVIC SFORZA 83

Poêt êcH^ta: Sopraqueste propositione de la Gesarea Mae8ta,io ho respoato quello che la B. V. vedera, e me è parso depingerle impos- sibile e pericalose; perche, oltra che cossi sia el débile judicio e vedere mio, lo havere da me improvvisamente risposta in questa forma, dara manche carico alla E. V. in non acceptarle quando non li piaciano, como credo non farano e perche nel scrivere non si po cossi extesa- mente distinguere tutti li rasonamenti, ho anche parlato in modo che la Maesta sua non resta se non bene edificata de la Ex.tia V.ra ; e qaando epsa non acceptasse gia quello che ha proposto, credo non habia ad restame con mala opinione, excusando la cosa cum qiielli modi e termini che la R. V. per la prudentia sua sapera fare. lo non sono Yoluto intrare in menti de pratichare questa cosa per abazarla, azio la Maestà sua non si fusse persuasa chio havesse el parère de la E. y. in pecto et havesse voluto merchantarla, benche più prin- cipalmente lo habia facto per non parlare ne pratichare quello de che non ho commissione, e perche nel parlare mio propose alla Maestà sua, se particularmente voleva cosa aichuna,lo déclarasse che la Ex. V.ra lo faria. lo mi mossi ad questo per levarla fora di questa propositione, e tractare cum lei quella offerta che me haveva commisso la Ex.tia V.ra li dovesse fare, ma havendo la Maestà Sua dimonstrato essere in tutto aliéna da questo, se ley vora mo con- vertire quello ch' io doveva ofierire in questa propositione e fare o piu o roeno questo stare allô arbitrio e deliberatione sua, havendo ad essere le parte mie, sforzargmi cum quello pocho ingenio che Dio et la natura me hanno dato de satisfare allaE. V., laquale, se in quello che fin qui è stato tractato, restasse pocho satisfacta« ascrivera el tutto ad ignorantia et non alla dispositione mia; laquale in le cose delà E. V. è quella che deve havere uno chi lo essere suo ricognosca da chi lo ha havuto dopo Dio.

Questo posso certificare alla Ex. V. che sel acordio se fara mai cum Snjceri, epsa li sera inclnsa per havere serra te le victualie secundo Tordinatione e volunta del imperio ; et appresso, sel se bavera per alcuno ad fare praticha di questo accordio, la Ex. V. lo fara o in- tervenerano segni soi al tutto, perche cossi me ha certificato la Gesa- rea Maestà ; laquale, per quanto posso comprendere e conjecturare de Tanimo e dispositione sua, non è per fare ne cerchare accordio alchuno se prima non prova in qualche bonu bataglia quelle possa sperare di questa impresa, et benche el Langh dicesse ad Augustino Somenzie che la Maesta sua era contenta che la Ex. V. ra ne disse quelle la possevafare in la praticha de questo accordio; nondimeno io trêve la Maestà sua alienissima da questo, salve se extrinseca- mente non dimonstrasse una cosa, nel pecto ne havesse un altra ; che non credo.

84 HAXIMILIKN ET LUDOVIC SFORZÂ

El discorso de la lettera longa la E. V. lo potera liberamente communicare ad M. Petro da Trieste, perche cossi mi ha dicto el Langh da parte de la Gesarea Maestà ; et alla 111. S. V. me ricomando

Data ut in litteris. Idem servulus.

(Undau, 17 mai 1499)

In Lindo die 17 maii 1499.

Serenissime et invictissime Cœsar,

Visis et bene consideratis articulis propositis per sacratissimam Majestatem Vestram in negocio Lige Sue vie, quoniam de his quse tan- gunt ill. mum D. Ducam meum sententiam meam in médium afferre Majestas Vestra jussit, et si illustrissimi Duels iste partes sint nec ego deliberationem Ezcellentise Su» in rébus novis neque intellectis nec sciam nec recte judicare possim ; ac tamen Cesarese Majestatis V. mandatis parère volens, quse mihi occurrunt explicabo : hoc unum pro certo habens illn^m Dominum ducem proposita per serenissimam Majestatem Vestram reverenter auditurum et intellecturum. Duo sunt in Liga Suevie per Ser. mam M. tem V.ram proposita : obligationem ill. D. ducis concernentia, scilicet quod Elvetiis claudat victualia et contra Elvetios ponat sex milia bellatores, quattuor Italicos et reliquos Alemanos, et quod donec isti sex milia bellatores sint in ordine, det quinquaginta milia ducatos modo Lige Sua\ ie.

Super commeatibus Heivetiis impediendis, Ser. ma M. tas Vestra proxime intellexit ill. d. ducem, audita Majestatis Vestrse et Sacri im* perii deliberatione et voluntate, se ejusdem sacri imperii principem obedientissimum ostendisse ; sperans quod, cum ejus sacri imperiî membrum sit, si cum Heivetiis aliquo tempore res componerentur et concordia fieret, Ser. mam Majestatem V.ram ac sacrum imporium in omni compositions sui rationem habituram, et in conditionibus et ca- pitulis firmandis securitatem Ex. tie sue inclusuram.

Super capitulo sex milium bellatorum et quinquaginta milium duca- lorum, cum ill. mus dominus dux meus bellum régis Francie ante oculos habeat, judicio meo impossibilia sunt quse proponuntur et in novo pe- riculo res suœ constituereatur ; posset enim eodem tempore et régis Francie et Helvetiorum bellum ex pec tare, qui, cum inlimitibus Domini ducis sint, cum parva manu dominium suum invadere possent, et in uno die incendere.

Et quoad L. milia ducatos, cum Dominus Dux ad bellum contra Gallos sustinendum se preparet, non bene video quomodo ista simul

MÂXIMILIEN ET LUDOVIC SFOBZÂ 85

stare et convenire possint. Hoc tamen scio quod DomiDUs dux si in Liga Suevie poterit includi eo modo quo alii imperii principes inclusi sunt, excellentiam suam portioaem sibi spectantem quam honestam esse putaverit libenter satisfacturam.

(Lindau, 21 mai 1499)

Illao et ex™* sig. mio obser"**»,

lo credo che la Cesarea Maestà bavesse dcsidcrio de parlarmi de la fiola; laquale cosa non ha facto, perche M. Matheo L»Dgh in dicorso di parlare, questa uUima volta cbe è stato a lo alogiamentomio,meha dicto chel bisognava che uno di lui et io dessimo moliere a V. Extia: laquale parole indubitatamente me ha usate per attaccarmi, e per Yedere como mi moveva ad questa propositione : quello ch'io li ho resposto è stato che son certo la E. V.trovarsi in dispositione de non accompagnarsi mai più, e persuadermi che lo habia facto per voto ; et liho subjuncto como non pensando altro la E. V. che fare cognoscere alla Cesarea Maestà quale sta la observantia sua verso epsa e quanto la desideri, che è per li tempi presentie per li futuri, si cognoscaessere una cosa medesima el stato de la Ex. V.ra cum quelle che hano ad venire dreto ad Sua Maestà, me ha commisse li debia parlare per fare parentato cum lo archiduca di Burgogna per mezo de la fiola nel ill sig. conte de Pavia ; quando alla Maestà sua paresse questo havers ad fare ad satisfactione sua. Âl che me ha risposto che ne debia per omne modo parlare alla Cesarea Maestà. Laquai cosa io faro como mi accada la opportunita, e me è parso dire questo ai predicto M. Ma- theo, perche, cognoscendo me hâve va usare quelle parole per vedere como mi moveva, possa referire quello li ho dicto et excusare la prima propositione.

Alla m. S. V. continue me raccomando.

Ex Lindo, 21 mai, 1499. E. Ill"* D. y. minimus serTitor Marchisinus Stanoha. *

Suscription : lU"» principi et ex"» d^o D*' mec unico D*" Duci Me diolani. In manihus propriis.

{A suivre»)

L.-G. PÉLISSIER.

VARIETES

La Société des « Langraes Romanes » à Bonn

Mon chbr Dirbgtbur,

La Société des Langues Romanes m'avait chargé de la repré- senter au jubilé universitaire de notre confrère, M. W. Fœrs- TBR. Ce n'est pas le lieu de dire ici pour les austères lecteurs delà Revue les menus incidents du long voyage de Montpellier à Bonn. Tout au plus me permettrai-je de dire que le soleil du Midi m'a accompagné jusqu'au bout et que les vallées de la Sambre et de la Meuse étaient bien belles, par une après-midi d'octobre, avec leurs frondaisons multicolores. Un mot encore au sujet de la diffusion du français : à Herbesthal, au moment du départ, le conducteur allemand nous invita à monter dans e train par cette formule : Und jetzty Heine Herren, en avant deux/ Cette expression de troupier et de maître de danse, transportée au-delà de la frontière, m'amusa beaucoup, et comme je le félicitais sur sa connaissance du français, il ajouta après le hertig sacramentel : on parti Nouvelle surprise; mais je n'en eus pa^ d'autre de a genre jusqu'à Cologne: c'était tout son bdkgage de fr mçais et nous ne conversâmes plus que par gestes ou en allemand.

Lafâte uuiversitairj, 'jui eut lieu le 26 octobre, fut des plus simples; c'est à Tinsu du jubilaire qu'on l'avait préparée. M. FcËRSTsa fut très sensible à TaUention qu'avait eue la Société des Langues Romanes. Il avait reçu à l'occasion de son jubilé de nombreux télégrammes et de nombreuses adresses: parmi ceux de ses collègues étrangers il fut tout heureux de me montrer ceux de M. Gaston Paris et de M. A. Thomas. Le Félibrige Latin avait envoyé une longue poésie du poète Charles Gros, si je ne me trompe ; notre confrère y était anobli et s'y appelait Wendelin de Fœrster et des strophes harmo- nieuses, en pure langue du Cla]>as, lui rappelaient son séjour à

VARIETES 87

Montpellier et ses excursions à Saint- Guilhem et dans les environs.

Les anciens élèves de M. Fgerstbr lui offrirent une très belle adresse sur parchemin : la première feuille contenait d'admirables reproductions des miniatures des manuscrits de Chrestien de Troyes : parmi les signataires on remarquait les professeurs Mohrsbach (Gôttingue), 6iillbring(Bonn), docteur Stefrens(Bonn), Lenz (Santiago du Chili), docteur Zacher, cor- respondant de la Gazette de Francfort à Rome, présent à la fête ; parmi les signataires français le docteur Gaufinez, professeur de littérature française à Bonn, le docteur Friedcl (Paris) et moi-même. Le Sénat Académique vint en corps présenter au professeur Fœrster les félicitations de ses collègues do TUni- versité et le Hector Magnificus rappela, dans un langage élevé, ses nombreuses contributionsàlascience. Enân, unedélégation du Neuphiioiogenverein en costume de gala bottes vernies, dolman et rapière vint aussi présenter ses hommages à son président d^honneur.

Un grand banquet réunit le soir dans la Leslhalle autour de M. Fœrstbr ses collègues, ses élèves et ses amis. Le profes- seur Schaarschraidt, conseiller secret, ancien bibliothécaire en chef de l'Université, rappela en quelques paroles émues les services rendus à la philologie romane par son collègue. Invité à parler, je prononçai les paroles suivantes :

Cher Monsieur Fœrstbr,

Im Société des langues romanes a bien voulu me déléguer pour vous apporter ses hommages et ses félicitations. Il n^aurait pas été difficile à la Société de choisir dans son sein des membres plus dignes que moi de cette mission : je ne sais si elle en aurait trouvé dont Testime fût plus profonde et la sympathie plus sincère.

J'ai appris à vous connaître dans notre Midi ensoleillé, dans cette bonne ville de Montpellier vous comptez tant d'amis. Vous n'étiez nullement dépaysé dans ce miliieu de méridio- naux. Votre gaité et votre belle humeur étaient égales à la nôtre. Aussi ma première visite en Allemagne fut pour vous. Ce n*est pas le lieu de rappeler ici Paccueil sympathique que j'ai trouvé auprès de vous et de vos collègues de TUniversité

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de Bonn : qu'il me sufiSse de dire que ces souvenirs sufiSraient à expliquer ma présence ici.

Des liens plus profonds nous rattachent à la Société des langues romanes. Vous avez été un de ses amis de la pre- mière heure. Vous avez connu en pleine activité quelques- uns de ses membres les plus éminents. Vous avez assisté aux efforts qu'elle a dil faire pour faire naître si loin de ce grand foyer intellectuel qu*est Paris , le goAt de la philologie romane. Vous savez qu'elle y a brillamment réussi, grâce à Tactivité de tous ses membres, grâce, surtout, aux travaux de deux hommes dont Tun, Bouchbrib, fut trop tôt enlevé à la science, et dont Tautre, M.Chabanbau, est resté un de vos meilleurs amis. Vous avez vous-même contribué au succès de la Revue des langues romanes en Thonorant, à Toccasion, de votre collaboration : inutile de vous dire combien nous regret- tons vivement que d'autres occupations ne vous permettent pas de nous continuer cette précieuse collaboration.

Nous le regrettons moins pourtant depuis que nous avons de vous ce travail magistral qui s'appelle Tédition des œuvres de Chrestien de Trojes. Nous savons les efforts qu'il vous a coûtés et que, même au prix de votre santé, vous n'avez pas reculé devant Toeuvre entreprise.

Grâce à vous nous pourrons lire, dans un texte correct, Tœuvre longue et dfûcile, mais si charmante et parfois si Une, de notre poète champenois. Nous verrons les transformations de oette poésie courtoise qui , née dans notre Midi, s*est répandue dans notre littérature grâce à la renommée de Chrestien de Troyes et de ses imitateurs.

Elle s'est répandue aussi dans la vôtre ; vos Minnesingeroiït connu nos trouvères ; le Chevalier au Lion a trouvé de bril- lants interprètes dans votre littérature. Heureux temps que celui deux grands peuples ne rivalisaient que pour les lettres et les arts !

De si longs travaux vous donneraient le droit de vous repo- ser ; mais vous nous paraissez aujourd'hui vous ressentir si peu des dures souffrances des dernières années, que nous espérons encore beaucoup de votre infatigable activité.

Vous nous avez dit ce matin que votre foi dans la science est restée la même qu'au début de vos travaux : nous vous

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Boohaitoos de retrouver une partie de cette ardeur qui vous animait il j a plus de trente ans, lorsque, modeste profes- seur dans un Ijcée de Vienne, vous commenciez à vous ini- tier, seul, aux secrets de la philologie romane.

Encore une fois, au nom de la Société des Langues Romanes^ et en mon nom personnel, je vous adresse mes meilleurs vœux et mes plus sincères félicitations.

Dans une chaleureuse improvisation, M. Fœrster répondit aux discours qui avaient été prononcés. « Cj matin, dit-il, le ciel était pâle et brumeux ; quand j'ai vu arriver un méri- dional, j*ai cru voir un rajon de soleil dans les plis de ses vêtements ; puis à mesure que mes amis sont venus, le jour m*a paru plus clair et plus gai. » Il se sentait rajeuni par cette fête, et si jamais il avait eu quelques doutes, il étaitsûr maintenant que son enseignement n'avait pas été stérile. Puis s'adressant dans un français très correct au délégué de la Société des Langues Romanes, il me pria d'être son inter- prête auprès de ses amis de Montpellier et de leur dire com- bien il avait été touché de leur attention. Il me rappela la soirée thé&trale à laquelle il avait assisté dans la loge muni- cipale avec son ami, M. Gastets; il rappela qu'il avait a frotté la Salamandre * » sur les bords de la Méditerranée, et qu'il avait gardé de notre Midi un souvenir inoubliable. Il nous le prouverait d'ailleurs en revenant le plus tôt possible voir le Clapas.

Nous souhaitons de tout cœur que cette promesse se réalise ; M. Fœrster sait plus que tout autre avec quelle sympathie il sera accueilli ; elle ne peut avoir d'égale que celle avec laquelle j'ai été reçu à Bonn *.

J. Anoladb.

1 Que les lecteurs de la Revue ne se mettent pas martel en tôte pour cette expression : il s'agit d'une manière plutôt bruyante de boire de la bière : Salamander reiben.

' Le Neuphilologenverein on particulier dont j*étais membre il y a deux ans a fait au délégué de la Société un accueil cordial et cha- leureux, et il me faudrait de longues pages pour décrire les exercices taries que les Fùchse exécutèrent en son honneur.

BIBLIOGRAPHIE

Meyer-Lflbke (WO* Einfuhrung in das studium der romanischen sprachwissenschaft. Heidelberg, C, Winter, 1901 [X, 224 p.], 5 m.

S'il est des livres que le critique expédie en quelques lignes parce qu'ils ne méritent pas un compte rendu plus long, il en est d'autres sur lesquels il n'est guère moins bref parce qu'il ne trouve pas moyen d'en commenter les divers chapitres autrement que par ces simples mots : (c Bien, très bien ». Tel est l'ouvrage que nous offre aujour- dui M. Meyer-Lûbke et qui introduit d'une façon si alléchante dans le domaine des langues romanes une série de grammaires, d'istoires de la littérature et de dictionnaires.

Après avoir déterminé les limites du domaine roman et donné une classification des langues romanes, l'auteur étudie dans une première partie les éléments constitutifs de ces langues, élément latin, élément celtique, élément germanique. Puis il consacre la seconde partie à l'examen des modifications de toute sorte qu'a subies le roman depuis ses origines jusqu'à nos jours.

Tous les problèmes du romanisme,et ils sont nombreux, sont indi qués avec des exemples nets et caractéristiques ; toutes les questions sont résumées d'une manière généralement excellente. Voyez par exemple les g§31 et 32 sur les mots empruntés, les gg 42-48 sur les mots d'origine germanique, leur date et leur dialecte originaire, et tant d'autres chapitres que l'on citerait si l'on n'en était empêché par l'embarras de choisir.

Ce n'est pas à dire que tout doive être aveuglément accepté et que tout soit définitif et indiscutable. Ainsi le chapitre intitulé « Dauer und klang», p. 100-112 est surtout une suite d'ipotèses. L'auteur le donne du reste comme tel, et la question est tellement difficile et tellement complexe qu'elle ne comporte guère autre chose que des constructions problématiques. On doit ajouter d'ailleurs que les ipo- tèses de M. Meyer-Liibke sur ce sujet en valent d'autres et qu'elles valent même mieux que beaucoup d^autres.

Il i a forcément aussi dans le détail quelques erreurs, quelques oublis, quelques faiblesses. Ainsi on ne voit pas comment, p. 16, l'auteur parcourant le domaine roman de l'est à l'ouest rencontre le portugais avant le sarde. On ne comprend pas pourquoi dans l'énu- mération des dialectes français, p. 22, ne figure pas celui de l'Ile -de-

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France oa francien, ni parmi les dialectes espagnols le castillan et Taragonais. On lit p. 36 que arepenms n'est représenté qu'en français; que faire alors de v. esp. arapende ? Des différentes explications rap- portées au § 83 pour Taccentuation de tenéhrae, colùbra, intégrtif cathedra, alécru et mots analogues aucune n*est satisfaisante. Il ne B^agitpas d*un déplacement roman de Taccent; ces mots ont con- servé l'ancienne accentuation latine fixée pendant la période italique, à une époque Ton disait encore *pat-res (plus tard pa-tris), comme Homère disait trar-pdc (plus tard jra-rpdç) et comme disait d'une ma- nière générale Tindo-européen. Cette accentuation une fois établie a subsisté durant toute la latinité et se retrouve encore dans les re- présentants modernes des mots latins qui la possédaient. L'accen- tuation pâlpebra, integru, etc., n'est apparue qu'à la période du latin classique, surgissant par une analogie presque obligatoire, mais à aucune époque elle n*a pu éliminer Taccentuation ancienne et n'a jamais eu à côté d'elle qu'un caractère exceptionnel et plus ou moins savant. Voyez sur ce point A, Meillet, Revue bourguignonne de Ven- ieignement supérieur , t. V, p. 232 (article très important).

Nous terminerons en émettant le vœu que les autres volumes de la collection soient dignes de celui qui ouvre si brillamment la série.

Maurice Grammovt.

Marehot (P.).— Petite phonétique du français préiittéraire (vi«-x* siècle). Première partie : Les voyelles, Fribourg (Suisse), B. Veith, 1901 [39 p.].

La brochure de M. Marchot a la malchance de paraître en môme temps que VEinfûhrung de M. Meyer-Lûbke. Ce dernier étudie tout le domaine roman, tandis que le premier se borne à la fonétique du roman de la Qaule du nord et aux débuts du français. Presque toutes les questions abordées par M. Marchot sont traitées par M. Meyer- Lûbke, mais avec une autre sûreté et une autre largeur de vues.

La M Petite phonétique » comprend deux Chapitres : Remarques sur le vocalisine du latin vulgaire de la Chiule du Nord, Les voyelles dans le français prélitUraire. On sait quelle obscurité règne encore sur un grand nombre de fénomènes fonétiques qui se sont accomplis dorant la période qu*étudie l'auteur ; mais on doit reconnaître pourtant qu'il abuse an peu des ipotèses, et que si certaines méritent d'être prises en considération, comme celle qui prétend expliquer l'évolution de l'a tonique libre (p. 29 et suivantes), il i en a beaucoup qui sont trop contestables.

Le § 1 traite de l'accent. Llpotèse relative aux mots intégru, tonitru, palpétra et analogues se détruit d'elle-même. Voyez les renseigne-

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ments que nous donnons sur ce point dans notre compte rendu de VEinfûhrung (ci-dessus, p. 91). La question àQ paréU est des plus ténébreuses ; mais l^explication de M. Marchot n^est pas recevable ; d*après lui parïete serait devenu * paréète à Tépoque f est devenu é (e fermé) en roman, ce qui suppose que le changement roman de î en é est antérieur à celui de f en jod devant une autre voyelle ; c'est contraire aux faits. Puis ce *paréèU serait devenu *parèète « par attraction de la voyelle accentuée sur l'atone » ; mais si était de- venu é il n*avait plus de raison pour perdre Taccent. Enfin * parèète serait devenu paréte « par contraction » ; mais la contraction de deux voyelles ouvertes ne donne pas une voyelle fermée. Le cas de cohorte devenant carte n*est nullement comparable ; en latin deux voyelles brèves en se contractant donnent une voyelle longue, dont le corres- pondant roman est forcément une voyelle fermée. Mais le roman ne connaît plus de voyelles longues ni de voyelles brèves ; il n*a que des voyelles ouvertes et des voyelles fermées. Pour l'accentuation des formes qui ont donné naissance au mot/ot6 et à ses frères romans, voyez Tarticle de M. 6. Paris dont il a été rendu compte ici même, p. 186. Pour sécale^ voyez Meyer-Lûhke, Einfuhrung, p. 98. Pour * pûlicelîa 4), voyez Revue des langues romanes, 1898, p. 287. Cum à côté de quum 7) n*a rien de comparable avec le cas de nil à côté de nihil. Morlu, cocu (non coqu), anticu (non antiqu)^ etc., sont dus à une évolution latine, et non pas romane. De même tus, sus, etc. Une étape ' laquju n*a aucune espèce de vraisemblance. Fr. dès ne peut pas sortir de * de-ex car Vx = es et n*entrave pas, et d*autre part certaines formes dialectales comme Damprichard dd prouvent que Ve était fermé ; v. fr. ades qui a un e ouvert ne peut pas non plus remonter à * ad-de-ex ; nous reviendrons sur cette dernière forme en temps opportun*

Nous bornerons ici nos observations ; elles suffisent à montrer avec quelles précautions on pourra utiliser Touvrage de M. Marchot. La seconde partie, Les consonnes, est annoncée pour 1902.

Maurice Oràmmont.

Bartoli (M.)- Ueber eine studienreise zur erforschung des altroma- nischen Dalmatiens. (N" V des Vorlâufige berichte der Balkan-com- mission^ en vente chez Gerold fils^ Vienne. C'est le tirage à part d'un article paru dans VAnzeiger der philosophisch-historischen classe du 29 novembre 1899. [Académie impériale des Sciences de Vienne]).

M. Bartoli, chargé par TAcadémie des Sciences de Vienne d'aller étudier sur place l'ancien dialecte roman de Dalmatie, est revenu avec les matériaux d'un ouvrage considérable qui ne pourra paraître que

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dans qaelqae temps. En attendant il nouR donne un résumé des tra vaux qu*il a accomplis dans sa mission et des faits qa*il se propose de mettre en lumière.

Le DalmaU est un dialecte jusqu'à présent très mal connu et dont les sources sont maleureusement limitées; on ne voit pas trop ce qu'on pourrait ajouter plus tard à celles dont a disposé M. Bartoli, car la dernière personne qui parlait le végliote est morte en 1898, et les archives des notaires de la ville de Véglia ont été presque entiè- rement détruites par un incendie. Pourtant nous en possédons assez pour nous rendre compte du caractère très particulier de cette langue et du aut intérêt qu'elle présente à différents égards.

Dans XecùmonanUême on remarquera surtout le traitement des « gut- turales » : c devient c devant t^ e, û, mais il reste c (k) devant ê, ï comme devant a^ o,û\ qui devient de même et tandis que que est représenté par ke; ct^es deviennent ^/^ jp« (en gaulois c*est le contraire: pt, p8 deviennent et, es) ; la sonore ^ a un traitement parallèle.

Dans le vocalisme on notera que les produits de û supposent une fase â, que a tonique devient e dans certains cas, qu'en végliote les vojelles toniques libres se diftonguent toutes, et les voyelles toniques entravées seulement lorsqu'elles sont ouvertes.

Au point de vue etnographique et iatorique il sera fort instructif d'é- tudier d'une façon précise et approfondie les rapports du Dalmate avec le roumain et l'albanais, avec l'italien, avec le rétique, avec le slave et avec le germanique (la plupart des idées qui sont rendues dans la majeure partie des langues romanes par des mots germaniques le sont ici par des vocables latins : kaiptare n garder yt^juàlb « blanc»). Ces recherches ne contribueront pas peu à éclaircir la « question illi- rienne ».

On voit par ces indications quelle sera l'importance de Pouvrage annoncé par M. Bartoli.

Maurice Grammont.

CHRONIQUE

M. Haguenin, professeur agrégé de l'Université, a été nommé pro- fesseur extraordinaire de français moderne à PUniversité de Berlin. Les journaux allemands, eu annonçant cette nomination, font remar- quer que tout à fait exceptionnellement le nouveau professeur n'a pas ea à perdre sa qualité de français.

Nos lecteurs connaissent sans doute les deux notes publiées par la Romania et les Annales du Midi dans leur dernier cahier et relatives

94 CHRONIQUE

à la découverte du manuscrit contenant la vie de Sainte Foy d^Agen. Ce texte sera publié dans un des plus prochains numéros de la Rorna^ nia par Theureux auteur de cette découverte, M. Leitb db Vascon- CBLLOS. Poussé par un sentiment des plus honorables, M. de Vascon- cellos publiera le texte avec des notes et une introduction en por- tugais.

Nous croyons savoir il n*y aura sans doute plus d'indiscrétion à le dire quand ces lignes paraîtront , que c^est à la bibliothèque de Levde, dans un manuscrit classé comme contenant des textes catalans (il en contenait en effet], que M. de Vasconcellos a découvert son

poème.

M. KoscHWiTZ, professeur de philologie romane à TUniversité de Marbourg, a permuté avec son collègue de TUniversité de Kônigsberg.

M. Gaston Paris publie dans le Journal des Savants (octobre 1901) un compte rendu de THistoire de la littérature française, publiée par MM. H. Suchier et Birch-Hirschfeld. Il annonce en note (p. 646) un Tableau de la littérature française au moyen âge qui contiendra le tableau de la littérature provençale. « Une esquisse faite sur un plan différent [de celui de 18o8-1890], embrassant Tépoque intermédiaire (1327-1500) et la littérature provençale, paraîtra prochainement: en anglais d'abord, puis en français. »

Du Litteraturblatl fàr germanische und romanische Philologie: M. Freymond, professeur de philologie romaneà TUniveraitéde Berne, a accepté une nomination à l'Université de Prague.

Le docteur Jeanjsquet a été nommé professeur de grammaire com- parée des langues romanes à TAcadémie de Neufchâtel.

f «

Au mois de juillet 1901 s'est fondée à Rome une Société philolo^ gique romaine. Elle publie un bulletin et des documents sous la direc- tion du professeur E. Monaci. Parmi les documents qui seront publiés dans les premiers volumes, on annonce les suivants :

// Camoniere Vaticano 3793, reproduction diplomatique.

I documenti d'Amorey avec le commentaire, de Francesco da Bar- berino, édition complète d'après les deux manuscrits originaux de la Bibliothèque Barberinienne.

II Codice Vaticano 3196, contenant l'original du chansonnier de Pétrarque.

Les secrétaires de la Société sont le docteur F. Hermanin et le professeur A. Silvagni. L'administrateur est le docteur E. Modigliani. Pour tous renseignements, s^adresser à ce dernier : Rome, Corso Vitt. Emm.269.

Maguelone excite les historiens et inspire les poètes. Voici qu*un d'entre eux, M. E. Rknaud, vient de lui consacrer de beaux vers. 11

CHRONIQUE 95

Doas fait assister aux luttes héroïques de Maguelone contre.

Les Pirates d^Alger, montrant leurs faces blêmes.

Puis Maguelone est devenue

Une femme hautaine en son voile de deuil.

Un étranger, dont la cuirasse étincelle, viendra un jour la consoler:

0 douce Maguelone, il presse ton corps vierge Celui que tu cherchais par les vagues effrois De rhiver, quand ses pieds heurtaient les galets froids Que l'écume insensée a vomis sur la berge.

Le poème, qui est d'inspiration panthéiste, renferme, et là, de jolies strophes.

Ce ne sont pas^ d'ailleurs, les premiers vers de M. E. Renaud II a publié, cette année également, chez Lemerre, un volume de poésie intitulé : Amours Barbares, Comme sous-titre : Impressions cévenoles ; ti allemandes pouiTait-il ajouter, car plusieurs des poèmes qui for- ment ledit volume ont été composés pendant un séjour de l'auteur en Allemagne.

Le poème de Maguelone est dédié à l'auteur des Flammes Mortes, C'est le titre d'un volume de vers, publié également chez Lemerre, en 1901, et dont l'auteur, M. Martin Paoli, est professeur dMtalien au Lycée de Montpellier. La muse universitaire ne chôme pas à Montpel- lier, car le nom de l'auteur de Maguelone la Morte n'est que le pseu- donyme aux trois quarts transparent d'un des plus distingués profes- seurs de langues vivantes du Lycée.

Notre collaborateur M. A. Gasté, professeur de littérature fran- çaise à l'Université de Caen, vient de prendre sa retraite. H a pour successeur M. Maurice Souriau, précédemment professeur de litté- rature et d'art normands à Caen.

M. W. Foerster a été nommé membre correspondant de l'Académie des sciences de Gôttingne. 11 était d^à membre de l'Académie de Munich depuis de nombreuses années. Toutes nos félicitations.

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La librairie Niemeyer, de Halle, prépare une importante collection de manuels de philologie romane. Nous remarquons en particulier dans la liste annoncée: Manuel d'ancien provençal (langue et littérature) ; Manuel de provençal moderne (langue et littérature). Un de ces manuels (Introduction à V étude de V ancien français, par M. Voretzch) a déjà paru.

1 Magublonb la morts, méditation poétique, par Etienne Renaud, Montpellier, impr. Firmin et Montane, 1901, in-8°, 12 p.

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On annonce un Précis de phonétique expérimentale par l'abbé RoussBLOT et M. F. Laclottb, qui fera suite aux principes de pho^ nétique expérimentale du premier de ces deux auteurs : la deuxième partie de ce dernier travail vient de paraître à la librairie Welter.

é

Noire éminent secrétaire général, M. Chabaneau, vient d'être nommé professeur honoraire à la Faculté des lettres de TUniversi é de Montpellier.

La Société se réjouit d*une distinction qui, tout en attestant combien les longs services de M. Cbabaneau sont appréciés par le Ministère, l'attache par un lien durable à cette maison qui fut si longtemps sienne et qui ne l'a vu s'éloigner qu'à regret.

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